Pendant un bref instant, Jason Statham fut l'Adonis de l'indie-dance

Quand « Le Transporteur » illuminait les clips de Shamen et Erasure de ses apparitions musclées.

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févr. 24 2016, 1:00pm

Durant les années 90, Jason Statham a été aux lads anglais ce que Leonardo DiCaprio était aux coupes de cheveux : une inspiration, un sauveur, un secret qui végétait dans un coin de la pop culture et qui attendait le bon moment pour hurler au monde « Je suis ce dont vous avez besoin, et vous ne le réalisiez même pas. »

Connu pour ses rôles dans Snatch, Arnaque, Crime et botanique, Braquage à l'italienne et un paquet d'autres films qui ressemblent beaucoup à Braquage à l'italienne sans être vraiment Braquage à l'italienne, Jason Statham est sans conteste le tough guy le plus réveré de Grande-Bretagne. Ok, le type est visiblement chauve depuis la naissance, mais est-ce que ça l'empêche de pécho des mannequins ? Absolument pas. Le type fait ses propres cascades (oui, comme Belmondo), il a un cou de la taille de votre cuisse et n'a besoin que d'un coup d'oeil pour vous faire comprendre que votre nez pourrait très vite rencontrer ses phalanges.

Par le passé, il se décrivait lui-même « comme un James Bond prolo – un Bond qui buvait de la Heineken et pas du Dom Perignon. » Par essence, Jason Statham ne joue aucun personnage, il malmène tous ses rôles jusqu'à ce qu'ils se plient à son image. Le Stath est l'archétype de la masculinité britannique, il a plongé des hordes d'hommes dans l'incertitude émotionnelle à travers tout le pays. Des mecs qui ne savaient pas trop s'ils voulaient lui ressembler ou l'avoir comme père.

Ce qui, à mon avis, le rend encore plus incroyable, c'est ce qu'il faisait avant 1998, à l'époque où il était gogo-danseur pour clips indie-dance. Oui, vous avez bien lu.


THE SHAMEN - « Comin’ On »(1993)

Si j'aime ce clip, ce n'est pas à cause de la tenue de Statham, qui consiste essentiellement en un slip léopard matelassé ; ni pour l'absence totale de poils sur son corps, et encore moins pour les litres d'huile utilisés pour le faire ressembler à un G.I. en plastique ou à un flyer annonçant de soirée Chippendales à La Valette-du-Var. Non, ce qu'il y a de vraiment cool dans cette vidéo c'est de voir à quel point Jason Statham est BON. D'autant plus qu'il n'y a là aucune chorégraphie, son brief se résumant de toute évidence à un « vas-y mon pote, donne tout ce que t'as ». Résultat : il est impressionnant.

Vous avez vu ce tour de reins ? Ce pop du bassin ? Il a l'air tellement sincère et spontané dans tous ses mouvements, sérieux. Cette vidéo est peut-être la transcription en images animées la plus ridicule de l'état où vous vous trouverez après une prise d'acide, mais Le Transporteur s'en fout, c'est un pro avant tout. Personne ne se donne autant à fond que Statham dans toute cette entreprise. On peut clairement imaginer ce qui était inscrit sur sa carte de visite de l'époque : « Si vous aimez le travail bien fait, appelez Jason Statham. »

ERASURE - « Run to the Sun » (1994)

Après avoir regardé le clip des Shamen bien plus de fois que je n'aurais dû, je l'admets, je pensais que plus rien ne pourrait me choquer, m'impressionner ou me faire frissonner. C'était avant de m'apercevoir que Jason était également présent dans une vidéo d'Erasure (le duo formé par Vince Clark après son départ de Depeche Mode, pour ceux qui n'auraient pas suivi), intitulée « Run To The Sun » et sortie l'année suivante.

Regardez, zoomez sur l'homme de bronze. Voilà un gars qui a été nourri par l'économie de la rue et les formules déjeuner des pubs locaux, un gars devenu célèbre grâce à des rôles de promoteurs de matchs de boxe, d'agent infiltré ou de « meilleur chauffeur sur le marché » – en gros, le genre de mec qui peut te fumer si tu croises malencontreusement le regard de sa go. Le type est tellement dur qu'il a un jour refusé le rôle de Charles Bronson. Il se pose là, il vous nargue, dans son short en cuir méga-serré, avec sa duckface, balançant des mouv' non-répertoriés sur le toit du monde.

Qu'est ce qu'on doit retenir de tout ça ? Eh bien, pour commencer, qu'on peut déjà ajouter la ligne « 1993-1994 : Adonis de l'indie-dance » sur le CV de Jason Statham, et regretter rétrospectivement qu'on n'ait pas pensé à ériger une statue à son honneur sur le dancefloor de la Hacienda. On peut ensuite le remercier pour tous les cauchemars et sueurs froides que ces vidéos vont procurer aux fans de la série Fast & Furious. Et c'est déjà beaucoup.


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