© White Noise Records

Range tes disques : Orchestral Manoeuvres in the Dark

Après un treizième album impeccable sorti l'année dernière, on a demandé au légendaire groupe de new wave britannique de classer ses 12 autres albums. Que le meilleur gagne.

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juil. 24 2018, 11:16am

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Range tes Disques est une rubrique dans laquelle nous demandons à un groupe ou un artiste de classer ses disques par ordre de préférence. Après Korn, Slipknot, Lagwagon, Hot Chip, Manic Street Preachers, Primus, Burning Heads, le label Fat Wreck Chords, New Order, Ride, Jean Michel Jarre, Blur, Mogwai, Ugly Kid Joe, Anthrax, Onyx, Christophe, Terror, Katerine, Redman, Les Thugs, Moby, Les $heriff, L7, Descendents, Teenage Fanclub, Dinosaur Jr, Kery James, Brujeria, Ludwig Von 88, Etienne Daho, Loudblast, Pavement, Phoenix, The Afghan Whigs, !!!, Black Lips, Converge, Swervedriver et Mastodon, on a demandé à Paul Humphreys et Andy McCluskey, les deux membres fondateurs d'Orchestral Manoeuvres in the Dark, de classer leurs disques, de celui qu'il trouvent le moins bon, à celui qu'il considèrent comme le meilleur.

12 – The Pacific Age (1986)

Noisey : Pourquoi lui ?
Andy (voix, basse) : On ne le hait pas, mais c'est celui dont on est le moins satisfait.

Paul (synthé, voix) : À l'époque, on tournait énormément. À tel point qu'au milieu des années 80, on disposait de moins en moins de temps pour écrire un album. On avait aussi un très mauvais deal avec Virgin qui faisait qu'on devait sortir un album par an. C'était notre 7ème album en 7 ans, une folie. Après 9 mois de tournée, le label nous a demandé où était le nouvel album. On a répondu qu'on n'avait encore rien commencé.

Andy : Et là notre manager nous dit : « Vous n'avez pas d'argent. Il faut faire rapidement un album ».

Paul : Et c'est comme ça qu'on a écrit The Pacific Age très vite.

Le deal avec Virgin était si mauvais que ça ?
Andy : Oui. A la fin des années 80, on avait vendu 25 millions de singles. Et 10 millions d'albums. Et on devait à Virgin Records un million de livres. Pourtant on ne vivait pas dans des châteaux, on ne possédait pas de yachts ou d'avions privés. Le deal qu'on avait signé avec la maison de disques à l'âge de 19 ans était vraiment de la merde.

Paul : On devait même avancer de l'argent pour tourner, tellement ça coutait cher. On devait avancer de l'argent pour tout, et on ne touchait qu'un faible pourcentage sur les ventes. On était dans le rouge en permanence.

Andy : Donnons un exemple clair. On a vendu 5 millions d'exemplaires de notre single « Enola Gay ». Incroyable, fantastique. Mais notre deal était pourri. Même si cela revenait encore moins cher, imaginons qu'un single coûte une livre sterling. On touchait 6 % de royalties dessus, soit 6 pennies. Mais le deal qu'on avait signé couvrait évidemment les ventes à l'international, qui représentaient à peu près 4,5 millions des 5 millions. Et pour ces ventes là, le deal précisait qu'on touchait 2/3 des royalties, soit 4 %. De 6 pences, on passait à 4 pences. Pendant ce temps, le producteur de l'album touchait 3 pences quand on en touchait un. Et une fois l'argent touché, on devait payer les avances, la réservation du studio, les clips et l'organisation de la tournée. C'est pour ça qu'on leur devait un million de livres alors qu'on avait vendu des millions de disques ! Si on compare, le deal de Depeche Mode avec Mute, c'était du 50/50 après déduction de tous les frais. C'est pour ça qu'ils sont multimillionaires, et nous non.

Peut-être auriez-vous dû signer avec Factory, le label chez qui vous aviez sorti votre premier single, « Electricity » ?
On a signé avec eux. Le problème, c'est que le label était trop petit pour nous soutenir. Ils nous ont dit qu'on devrait être à Top of the pops. On a alors considéré quElectricity » était une démo qui nous permettrait d'aller voir de plus gros labels. Factory nous a alors vendu à Virgin, et c'est là qu'on a signé ce deal pourri.

11 – Crush (1985)

Là aussi, on a eu trop peu de temps pour écrire et produire cet album. Tout le monde nous mettait la pression.

Paul : C'est aussi la première fois où on a bossé avec un producteur. Le label pensait que ça nous aiderait à accoucher plus vite.

Pourquoi avoir choisi Stephen Hague ?
Parce qu'on nous demandait aussi de sonner un peu plus « américain ». Hague était américain, et le label voulait atteindre ce marché où on avait un peu moins de succès. Ce processus nouveau pour nous s'est révélé très frustrant. On a mis nos personnalités de côté, et ça ne marchait pas. D'ailleurs il y avait énormément de tensions et de disputes en studio.

10 – Liberator (1993)

Andy : Paul avait quitté le groupe à ce moment là. Il n'est pas impliqué dans cet album. J'étais seul, et assez stupide. J'avais pris beaucoup de temps pour faire Sugar Tax, l'album précédent. Et c'était un très bon album, parce que j'avais pris mon temps pour le faire. Puis j'ai tourné pendant 6 ou 7 mois. Et une nouvelle fois, j'ai sorti un album trop vite. Liberator aurait vraiment pu être meilleur.

La production de l'album donne l'impression que vous vouliez retrouver à tout prix le succès commercial.
Sugar Tax avait énormément marché. Pas en France c'est vrai. Mais c'était notre deuxième meilleure vente. En Allemagne par exemple, on en a vendu 1 million d'exemplaires. Et il y avait dessus deux singles qui ont rencontré un énorme succès.

À cette période, le côté expérimental du groupe a totalement disparu.
Complètement parti, en effet. Et c'était une erreur.

Paul : Il faut aussi dire qu'à l'époque, les guitares et le rock alternatif avaient pris le pouvoir. La musique électronique était devenue ringarde, presque has-been. Les gens l'associaient systématiquement aux 80's. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui.

9 – Universal (1996)

J'aurais pensé que vous le classeriez encore moins bien.
Andy : C'est vrai que c'est l'album qui ressemble le moins à OMD. On était en plein milieu des 90's. Le grunge et la britpop étaient passés par là, et je ne savais plus du tout quoi faire ni quelle direction prendre.

La pochette aussi est problématique, non ?
Oui. On est bien loin des pochettes que Peter Saville faisait sur nos premiers albums. J'étais sous pression, dans la confusion, je ne savais vraiment plus où j'allais. Ce qu'on a finalement appris aujourd'hui, c'est qu'on produit notre meilleure musique quand on n'essaie pas d'écrire des hits. Au moment d'Universal, je n'avais pas encore compris ça. La meilleure musique vient quand on essaie simplement d'avoir des putains de bonnes idées, pas des hits.

Paul : Et c'est exactement la méthode qu'on applique sur notre dernier album. On compose comme si on était encore des enfants. On expérimente, sans pression, et on fait la musique pour nous, pas pour les autres.

Andy : Album suivant !

8 et 7 – Sugar Tax (1991) et History of Modern (2010)

Mettons les ensemble. Sur Sugar tax, les chansons étaient vraiment bonnes mais il n'y avait aucune expérimentation. C'est pour ça qu'on en a écoulé 3 millions d'exemplaires je suppose. Mais ce n'était pas intellectuel du tout.

History of Modern, c'est l'album de notre retour après 14 ans de silence. On avait l'impression de démarrer le moteur d'une vieille voiture. On avait apporté beaucoup d'idées mais c'était difficile de savoir vers où aller.

C'est forcément le cas après une pause de 14 années.
Pour être honnête, certains morceaux d'History of Modern sonnent encore comme s'ils avaient été faits fin 80's-début 90's. Et on a décidé ensuite d'arrêter de faire ça. Ca n'avait plus d'intérêt pour nous.

6 – Junk Culture (1984)

Il faut savoir que cet album est une réaction directe à notre album précédent, Dazzle Ships.

Paul : Dazzle Ships était un très bon album, mais ça a surtout été pour nous un désastre commercial.

Bob Stanley de Saint Etienne a même écrit dans The Guardian que c'était un suicide commercial.
Andy : Mais c'était un suicide ! Ceci dit, c'est aussi un de ses albums favoris ! D'ailleurs si un musicien électronique apprécie OMD, c'est généralement Dazzle Ships son album favori. Junk culture, c'est le moment où nous sommes devenus conservateurs. Des bons morceaux, mais très pop, très conventionnels. On se mettait nous même beaucoup de pression. Sur nos 4 premiers LP's, on avait un contrôle complet de notre musique, et on était très jeunes. On avait signé sur Dindisc, une subdivision de Virgin. Musicalement, ils nous laissaient faire exactement ce qu'on voulait. Ils nous ont aussi donné de l'argent, ce qui nous a permis de construire notre propre studio à Liverpool. Ils nous faisaient confiance. Aucun contrôle de leur part. Et comme on avait du succès, ils nous laissaient tranquilles.

Paul : Puis on est devenus de plus en plus gros et l'ambiance a changé peu à peu. La maison de disques nous laissait seuls, elle pensait qu'on transformerait tout en or comme le roi Midas.

Andy : Avec Junk culture, on s'est soudainement découverts vieux à 24 ans. Qu'est-ce qu'on va mettre sur le prochain album pour que ça marche ? On a commencé à mal réfléchir, à devenir moins expérimentaux et plus commerciaux.

Paul : Je venais de me marier, j'avais une maison. J'ai eu l'impression de devenir un homme responsable, je ne pouvais plus faire n'importe quoi. C'est en tout cas ce que je pensais alors.

5 – Organisation (1980)

Un album que je voyais plutôt dans le trio de tête.
Là, on arrive au plus difficile. Les 5 albums qui restent à classer sont évidemment nos plus grandes réussites. Si tu nous reposes la question demain, on classera peut-être ces 5 albums dans un ordre différent, parce que ces cinq-là, ce sont nos vraies réussites, les albums dont on est terriblement fiers. Mais je dirais que le prochain, c'est certainement Organisation.

Paul : Je suis d'accord.

Andy : Déjà, il y a « Enola gay » dessus. Et « Stanlow ». Il y a vraiment quelques beautés sur cet album. On avait fait un putain de bon travail sur cet album.

C'est votre deuxième album. Le succès est venu très rapidement dès vos premiers singles. Comment expliquez-vous cela ?
Andy : Les gens pensent toujours que notre tout premier single, « Electricity », fut un succès. Mais c'est totalement faux. Ça n'a jamais été un hit. Tout le monde connaît ce morceau, tout le monde imagine qu'il a cartonné. Mais non. Notre premier hit, on l'a eu avec « Messages », le troisième single extrait de notre premier album, Orchestral Manoeuvres in the Dark.

4 - Orchestral Manoeuvres in the Dark (1980)

Notre premier album. Il est sorti en 1980 mais on bossait sur les chansons depuis 3 ou 4 ans. On a écrit « Electricity » à 16 ans. Cet album, c'est nous inventant notre propre style. C'est l'innocence d'adolescents qui écrivent des chansons dans la maison de la maman de Paul quand elle est au travail. Nos amis n'arrêtaient pas de nous dire qu'on faisait de la merde. « Oh les gars, que faites-vous ? Ça ne sonne pas comme Genesis ou Pink Floyd ! ». Si tu écoutes avec attention cet album, tu te rends compte qu'il est vraiment très très mal enregistré. Mais ça fonctionne quand même.

Paul : On était naïfs à l'époque.

Andy : C'est vrai mais cet album, c'est ça : un album de synth-punk innocent. Tous les morceaux furent écrits entre l'âge de 16 et 19 ans.

Regrettez-vous parfois cette période où vous n'étiez pas encore de grands techniciens ?
Paul : Bien sûr. Parce que tout était nouveau et extraordinairement excitant. On ne savait pas vraiment ce qu'on faisait. Nous n'avions pas de formation musicale. On était des autodidactes. On ne savait pas vraiment jouer. Un synthé, deux touches, et c'était parti.

Andy : Une des raisons pour lesquelles nos premiers albums sonnent si différents, c'est qu'on ne savait pas ce qu'on faisait. On ignorait les règles d'enregistrement, on ne possédait pas les codes. Et surtout, on n'écoutait personne. On voulait un son ? On le mettait. On voulait écrire sur un thème précis ? On le faisait. Peu importe si ça respectait les règles ou non.

Vous avez écrit cet album de 77 à 80, en pleine période punk et post-punk. Pourquoi avoir opté pour les synthétiseurs et pas pour les guitares ?
On voulait être différents, et ne surtout pas tomber dans les clichés d'un rock anglo-américain qui se répétait.

Paul : Et puis on avait entendu Kraftwerk à la radio. Pour nous, c'était dingue, c'était le futur.

Andy : On aimait aussi la pop music. Mais seulement des groupes qui nous semblaient honnêtes, loyaux. Pas des groupes qui faisaient semblant de. Les groupes qu'on aimait se comptaient sur les doigts d'une main. Surtout moi, je dois dire.

Tu parles de Genesis et de Pink Floyd, je suppose ?
[Rires] Bien sûr ! J'étais vraiment très, très exigeant à l'époque. Et Paul a fini par me rejoindre dans cette exigence. Ma règle à l'époque était très simple. Si un groupe venait de Düsseldorf, c'est qu'il était bon. Ajoute aussi Bowie, Roxy Music, Velvet Underground et Brian Eno. Tout le reste, c'était de la merde.

Même Can ?
Can venait de Cologne je crois. Selon ma règle, ils n'étaient pas aussi bons que Kraftwerk et Neu ! Mais ils avaient quand même de très bons morceaux.

3 – English Electric (2013)

C'est votre avant-dernier LP. Très étonnant de le retrouver si haut placé.
On pourrait le classer en premier mais il faut bien faire un choix. Et les deux qui restent me semblent intouchables. Avec History of Modern, on avait rôdé la bête. On avait aussi joué live, et on savait que les gens avaient encore envie de nous voir. On s'est alors interrogé. On s'est demandé pourquoi on avait commencé ce groupe quand on avait 16 ans. Parce qu'on voulait avoir une conversation intellectuelle et musicale avec nous-mêmes. On s'est alors dit qu'on n'avait plus besoin d'être numéro 1, qu'on n'avait même plus besoin de vendre des albums.

Paul : C'est comme si on retournait à l'état de teenagers. Bordel, faisons exactement ce qu'on a envie de faire, et au diable toute autre forme de considération.

Andy, sur cet album, il y a « Kissing the machine », un morceau que tu avais co-écrit avec Karl Bartos juste après qu'il ait quitté Kraftwerk et monté son projet Esperanto.
Paul : Oui, car c'était aussi une façon de se reconnecter à nos racines.

Andy : Je me souviens que quand on bossait à l'époque sur ce morceau, Karl m'avait avoué qu'il l'adorait mais que pour lui, ce morceau devrait être un morceau d'OMD. Quand je l'ai joué à Paul des années plus tard, il a trouvé que c'était très bien mais trop rétro-électro. Il a donc complètement retravaillé la musique pour English Electric et n'a conservé que ma voix. Cet album, c'est nous réintégrant enfin la maison OMD.

Paul : On l'a enregistré dans notre studio de Liverpool et dans mon studio de Londres, qui est quasiment équipé comme un grand studio professionnel. Il est entièrement fait à l'ordinateur. Le seul autre « instrument » est le micro utilisé pour enregistrer la voix. Ayons confiance en nous, et expérimentons autant qu'on en aura envie. Voilà la feuille de route sur celui-là.

Andy : Et surtout, ne tournons pas comme ces vieux groupes qui se reforment et font de la merde dont tout le monde se fout. Ne soyons pas ces groupes qui tournent uniquement avec des vieux albums et des vieux fans qui viennent les voir à grand renfort de « On vous aime ! ». Tout ça, c'est des conneries. Je connais des groupes, et même des amis dont je ne donnerai évidemment pas le nom, qui font des disques juste pour continuer à être dans un groupe, pour continuer à fabriquer des T-shirts qui se vendent.

Paul : Pour eux, seul le style de vie compte. Ils n'ont plus rien à dire musicalement mais ne veulent pas quitter le mode de vie d'un groupe. Alors ils continuent.

Andy : Mais ils n'ont plus faim. Paul et moi n'avons jamais voulu être dans un groupe, seulement produire de la musique intéressante. Et accidentellement, on s'est retrouvé à vendre des millions de disques. Nos hits étaient des accidents. Ce disque, c'est OMD qui revient aux fondamentaux, à ce que Kraftwerk nous avait appris : « Tu as le droit d'avoir des idées intelligentes, de les transposer dans un style musical intéressant et si tu prends un peu de temps pour chercher, tu pourras poser ça sur une magnifique mélodie. Tu pourras tout avoir si tu bosses comme un chien ».

2 – Dazzle Ships (1983)

Votre album le plus culte avait été un échec.
Il y avait des idées incroyables dessus. On voulait que cet album soit radical, et politique. On voulait changer le monde en faisant quelque chose de complètement nouveau. Nous étions si naïfs. La naïveté est quelque chose de sublime. Et lorsqu'elle s'en va, tu ne peux jamais la faire revenir. On pensait que l'art avait la capacité de changer le monde. Ça peut paraître stupide aujourd'hui de parler de la pop-music comme d'un art, mais c'était notre art. Nous venions de vendre 4 millions d'exemplaires d'Architecture & Morality. Quelqu'un nous avait alors dit : « Ok, c'est super, mais vous n'avez pas changé le monde ». Ça sonnait comme un challenge à relever. Dans cet album, on a consciemment fait le choix d'enlever la musicalité, d'enlever le côté sucré d'un morceau. On voulait juste donner le concept intellectuel le plus pur possible. Ce n'était presque plus de la musique. Les réactions dans notre entourage ont été simples : « Mais qu'est ce que c'est que ce truc, bordel ? ».

Avec cette ambition démesurée, comment aviez-vous encaissé l'accueil critique très hostile ?
Paul : Honnêtement ? Très, très mal.

Andy : J'étais blessé. Le truc, c'est que personne ne sort un disque en se disant que c'est une merde dont il se fout bien sûr. Mais là, on avait donné notre meilleur et les retours étaient catastrophiques. C'était très, très dur. On avait bossé comme des dingues pour faire un album radical qui devait changer le monde, et on était accueilli comme des losers.

Paul : C'était un peu comme si on disait au monde entier que cet album allait changer leur existence. Et lui nous répondait : « Non, merci ». Terriblement vexant.

Aujourd'hui, tout le monde crie au génie.
Paul : On l'a joué au Royal Albert Hall l'année dernière. Les places ont toutes été vendues en 30 secondes. Les temps changent.

1 – Architecture & Morality (1981)

C'est un album magnifique, du début à la fin. Pour l'époque, il était aussi assez radical. Personne ne sonnait comme ça à ce moment-là. Quand tu écoutes les hits qui étaient dessus aujourd'hui, ça te paraît normal, mais à leur sortie, c'était vraiment gonflé. « Souvenir », par exemple. Personne ne faisait ce genre de choses étranges. « Sealand », c'était franchement magnifique.

Quel avait été le rôle de Mike Howlett, un membre du Gong de Daevid Allen ?
Andy : Il a produit quelques singles pour nous. « Souvenir », par exemple. Il était aussi sur « Enola Gay ». Produire, c'est un bien grand mot. Il était surtout là pour nous aider à rendre nos morceaux plus clean, car on ne maîtrisait pas encore très bien la technique. Mais nous avions produit nous-même le reste de l'album. Uniquement avec les ingénieurs du son du studio.

Paul : On a toujours eu du mal à bosser avec d'autres gens. Parce qu'on a toujours su exactement ce qu'on voulait faire. Et c'est parfois très frustrant d'essayer de traduire ça à une tierce personne.

C'est votre dernier mot sur ce classement ?
Andy : Puisqu'on doit n'en classer qu'un à la première place, oui. Sinon j'aurais bien mis un package d'English Electric, Dazzle Ships et Architecture & Melody en numéro 1. On aurait bien classé notre tout nouvel album en haut aussi, mais il n'est pas sur ta liste !

Albert Potiron est sur Noisey.