Tour de France : Bayonne

Dans cette nouvelle rubrique, un invité nous présente la playlist de sa ville. On commence avec Bayonne, vu par notre assistant post-prod Arthur Limiñana, de Gojira aux Killers, en passant par Milsup.

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juil. 11 2014, 11:40am


Parce qu'à l'époque où les supermarchés vendent des bananes en sachet individuel, il est important de renouer avec ses valeurs et ses racines, nous démarrons aujourd'hui une nouvelle rubrique intitulée « Tour de France », dans laquelle un contributeur Noisey ou un invité nous présente une playlist exclusivement constituée d'artistes de sa ville d'origine. Pour cette première édition, nous avons demandé à notre assistant en post-production, Arthur Limiñana, de nous emmener faire un tour de Bayonne et du Pays Basque en 7 morceaux.




GOJIRA « Clone »

J'étais au collège au début des années 2000, donc pile au moment où ils étaient en train d'exploser et de devenir hyper connus. Au collège, tout le monde écoutait ça, tous mes potes jouaient dans des groupes metal, il y avait énormément de groupes metal au collège, des groupes de metal basque. Alors forcément, Gojira c'était des dieux. Je les ai vus une seule fois en concert mais ça ne m'a pas marqué plus que ça, bizarrement. Ça reste un groupe hyper présent sur Bayonne, cela dit.




SKA-P « Legalizacion »

Eux aussi ils étaient hyper présents. Et ils le sont toujours. Mais c'est pas forcément un truc de collège ou de lycée, c'est plutôt lié aux soirées pour touristes qui sont organisées vers chez nous. Ça se passe au bord de la mer, avec plein d'associations du coin, des groupes. Et à la fin, quand le dernier groupe est passé, il y a un DJ, et le DJ passe forcément « Legalizacion » de Ska-P, et là tout le monde pogote. Forcément, comme tu as les gens du coin et des touristes, ça donne systématiquement lieu et à des échauffourrées. À la Fête des Cabanas à Anglet, ça finissait à chaque fois à chasser du touriste sur la plage, c'était cool. Aujourd'hui, Ska-P c'est un groupe complètement tapé, mais c'est resté un classique, tout le monde écoutait ça, à chaque fois il y avait des pogos dans les boums. C'est le pays basque espagnol, et puis c'est de la musique festive et accessible -plus que Gojira en tout cas- donc forcément, tu pouvais pas y échapper.




SU TA GAR « Jo Ta Ke »C'est un peu les Iron Maiden basques. Il viennent du Pays Basque espagnol, eux aussi. J'écoutais leurs disques en allant au rugby, on se chauffait dans le bus en chantant leurs morceaux, ça nous motivait à fond. Ils étaient hyper connus dans le coin. Ça aussi c'était un gros truc quand j'étais au collège. Il y a énormément de fêtes de villages chez nous, avec plein de groupes de reprises, et notamment des groupes de reprises de metal basque. Et c'est par le biais de ces reprises qu'on découvrait tous ces groupes et tous ces morcceaux.




BERRI TXARRAK « Rock City Valencia »

Eux, je les ai vus au festival EHZ, je devais avoir 17 ans, et ça reste à ce jour le pogo le plus violent de ma vie, bizarrement. Il y avait eu un concert juste avant, un truc très calme, je ne me souviens plus trop de ce que c'était, j'avais déjà bu pas mal de katxi [bières d'1 litre]. Mais d'un coup, la foule a changé, et ça a commencé hyper vénere. J'ai flippé, c'était hyper violent, et pourtant, je connaissais bien ce genre d'ambiance ! Ils existent encore, ils sont passés à Paris il y a deux ans. Certains membres ont formé un autre groupe, Cobra [rien à voir avec le groupe de Grasse dont on a déjà parlé à plusieurs reprises], mais c'est beaucoup moins bien et puis ça chante -assez mal- en anglais.




SUSTRAIA « Beti Bidean »C'était un groupe de bal de chez nous. Là, on n'est plus dans le metal, plutôt dans le rock classique, le rock basque. Le groupe n'existe plus parce que le chanteur Mixu Michelena est mort y'a quatre ans. C'était un type énorme, imposant, et il est mort pendant un match de l'Aviron Bayonnais en championnat de France de rugby. Il a fait une performance live sur la pelousee n ouverture du match, une reprise de « Walk This Way » en basque. Il est ensuite parti rejoindre son fils, tout en haut dans les tribunes et moi je devais être, je sais pas, 20 rangs en dessous de lui, et quand il est arrivé en haut et son coeur a lâché. C'était super chaud, les secouristes sont arrivés avec les draps pour cacher la scène, ils lui ont mis un masque à oxygène pour faire croire que c'était juste un malaise, mais la vérité, c'est que le pauvre Mixu était déjà cuit. C'était un mec du coin, hyper connu. Tu le voyais tout le temps au Quick avec son fils.




KILLERS « Heavy Metal »

Les légendes. La première fois où je les ai vus, c'était à Bidache Metal, un festival de metal qu'ils organisaient eux mêmes, à 20 minutes de Bayonne. Bon, quand je les ai vus, c'était déjà un groupe un peu craignos, mais ça restait authentique, de chez nous quoi. Cette soirée était dingue, c'était en plein mois de novembre, après le concert on a tracé en scooter avec les potes et on s'est retrouvés dans une fête paumée dans la pampa. C'était la pleine lune et on est arrivés dans cette maison en haut d'une colline... À l'intérieur, il n'y avait que des fumeurs de shit, tous avachis. Nous, on revenait du Bidache Metal on était au taquet, on s'est dit « oh merde », et là dans un coin, on voit un baby foot. Du coup, on a pris le baby foot, on leur a piqués leurs gluttes, on leur a taxé un bout de shit et on s'est barrés. C'est ça une soirée Killers !




MILSUP « Ionbazoo »

C'est des mecs que j'ai juste croisé vite fait au lycée, mais c'est vraiment l'hymne de chez nous. Au skate park, tous les gamins connaissaient, c'est vraiment LE morceau de Bayonne. C'est limite plus big que la « Pena Baiona ». Si tu dois retenir un titre de cette liste, c'est celui-là.

Arthur Limiñana est assistant de post-production pour VICE. Il est capable de vous trouver de la bière et du maïs grillé en moins de 4 minutes, où que vous soyez. Il est sur Twitter - @ArthurLimi