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Range Tes Disques : Étienne Daho

On a demandé à Étienne Daho de classer ses disques, de celui qu'il aime le moins à celui qu'il considère comme le meilleur.

Range Tes Disques est une rubrique dans laquelle nous demandons à un groupe ou un artiste de classer ses disques par ordre de préférence. Après Korn, Slipknot, Lagwagon, Hot Chip, Manic Street Preachers, Primus, Burning Heads, le label Fat Wreck Chords, New Order, Ride, Jean-Michel Jarre, Blur, Mogwai, Ugly Kid Joe, Anthrax, Onyx, Christophe, Terror, Katerine, Redman, Les Thugs, Moby, Les $heriff, L7, Descendents, Teenage Fanclub, Dinosaur Jr, Kery James, Brujeria et Ludwig Von 88, c'est au tour d'Étienne Daho de classer ses disques, de celui qu'il trouve le moins bon, à celui qu'il considère comme le meilleur.

La rencontre ne s'est pas faite chez lui mais peu importe : on sait désormais que tout est bien rangé chez Étienne Daho. Même s'il ne jette pas grand-chose. Quand on lui demande de classer sa propre discographie dans la plus parfaite improvisation, il s'affole d'emblée, annonçant (et ce sera vrai) aimer tous ses albums et que l'exercice va être chaud bouillant. Peu importe, Étienne s'y soumet volontiers car le métier que s'est choisi Étienne consiste à faire plaisir, et ça fait presque quarante ans que ça dure. Et puis, il dispose d'antisèches toutes fraiches avec la nouvelle salve de rééditions qu'il vient de balancer avec une foule d'inédits et un son nickel chrome, qui lui a permis de vider ses tiroirs et de replonger dans ses albums souvenirs. Il n'en a donc oublié aucun dans son rangement. Spoiler : les images du dernier risquent de heurter ses fans, mais son préféré est le même que le mien.

12. LA NOTTE, LA NOTTE (1984)

Étienne Daho : Les gens vont être effondrés que je le place en dernier car il a beaucoup été cité par toute une nouvelle génération. Il reste un peu particulier car il m'a sauvé la vie. Grâce à lui, j'ai eu un futur, j'ai pu rester chez Virgin après le flop total de Mythomane. Il était question que je sois lourdé avec tout un tas d'artistes qui avaient vendu deux disques et demi. Mais Patrick Zelnik [patron de Virgin à l'époque] a tenu à me garder, et tout a changé avec « Le Grand Sommeil ». On a démarré les maquettes du deuxième album et Virgin l'a choisi comme single alors que c'était le dernier des choix de Frank Darcel et d'Arnold Turboust. Il a commencé à pas mal passer en radio et a permis de rester chez Virgin et de réaliser l'album. Celui-ci avait donc comme fonction d'ouvrir sur la pop, et après Jacno, j'ai choisi Frank pour la production.

On écoutait pas mal de choses comme Material, la funk blanche… Ça explique ce côté sixties yé-yé qui croise un truc très new-yorkais. C'est Frank qui a amené ça avec une production géniale. La contribution d'Arnold a aussi été importante, l'album s'est vraiment fait à trois. Mais c'est le seul avec des chansons que je ne supporte pas comme « Laisse Tomber Les Jaloux », qu'on a rajoutées par obligation, par deal entre nous trois, ce qui me dérange toujours un peu. On aurait pu être sur un autre procédé pour parvenir à ce qu'il n'y ait que des titres qui méritent, comme « Beat Hotel » dont la démo figure sur la réédition, un titre suffisamment étrange pour comprendre ce que devait être La Notte… sans trop l'ouvrir. Je pense que Frank devait avoir une demande de Virgin pour sonner beaucoup plus radiophonique. C'est comme ça que « Week-end à Rome » est arrivé, avec une production incroyable, d'ailleurs. C'était le début des machines et on était hyper excités avec tout ce matériel. D'ailleurs, la séquence est jouée à la main, sans boucle, on n'en était même pas là.

Noisey : La pochette a beaucoup contribué à ton image en France aussi.
Les images de Pierre & Gilles t'icônisent, elles font basculer ton image, ce que tu es, dans quelque chose de merveilleux. J'étais fou de rage car j'avais croisé Lio dans le métro et je lui ai montrée, après quoi elle l'a montrée à Alain Chamfort avec qui elle vivait. Et ils ont fait une image identique quelques semaines après, qui est sortie avant mon disque.

À l'origine, Virgin n'en voulait pas et la trouvait trop homo-érotique sans me le dire à l'époque, alors que ça ne m'était pas venu à l'idée. J'ai dû beaucoup lutter pour cette image, ça m'est arrivé plein de fois dans ma carrière. Elle m'a icônisé, je suis connu à l'étranger grâce à elle. Elle ressemble à mon âme, à la personne que j'étais à l'époque, avec beaucoup de candeur. J'étais comme ça.

11. POUR NOS VIES MARTIENNES (1988)

Il a marqué un retour involontaire au rock après beaucoup d'électro-pop et le travail avec William Orbit sur Pop Satori. Je recherchais aussi la suite, et c'est arrivé avec la première chanson que j'ai écrite, « Bleu Comme Toi », qui est née comme ça en une nuit, ou plutôt au matin. J'ai rêvé d'elle, l'ai enregistrée sur mon dictaphone et elle était là. Elle a donné toute sa couleur au reste de l'album qui est très disparate, avec beaucoup d'intervenants. L'album a été enregistré à Londres et j'écoutais beaucoup la nouvelle scène apparue en 85 comme The Jesus & Mary Chain qui m'a donné envie de ce son. J'avais envie de capturer un peu de cette musique qui m'apparaissait si familière, mélange des Beach Boys et du Velvet. Un groupe miraculeux donc, très mélodique, noisy, qui me plaisait énormément. Et puis cette chanson incroyable est arrivée en fin de course, « Des Heures Hindoues », amenée par David Munday, le clavier du groupe que j'avais constitué. On avait terminé l'album et le dernier jour, il m'amène cette chanson. Je me demande aujourd'hui comment le disque aurait pu exister sans elle.

10. RESERECTION (1995)

Celui-là correspond à un moment où je pensais que le meilleur était derrière moi, je ne voyais pas mon futur. Un moment de reconstruction où Saint Etienne m'a remis le pied à l'étrier en aidant à retrouver comment refaire les choses. « Sais-je toujours écrire une chanson ? En ai-je encore envie ? » J'étais un peu fracassé, j'avais beaucoup travaillé, pris beaucoup de choses, dormi 14 secondes par nuit... Le fait que pour la première fois, Saint Etienne prenne le relais, produise un disque où je n'étais que chanteur, c'était hyper confortable. Ça m'a redonné envie, même si le disque était accompagné d'une rumeur qui m'a gêné bien qu'elle soit fausse. Elle a pris un espace incroyable et s'est prolongée sur Eden. C'était très désespérant de faire un disque comme ça et que cette rumeur absurde intéressait plus les gens. C'était incroyable d'avoir un tube énorme en Europe avec « He's on the Phone », le remix anglais de « Week-end à Rome », numéro deux en Angleterre, alors qu'ici, j'étais mort. C'était absurde et c'est pour ça que j'ai appelé l'album Reserection, une preuve de bonne santé, un truc drôle, mais qui n'a pas été très bien capté.

C'était donc pas plus mal d'être en Angleterre à ce moment-là.
Surtout, j'étais en studio pour faire Eden et j'avais autre chose à foutre que de me préoccuper de ça. Tant que j'étais là-bas, ça n'avait d'ailleurs pas de sens, c'était un peu abstrait. C'est quand je suis revenu que ça a été compliqué. Ça a pris beaucoup de place lors de la sortie d' Eden.


09. PARIS AILLEURS (1991)

Cet album m'a permis d'entrer dans les années 90 alors que j'étais estampillé 80. Les étiquettes, j'en ai eu plein, elles sont très dures à décoller. Ça a parfois été difficile mais j'ai toujours réussi à m'en libérer, à être libre par rapport à ça. Faire de la pop, c'est se permettre tout ce qu'on veut. Et j'ai envie de me permettre tout ce que je veux. Ne pas rester enfermé comme j'aurais pu l'être dans le rock. Paris Ailleurs, c'est l'envie de mélanger la soul, une des musiques que j'ai toujours beaucoup écoutée : la Motown pour le côté pop soul, Otis Redding, Bill Withers... À l'époque, c'était plutôt Marvin Gaye et j'avais envie d'un album de blue eyed soul. C'est pour ça que je l'ai fait à New York, écrit et composé quasiment seul, ce qui lui donne une dimension particulière, comme Mythomane.

Il raconte une histoire, avec un début et une fin. J'étais très inspiré par Lisbonne et sa littérature, très imprégné d'un truc latin. Ça avait donc un sens d'aller à New York. Au départ, Nile Rodgers devait le produire mais il bossait avec les B-52's. Carlos Alomar n'a pas pu non plus. Nile nous a alors envoyé son bras droit. J'ai parachuté Edith Fambuena [des Valentins] avec moi dans sa première prod, qu'on a faite tous seuls, main dans la main… C'est compliqué pour deux petits français à l'étranger d'affronter une prod aussi lourde, mais on y est arrivés. C'est l'album qui a le mieux marché et qui m'a propulsé ailleurs. Un moment important de ma carrière même si difficile personnellement. Ce n'est pas une popularité qui me convenait. Ensuite, je suis entré dans un autre moment de ma vie et de ma créativité qui a commencé avec Eden et se poursuit encore maintenant.

08. POP SATORI (1986)

Une grande aventure, celle de sortir de « Tombé pour la France », un tube énorme, génial à avoir, mais très déstabilisant. Génial car il créé un lien, même encore en tournée où je peux le jouer devant 45.000 personnes avec qui ce sera très fort. Et c'est parce que les gens adorent ces tubes que je les aime à nouveau. Ça me reconnecte avec le plaisir et me rend plus indulgent avec mes premiers disques. Car quand les choses ont trop bien marché, elles ont occasionné un rejet de ma part. Elles prenaient trop de place tout en me sauvant la vie. D'où je viens, le succès voulait dire compromission. Entendre que je devenais « le chef de file de la pop française », ça a été un choc, c'était compliqué à gérer même si c'était génial. Ça occasionnait des conflits avec des gens qui étaient mes amis et pour lesquels ça marchait moins bien. Je vivais donc un moment compliqué de plaisir et de culpabilité.

Mais Pop Satori reste un album où on a inventé quelque chose, raison pour laquelle la maison de disques était effondrée à sa sortie et nous l'a jeté à la gueule. Ça a commencé à marcher avec la tournée, dans des salles de plus en plus grandes, pour devenir un album emblème d'une génération. Arnold et moi l'adorions. On avait réussi à inventer quelque chose à l'époque.

07. CORPS & ARMES (2000)

Ce disque m'a permis d'entrer dans quelque chose de plus orchestral, de plus ample. C'était une énorme déclaration d'amour. Je vivais une passion dingue et avais envie de rendre hommage à cette chose merveilleuse qui est de découvrir une forme d'amour absolu, fantastique, qui nourrit tout l'album. Ça m'a donné des ailes et explique tout le côté émotionnel de cet album de facture assez classique que j'aime beaucoup. « Ouverture » reste une de mes chansons préférées.

06. MYTHOMANE (1981)

C'est vraiment un album que j'adore, qu'on a réédité il n'y a pas longtemps, avec toutes les maquettes avec Richard Dumas… J'aime ces rééditions car elles font comme raconter une histoire, particulièrement pour ce premier car ce sont des fonds de tiroir sur cassettes qu'il a fallu restaurer, qui étaient très abimés : j'ai 18 ans, j'écris mes premières chansons, et l'album sort. Ça a été une sacrée aventure parce qu'en fait, j'étais hors contexte de tous les groupes du moment.

Déjà, tu n'étais pas un groupe, c'est toi qui t'exposais
Je ne voulais pas de groupe. Plusieurs fois, j'ai été sollicité, comme par Richard Dumas, qui voulait me propulser au chant de son groupe TVC15. Je ne me voyais pas dans ce rôle-là. Surtout, j'étais tellement fan de rock que j'avais l'impression que, de Syd Barrett au Velvet, tout avait été dit. Le seul groupe rock que j'aimais, c'était les Stinky Toys, qui comme moi, avait un goût pour Françoise Hardy, certains artistes yé-yé… Le rock était très important dans ma vie mais j'étais trop intimidé pour m'y confronter. J'aurais eu tendance à essayer de reproduire les choses qui m'avaient marqué au fer rouge. Ça m'a contraint à trouver en moi quelque chose d'un peu différent, une manière d'inventer quelque chose.

Ça donne ce disque très étrange, passé totalement à la trappe malgré quelques bonnes critiques dans la presse spécialisée. Mais je l'aime beaucoup pour le son très particulier, ce mélange entre Marquis de Sade, Jacno et moi. On y a mis toutes nos sensibilités. Il a aussi un côté très adolescent avec des choses écrites à 15 ans. Le temps que je signe, que ça fasse son chemin dans ma tête et que j'accepte de chanter. C'est un acte très intime, d'autant que j'étais réservé, farouche, sauvage à l'époque. Me mettre en avant et chanter, ça a été une épreuve, vraiment.

05. LE CONDAMNÉ À MORT (2010)

Un album compliqué à faire. Mais à partir du moment où Jeanne Moreau est venue me voir à l'Olympia après un concert et a dit oui au projet, un peu lancé comme une boutade, c'était parti. On a tout de suite commencé à travailler mais la préparation a été longue, tout comme le cheminement dans ma tête pour passer à l'acte, sans parler de l'obtention très compliquée des droits. Et puis c'est mon premier disque que je produisais moi-même, sur mon propre label distribué par Naïve où je retrouvais Patrick Zelnik. Les retrouvailles ont été extrêmement émouvantes, c'était comme un symbole de revenir vers lui. Puis nos rapports sont devenus électriques et je suis parti. Ça s'est arrangé depuis mais ça a été difficile émotionnellement, car il reste le mec qui m'a signé et je ne l'oublierai jamais. C'est grâce à lui que je suis là aujourd'hui.

Toute l'aventure a été incroyable car c'était les incursions de quelqu'un qui vient de la pop dans un monde parfois hostile. L'Odéon, le festival d'Avignon… on y a eu un énorme succès et c'était une façon de sortir du monde que je connaissais. Le confort ne m'a jamais intéressé. Sinon, j'aurais choisi une voie… très différente. J'aurais continué dans la pop.

Tu veux dire que tu avais trouvé le truc pour aligner des hits ?
Oui, je sais les faire, j'ai cette facilité à trouver des mélodies catchy car c'est ma culture du tube. Quand j'étais petit, j'écoutais les hit-parades, ça me fascinait. Les yé-yés d'abord, puis toute la scène anglaise des années 60, des Beatles aux Kinks en passant par les Troggs.

04. L'INVITATION (2007)

C'est un disque de fin de cycle, à tous les niveaux. La fin de ma très longue histoire avec EMI, une histoire de famille à la « je t'aime, je te déteste ». Le passage de Virgin chez EMI a changé beaucoup de choses. J'avais été très mal habitué car on s'est aimés pendant 10 ans, on a grandi ensemble comme une famille et tout d'un coup, on a vu arriver des gens vraiment là pour faire du business, uniquement dans les chiffres et moins dans l'artistique. J'ai eu un peu de mal avec ça. Quand mon contrat s'est terminé avec L'Invitation, je suis parti.

Il est important car c'est la dernière fois que j'ai écrit de façon aussi introspective, et évoqué des choses très personnelles. Cela explique l'écriture totalement différente par la suite. À l'époque, je n'écoutais que de la soul et avais envie de faire un disque de soul. Comme d'habitude, ça s'est fini en disque d'Etienne Daho… mais j'écoutais beaucoup Dusty in Memphis, ce genre d'arrangements qu'on a beaucoup travaillés, comme la batterie, le moindre tambourin, le moindre coup de cymbale ou de tom… Il y a eu un gros travail de mariage entre la voix et la batterie, avec des guitares très claires. Ça donne des chansons que j'adore comme « Cet air étrange » ou « L'adorer »… Il correspond à la mélancolie de la fin de quelque chose et l'excitation de ce qui va suivre.

03. LES CHANSONS DE L'INNOCENCE RETROUVÉE (2013)

J'ai eu l'impression d'arriver à une forme de maturité dans l'écriture, de passer à un autre type d'écriture moins introspective qu'avec L'Invitation, plus en ouverture sur le monde. Et puis il contient des chansons qui, pour moi, font partie de mes meilleures comme « L'Homme qui marche », qui est peut-être ce que j'ai écrit de mieux. J'adore ce qu'elle est, ce qu'elle dit, comment elle est construite, comment elle sonne. J'ai eu l'impression d'enfin toucher quelque chose que j'entrevoyais depuis longtemps, et ça fait du bien.

Il correspond aussi aux retrouvailles avec Jean-Louis Piérot, la première fois qu'on travaillait vraiment ensemble depuis Paris ailleurs et Corps & Armes. Là, c'était vraiment un disque à deux, où chacun essayait de séduire l'autre. Ça donne un disque où je ne peux rien jeter. Une énorme énergie, une énergie de combat, et des chansons merveilleuses à jouer sur scène. Toutes me plaisent, sauf à la limite les singles, « La Peau dure » et « Les Chansons de l'innocence », auxquels je suis un peu moins attaché, et qui ont d'ailleurs failli ne pas figurer sur l'album. Mais un album a besoin de locomotives, c'est ce que disait Gainsbourg : « Un bon wagon sans locomotive, ça ne marche pas. »

02. RÉÉVOLUTION (2003)


Étrangement, c'est l'album qui contient le plus de chansons que je préfère comme « Les Liens d'Eros », le duo avec Marianne Faithfull, « Les Jalousies », « If », « Retour à toi », « Le Jour et La Nuit »… J'adore l'énergie brute du disque, enregistré avec le groupe avec lequel je tournais. Je ne sais pas trop où le ranger parce que je les aime tous car tous ont eu une gestation assez longue. On va dire en deuxième.

01. EDEN (1996)

Eden a été autant adoré que détesté, mais c'est mon disque préféré pour plein de raisons. D'abord parce qu'artistiquement, j'avais l'impression d'inventer quelque chose, d'ouvrir une porte. Personnellement, il correspond à une période de reconstruction. Avec Paris ailleurs, j'avais l'impression d'être allé au bout de quelque chose, avec une popularité trop forte à gérer pour moi. Le boulot, les sorties, les tournées incessantes… Je me suis un peu effondré. Eden a été un vrai moment de reconstruction, annoncé par l'EP avec Saint Etienne. Ça a été une aventure épique car il s'agissait de mélanger la musique électronique, qui était en train d'émerger, et la chanson. Des mélodies construites, l'orchestre de David Whittaker, des invités comme Astrud Gilberto et les Swingle Singers… je l'ai enregistré pendant deux ans et il a coûté une fortune. Et ça a été une déception atroce pour la maison de disques qui avait de grosses attentes après Paris ailleurs, mon plus gros succès commercial. Elle était un peu consternée alors que j'en étais tellement fier que je me foutais un peu de l'accueil. J'ai adoré l'avoir fait, adoré la tournée qui a suivi, même si elle a été un peu compliquée car il a connu moins de succès. Autour de moi, tout le monde perdait un peu confiance, mais je maintenais le cap avec ce disque que je portais comme un drapeau.

Eden , je le sens comme le premier disque où tu t'ouvres à l'air du temps là où tous les précédents embarquaient tes influences un peu historiques.
Oui, parce que je suis parti à Londres en 1994, après une grande tournée mondiale. J'ai eu besoin de prendre l'air. J'ai commencé à beaucoup sortir, complètement fasciné par la drum'n'bass. J'allais dans plein de clubs où j'étais le seul blanc, avec l'impression de participer à un truc qui était en train de se fabriquer. Ça m'a sauvé la vie d'entrer dans les années 90 avec Eden.


Mythomane, La Notte, la Notte, Pop Satori, Corps & Armes, L'Invitation, Tombé pour la France, Pour nos vies martiennes, Paris ailleurs, Reserection
et Le condamné à mort, tous réédités en éditions Deluxe.

C'est bien rangé aussi chez Pascal Bertin. Il est sur Twitter.