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On a rencontré le réalisateur de The Sound Of Belgium, le seul documentaire jamais fait sur la New Beat

Il nous parle des Tueurs du Brabant, du capitalisme hollandais et de la collection de swastikas du chanteur de Confetti's.

Une émission de radio (Liaisons Dangereuses), deux clubs, (l’Ancienne Belgique et le Bocaccio), trois labels (R&S, Target, USA Import) et un gros smiley jaune : pas besoin de plus pour lancer un mouvement. Influencée par l’acid house, l’EBM et la cold-wave européene, la New Beat est la seule musique 100% belge à avoir traversé les océans. La légende veut que tout soit parti d’un DJ qui, en passant un disque de A Split Second à la mauvaise vitesse dans un club fin 86, a déclenché malgré lui cette réponse dark à l’italo disco, faite de basses nucléaires et de beats agressifs. De 1987 à 1989, le courant musical le plus éphémère de l’histoire va envahir les super-clubs du Benelux, les cours de récré, les magazines, la mode, et plus tard la télé et les radios, avant de sombrer dans la caricature et d'engendrer toute la dance que l'on connaîtra dans les années 90. Blague belge ? Pas vraiment.

Jozef Devillé, un bruxellois d’une trentaine d’années, s’est largement penché sur le sujet dans un documentaire surpuissant, The Sound Of Belgium, produit par une poignée de types de son école de cinéma, la RITS. DJs de l’impossible, producteurs aux 1000 pseudos, disquaires aux yeux brillants, patrons de clubs et labels, Joey Beltram, CJ Bolland… tous témoignent et tous ont un truc intéressant et utile à dire, ce qui est rarement le cas dans les films musicaux. J’ai rencontré Jozef après la première française du film qui a eu lieu au Rex, le 24 octobre dernier. On a parlé en 90 bpm des Tueurs du Brabant, du capitalisme hollandais et de Western Soul.



Noisey : Il y a beaucoup d'articles sur l'Internet belge à propos de ton film, mais quasiment rien ailleurs.
Jozef Devillé : C'est normal, on n'a pas le budget pour faire la promo en France. En Belgique non plus d'ailleurs ! Mais j’ai quand même l’impression que les journalistes qui sortaient à l'époque ont vu le film ou en ont entendu parler. Ils vont bientôt écrire dessus. En fait, c'est surtout depuis que le docu a été diffusé sur Plug RTL (une chaîne belge) que ça a explosé.

Ça fait un moment que le trailer du film circule, le tournage a pris du temps j’imagine ?
Oui, ça fait 6 ans que je travaille dessus. On l’a terminé en octobre 2012, et la première a eu lieu à Gand juste après, mais tout n'était pas encore calé. Il a fallu pas loin de dix mois à mes producteurs pour régler tous les problèmes de droits d'auteurs [le film utilise 125 morceaux !]. Pour les images d'archives, c'était plus facile. On allait chez RTL, on prenait ce dont on avait besoin et on savait directement combien on leur devait. Pour la musique, c’est différent. Plein de morceaux appartiennent à des majors, certaines ont été rachetées depuis, d’autres non… C’est l’enfer. Les artistes eux, il s'en foutent. « Ah oui, aucun problème, pas besoin de nous payer, utilise nos morceaux ça nous fera de la pub ! » Mais les majors ne l’entendent pas de cette manière. Tu utilises quelque chose qui LEUR appartient, donc il FAUT payer. C'est un travail de fou, à l’image de ces innombrables chansons soul et rhythm'n'blues dont on n'a même pas pu retrouver tous les auteurs ou les labels, trop underground...

On peut trouver ton film en entier sur YouTube. Ça doit un peu contrecarrer tes affaires...
Oui, il a déjà été posté au moins 20 fois sur YouTube... On les a contacté pour le supprimer, la plupart ont été retirés mais pas tous. Ces gens qui le mettent en ligne sont enragés, « ouiii, il faut que tout le monde connaisse cette musique ! Moi je respecte les producteurs de l'époque.» Je pense pareil hein, mais hey, il y a des factures à payer. C'est pas très chouette. YouTube est une poubelle pour ça. Après, quand le film sera entièrement remboursé, OK, on pourra le mettre en ligne sans problème.

On ne peut pas vraiment leur en vouloir, personne n'a jamais fait de docu sur le sujet.
Oui c'est vrai, et puis ils ne peuvent pas le trouver ailleurs. On va bientôt lancer la vidéo à la demande. Arte l'a acheté aussi, pour l'Allemagne et la France, il aurait déjà dû être diffusé mais je ne sais pas trop où ils en sont.



Comment expliques-tu que personne n'ait documenté la New Beat depuis 20 ans ?
Ça, c'est typique de la « Belgitude.» Chez nous, on n'est pas fiers de ce qu'on fait, ce qui ne me déplaît pas d'ailleurs. Il n'y a pas de chauvinisme comme il peut en exister en France... Les Français, ils sont fiers d'être Français, c'est un truc qui me dépasse ! Et les Hollandais c'est la même chose, les Allemands aussi, et les Américains... ils sont tous tellement fiers de leur patrie qu'ils ne regardent pas ailleurs. Nous, les Belges, on est quoi ? On est un amalgame de peuples. Des Flamands, quelques Allemands, des Wallons… On n'a pas vraiment de culture. C'est un pays traversé par l'Europe, du nord au sud, d'est en ouest, parce que c'est central, et que c'est plat. Quand t'es en Belgique, tu es au milieu de plein de cultures différentes, et des traces qu'elles laissent. Et les disques en font partie.

Tu collectionnais les vinyles à la base, c’est ça ?
J'habitais à 15km de Bruxelles, et quand j’ai eu 14 ans, ma famille est venue s'installer à la capitale. C'est là que j'ai découvert tous les disquaires, les marchés aux puces. Et puis les disques n'étaient pas chers. Maintenant tout le monde cherche tout. Mais à cette époque là, les gens cherchaient seulement du jazz ou du funk. Personne ne voulait du reste, toute la musique disco, techno. J'en acheté des tonnes. J'ai acheté plein de merdes aussi, évidemment, pour découvrir.

Je ne savais pas que la Belgique avait été, à un moment, LE pays du disque.
Il y a plusieurs raisons à cela. Le port d'Anvers, par exemple, comme j'explique dans le film. Dans beaucoup de pays, quand un magasin commandait un stock de disques, il retournait les invendus. Pas en Belgique. Quand tu achetais des stocks, t'étais obligé de les garder, donc certains disquaires avaient des stocks énormes. Après, soit ils se les revendaient entre eux, soit ça finissait dans les marchés aux puces. C'était une chaîne sans fin. Et puis la Belgique est un pays de collectionneurs. Quand je travaillais à Dr. Vinyl il y a 8 ans, un disquaire du centre de Bruxelles, je voyais souvent ce type de San Francisco et il n'en revenait pas de voir autant de magasins, il dégotait des disques de San Francisco qu'il ne trouvait même pas chez lui. On me demande souvent comment faisaient les gens pour acheter autant de disques avant, « il étaient riches ou quoi ? » Ben non, c’est juste que maintenant on dépense beaucoup d'argent dans des appareils qui transportent la musique, mais plus dans les supports eux-mêmes.



La New Beat, tu y as participé à l'époque ?
Non, j'étais trop jeune pour aller en boîte. J’ai vécu cette période gamin. À l'école on portait les badges, on écoutait la musique commerciale. C'est plus tard que j'ai découvert qu'il y avait de la bonne musique derrière tout ça. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a que du mauvais dans la face commerciale de l'électronique belge, hein... Quand j'ai commencé à sortir, c'était dans les grosses fêtes techno. On n'a jamais eu l'équivalent des free-parties en Belgique. Tout se passait dans de grosses boîtes ou des salles des fêtes, on n'a jamais eu besoin d'agir dans l'illégalité. Dans ces soirées, tu sentais vraiment ce truc agressif, cette rébellion.

Le début de la New Beat part sur un malentendu, un maxi de A Split Second passé au ralenti, mais on s’aperçoit en fait que c’est une coutume belge de ralentir les disques, comme à l’époque de la slow soul et du dancing « Popcorn ».
Oui, le titre c’était « Flesh ». A Split Second estimaient qu’on avait violé leur morceau. Ils n'aimaient pas du tout ce que les producteurs New Beat avaient fait avec, mais ça leur a apporté beaucoup de succès.

Les mecs qui faisaient de l'EBM n'étaient pas du tout les mêmes que ceux qui se sont engouffrés dans la vague New Beat en fait.
Il y en a eu, il y en a eu… Même ceux qui faisaient du rock s’y sont mis quand ils ont vu que cette musique marchait et qu'elle rapportait beaucoup d’argent alors qu'elle n'était diffusée que dans les clubs.

Qu'est ce qui fait la différence entre la New Beat d'avant 1988 et la Nougat Beat (la New Beat bidon) qui va déferler ensuite ?
Généralement, tu l'entends direct. Quand la structure est celle d'une chanson pop traditionnelle... Mais même dans la musique commerciale tu trouvais de bonnes sonorités, de bons beats. Quand un morceau a été composé pour vendre, tu le captes tout de suite de toute façon. Tu entends David Guetta par exemple, tu sais que c'est fait pour vendre, ce n'est pas un truc personnel.



Elle date de quand la scission entre « underground » et grande distribution ?
Le 1er février 1989, jour du lancement de la chaîne commerciale VTM. Vu que ces musiques n'étaient pas diffusées sur les chaînes nationales avant, ils se sont dit « ok, on va le faire nous-mêmes,» parce qu'il y avait clairement un public pour ça. Et c'est là que ça a touché le grand public... Mais c’est normal. Si toi, tu aimes une musique et que tout d'un coup tu vois des cons qui rentrent dans TA discothèque, tu ne vas pas nécessairement les accueillir à bras ouverts... Tu vas plutôt te diriger vers autre chose, de plus obscur, où tu ne rencontreras pas ce type de gens.

Tout ce qui est gabber, hard techno, vient de chez vous aussi.
Oui, à l'origine ça vient aussi de Belgique. Le label Bonzaï avait lancé ce genre de musique plus hardcore et Rotterdam a adapté ça et en a produit une version encore plus dure. Pour la Trance c'est pareil. Les plus grands DJs viennent de Hollande mais tout découle du maxi de Age Of Love sorti en 1990. Un groupe comme 2 Unlimited par exemple, à la base c’était deux producteurs belges, mais le chanteur et la chanteuse étaient hollandais, et les Hollandais, ils savent se vendre ! Tu vois Heineken, ils sont maintenant présents partout dans le monde, alors que c'est une bière qui ne vaut rien. Ils sont bons en affaires, contrairement aux Belges ! Tout le monde pense donc que 2 Unlimited sont hollandais parce qu'ils ont beaucoup vendu de disques, mais en fait c'est belge.

Et le jumpstyle ? Les kids à crête de barman qui dansaient la tecktonik il y a quelques années avaient exactement les mêmes mouvs que les filles qui dansent le New Beat dans ton film.
Oui ! [Rires] On faisait encore des chorégraphies à l'époque, on s'entraînait à la maison avant de sortir. D'ailleurs, si tu regardes les vidéos tournées dans ces boîtes, TOUT LE MONDE danse. C'est un truc que tu ne vois plus maintenant.



Le look était aussi un point important. Ça venait d'où cette mode des sigles Volkswagen et Mercedes ? Vous matiez les clips des Beastie Boys en boucle ?
Oui ça doit venir de là. Comme le smiley, qui vient à l’origine de la scène hippie américaine et qui a ensuite été récupéré par l'acid house en Angleterre. Ils ont dû voir un clip de rap et se sont mis à faire pareil. Parfois, ça partait d'une seule personne et les gens suivaient. Par exemple au Bocaccio, ils avaient une équipe de coureurs cyclistes. Une nuit pour blaguer, ils sont rentrés dans la boîte en tenue de vélo, et c'est devenu instantanément une mode. Après on voyait des cuissards New Beat !

Il y avait vraiment 2000 clubs en Belgique à la fin des années 80 ?
Ah, c'est possible oui. Les gens me demandent souvent s'ils ont tous disparu... Bien sûr qu'il y en a encore, même s'il doit en rester peut-être 10%. C'est suffisant parce que de toute façon les gens ne sortent plus. Ce sont les mega-dancings qui ont le plus de difficultés. Les petites salles arrivent à survivre. Mais c'est partout pareil, les gens préfèrent rester chez eux, devant leur ordinateur. Ils économisent de l'argent toute l'année pour participer à une seule grosse fête, comme Tomorrow Land. Tout ça pour pouvoir dire « j'y étais. » Alors qu'avant, ils sortaient TOUS les soirs...

C’est ce que tu montres dans ton film, la fièvre des belges pour la fête. Dans les années 70, vous aviez l’équivalent de la Northern Soul anglaise avec beaucoup de disc-jockeys qui importaient des maxis américains ou se rendaient carrément là-bas pour les chercher, au grand dam des DJ anglais !
Exactement. L'écossais qui est dans mon film était dans cette scène Northern Soul, et il me disait, que dans les années 70, il n'y avait que les Anglais, les Belges et les Japonais qui traquaient ces disques rares. La Northern Soul était plutôt une musique up-tempo, les Belges c'était mid-tempo et les Japonais c'était plus lounge. C’était un phénomène unique en Europe continentale. On m'a raconté plein d'histoires, comme ce type qui habitait à Nice… Il aimait tellement cette musique qu'il prenait l'avion pour Paris, et ensuite il louait une voiture pour venir en Belgique et se rendre dans ce petit bled des Flandres, qui était apparemment the place to be, et danser tout la nuit. Même moi je n'avais jamais entendu parler de cet endroit.

Il n'y a jamais eu de scène Mod en Belgique ?
Non, pas vraiment. On se contentait de suivre les autres pays. La New Beat a été le premier mouvement 100 % belge. Le Popcorn [nom du club qui a lancé la soul ralentie à la belge], l'EBM ou la cold wave [qui selon Luc Van Acker de Revolting Cocks est un pur produit belge], étaient des petits mouvements qui sont restés plus ou moins underground.



Dans ton documentaire, tu essaies de mêler l'évolution musicale aux évènements politiques, mais sans trop t'étendre dessus.
Les Belges savent de quoi je parle. Ils connaissent ces images. Qu'est ce que tu vois ? Des attentats ?

Ouais, des immeubles soufflés, des cadavres sur des trottoirs.
Voilà. Dans les années 80, il y a eu une vague de terrorisme gauchiste et d'extrême droite, comme en Allemagne ou en Italie auparavant. A droite, tu avais les Tueurs du Brabant et à gauche les CCC, les Cellules Communistes Combattantes. Eux c’était des gentils, ils avertissaient quels bâtiments ils allaient dynamiter en collant des flyers : « à telle date, à telle heure, il y aura une explosion. » Ils n'ont pas fait énormément de victimes. Les Tueurs du Brabant, eux, ils rentraient dans un supermarché juste pour tuer. Leur seul objectif c'était la terreur. [Une cellule d'enquête sur la véritable origine de ces crimes est toujours en activité.] La musique de cette époque correspond tout à fait à ce climat de peur, c'était hard. C'est ce son qui a défini la techno belge à travers le monde.

Et Front 242 était le groupe qui symbolisait parfaitement tout ça, avec son apparence de commando et les problèmes relatifs à leurs roadies ex-CCC, qui étaient paradoxalement considérés comme des nazis.
En Belgique aussi Front 242 avait l’image d’un groupe d’extrême-droite, alors que c'était totalement faux. Leur musique était très militaire et donc ils s'habillaient en rapport, pour provoquer. Mais ils étaient à l'opposé de ça.

La New Beat a été perçue de la même manière au début.
Oui, même dans des groupes très commerciaux comme Confetti's. Le « chanteur» Peter Renkens portait une tenue militaire, de la marine. Mais lui il était un peu dérangé...

Il est devenu quoi d'ailleurs, t'as pensé à lui rendre visite pour ton docu ?
Il est dans un hôpital psychiatrique maintenant. Il n’était déjà pas très bien dans sa tête à l'époque, il avait une énorme collection de swastikas. Je n’ai pas voulu le filmer dans cet état. Ça aurait été malsain. Il valait mieux le protéger de lui-même.



Renaat Vandepapeliere, le boss du label R&S Records, pensait vraiment qu'un mouvement de jeunesse similaire aux hippies des années 60 allait naître de tout ça et changer le cours des choses.
Oui, c'est vrai. Mais ce n'est pas tout à fait ce qui s'est passé... Une de mes intentions avec le film c'était justement de secouer les choses. J’en avais marre. Il n’y avait plus rien d’excitant en Belgique depuis le milieu des 90's alors qu'il s'était passé plein de choses avant. J'ai voulu dire aux plus jeunes, qui font de la musique, ou qui organisent des fêtes, « allez-y ! » Ce n'est pas parce qu'on est un petit pays qu'on ne peut rien faire.

Y'a des trucs en Belgique qui valent le coup en ce moment ?
Personnellement, je ne trouve pas. Bon, il y a quelques trucs… Soulwax par exemple. Ils refont exactement ce que tu vois dans mon film mais avec une batterie, une basse, comme plein de groupes qui sont assez importants maintenant. Mais il n'y a plus de mouvement... Ce que j'adore maintenant moi, c'est la musique du tiers-monde. Pour la première fois dans l'histoire ils ont les moyens de s'acheter un petit ordinateur, et ils réutilisent les sons qu'on utilisait dans la techno à leur façon. Ca donne des rythmes africains en format techno, la musique cumbia d'Argentine...

Ah oui, comme ce morceau de Baile Funk qui reprend « Headhunter » de Front 242.
Voilà, c'est tout à fait nouveau comme musique, mais avec les vieilles sonorités que j'adore. Les rythmes carioca, je ne connaissais pas, ça te fait bouger quoi, ça t'oblige à danser. Bon par contre ce n’est pas du tout carré comme la musique belge. Mais en Afrique ou en Amérique du Sud ils sont plus fluides… Ils font tout au feeling. En Angola, tu as le Kuduro. Même Die Antwoord, si t'écoutes bien ils réutilisent plein de sons belges.

The Sound Of Belgium va t-il enfin montrer au monde que la Belgique est cool ?
La Belgique est un pays fabriqué par les anglais. Si la Belgique n'avait pas été inventée, on serait encore rattachés à la Hollande et notre puissance rayonnerait à travers le monde, plus fort que vous ! Les Hollandais avaient les navires et le sud de la Belgique avait cette industrie hyper forte. Les deux ensemble, ça aurait représenté une méga-puissance mondiale. Alors l'Angleterre a voulu casser ça, mais bon, c'est une autre histoire... Je ne sais pas si tu es déjà allé à Bruxelles mais, à première vue, c'est une ville pas cool du tout. Des tas de choses s'y passent mais tout est caché... Quand tu t'imagines Paris, cette ville a exactement l'image que tu t'en fais. Amsterdam, Hong-Kong, New-York, c’est pareil. Avec Bruxelles c'est différent... On a tellement détruit cette ville, reconstruit, c'est un véritable bordel... Si un jour tu dépasses la frontière tu te rendras compte de la différence. En Hollande tout est propre, bien rangé. En Belgique c'est le bordel ! Tout le monde faisait ce qu'il voulait. C'est comme ça qu'on a pu avoir toutes ces boîtes d'ailleurs... Le Bocaccio par exemple avait été construit sans aucune autorisation, t'imagines ça aujourd'hui ? Dans certaines boites à partir de 3h du matin, tu montais à l'étage et tu avais le droit à un coca amélioré, on te donnait une petit pillule avec, qualité vérifiée par la maison ! Sans parler de cette rumeur qui disait qu’on mettait du speed dans les fumigènes pour booster la foule... Et puis il y a eu cette boîte qui a explosé, comme ça, sans aucune raison... Plein de choses étaient louches. Bien sûr il y a eu des problèmes liés à la drogue, mais c'est le cas partout. Si tu fais une descente à BNP Paribas tu vas trouver plein de cocaïne ! C'était un bon alibi pour fermer les endroits libres... Enfin bref, tout est beaucoup plus strict maintenant, plus intolérant, plus totalitaire.

The Sound Of Belgium sortira forcément dans votre pays à un moment ou un autre. Un DVD est également prévu. En attendant, il passe tous les soirs au Cinéma Aventure de Bruxelles. Et ça fait 5 mois que ça dure !

Rod Glacial est rédacteur chez Noisey France. Il vient au bureau en vélo, mais ne porte pas de cuissards. Il est sur Twitter - @FluoGlacial