Gringe en a fini avec sa période canapé-chips

Le sidekick d'Orelsan revient sur son parcours, de Paris à Caen, de Casseurs Flowters au film « Comment c'est loin », de l'ombre à la voie royale.

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févr. 1 2016, 10:25am

Dans le rap, « monter à la capitale » reste pour beaucoup un passage obligé. Gringe lui, a fait le chemin inverse, s'exilant en Normandie juste avant ses 20 ans, après avoir grandi à Paris. Débarqué à Caen à la fin des années 90, il rencontre Orelsan avec qui le courant passe immédiatement. S'en suivent dix années à rapper dans l'ombre, avant que Myspace et YouTube ne commencent à faire circuler leurs noms. Entre polémiques et Victoires de la musique, la carrière d'Orelsan ne tardera pas à s'envoler, pendant que Gringe tracera sa route sur des voies plus discrètes. Mais avec la sortie de l'album des Casseurs Flowters, du film Comment c'est loin et de sa bande originale, 2013 a marqué la fin d'un cycle pour les deux compères et un nouveau départ pour Gringe. Plus débordé que jamais entre la préparation de son album solo et sa toute nouvelle activité de comédien, il a accepté de passer outre une petite crève hivernale pour nous parler de tout ça.

Noisey : Tu as grandi en région parisienne avant d'arriver à Caen. C'est plutôt atypique dans le rap.
Gringe :
C'est ce que je pensais, mais finalement ça a eu l'effet inverse pour moi ! Je venais de Cergy et on écoutait beaucoup de rap depuis le collège, j'ai grandi en écoutant 95200 du Ministère Amer. J'avais 15 ans et c'était ma première claque en matière de rap français. Et puis c'était l'école rap de Paname... On racontait ce qu'on vivait entre potos. J'habitais dans une résidence pavillonnaire, y en avait des dégueulasses mais j'ai pas été à plaindre. On était toute une bande, mélangés, à écouter du rap ensemble. En arrivant à Caen j'ai eu le sentiment d'une punition, je me suis dis « Putain ici ils sont plus en mode ska, le rap ils connaissent vite fait », mais j'ai vite compris que je me trompais. Je me suis forcé à bouger en me disant qu'y avait forcément une scène rap dans le coin, et j'ai découvert qu'il y a des émissions de radio chaque samedi soir sur des antennes locales, j'ai commencé à rencontrer des gens. Je me suis finalement rendu compte qu'il y avait une scène hyper active à Caen et dans la région normande, avec une richesse toute autre que celle du rap parisien.

Ça t'a fait découvrir autre chose musicalement ?
Oui et ce qui était cool c'était aussi de faire découvrir des trucs à mes potes, genre les sons des rappeurs du 19e Arrondissement. J'avais plein de mixtapes et de petit groupes underground que peu de gens connaissement sur Caen, et eux, à l'inverse, enrichissaient ma culture musicale autrement, ils écoutaient beaucoup de reggae, de metal, de hard rock... Et du rap US, que je connaissais finalement assez peu. Je suis revenu vers des basiques comme Run DMC ou découvert des nouveaux trucs comme DMX. C'était enrichissant. À Paris, on était souvent dans un cercle fermé à écouter les mêmes choses.

Tu rappais déjà sur Paris ?
Non, mais j'écoutais beaucoup de rap. Je suis arrivé à Caen à 19 ans mais je me suis un peu fait chier les deux premières années, je remontais sur Paris voir mes potes tous les week-ends. À part ça, je squattais ma chambre et c'est comme ça que j'ai commencé à écrire des textes. Je faisais du sport à coté, du foot en club, et javais le rap pour tuer le temps. Mais sorti de ça, je me contentais d'aller en cours et de rentrer chez moi. J’étais complètement teubé, c'était une réaction de gamin capricieux, de petit banlieusard pourri gâté.

Tu dis parfois ne jamais avoir désiré faire carrière dans le rap, que c’était avant tout une manière de passer du temps, de te marrer avec tes potes. Tu as toujours cette approche ?
Ça a évolué par la force des choses mais c'est vrai, je n'ai jamais eu pour ambition d'en faire un taf - jusqu'à ce qu'Orel vienne me chercher pour le backer sur la tournée de son deuxième album. On avait le morceau « Ils sont cools » dessus mais on l'avait fait pour s'amuser, je ne pensais pas qu'on le cliperait, qu'il y aurait ces retours là - et que ça permettrait aux Casseurs de signer sur un label. Orel m'avait parlé de l'idée de faire un album ensemble après sa tournée, et je lui avait répondu qu'on verrait où j'en serais à ce moment là. J'avais repris les études puis on a finalement fait l'album et on a eu de bons retours.

Ce n'est pas un succès commercial immense mais on a fait un bon gros disque d'or, on a notre public, et on ma proposé un album solo sur lequel je bosse. Et maintenant il y a aussi la comédie qui vient s’ajouter à ça, je reçois des propositions... Et bien que j'adore le rap, j'ai toujours été plus passionné par la comédie. Je me sens davantage à ma place même si j'ai encore peu d'expérience, mais quand je joue je suis dans mon élément, je me pose moins de questions que quand je suis en studio à bosser sur un texte. Quand j’écris c’est tellement laborieux, j’ai un esprit de contradiction de ouf, je n'ai pas une pensée claire et je tourne souvent autour du pot. Quand je joue je trouve plus rapidement la bonne note, et j'ai peut-être plus de respect pour le métier de comédien que de chanteur, même si j’ai des idoles dans les deux domaines.

Tu as fait quelques morceaux en solo ainsi que des featuring avec Oxmo Puccino, Taipan... Malgré tout t'es resté assez discret avant l'album des Casseurs Flowters.
Parce que j'ai souvent suivi les potes, Skread, Ablaye... Orel avait déjà fait son trou, il avait son délire. J'ai toujours un peu attendu qu'il vienne me chercher, j'ai jamais vraiment bousculé les choses, mais c'est un truc que je m’évertue à changer en allant provoquer le destin, en passant des castings, en écrivant... Je ne me suis jamais forcé et j’ai longtemps végété. Les morceaux que j’ai fait avant l'album des Casseurs étaient hyper isolés. J'ai eu une parenthèse avec un label qui s’appelait Orignal Bombattak en 2006 où je montais à Paris bosser avec eux. J'écrivais des refrains, je plaçais un morceau ou deux sur leurs featuring, avec Oxmo, Pit Baccardi... Ça me faisait chier de monter et je m'entendais mal avec eux. C’était une matrice showbiz qui dénotait totalement avec ce que je vivais à Caen.

J'étais trop immature pour comprendre les enjeux du truc mais ça m'a un peu servi, c'était une petite parenthèse dans ma vie merdique de l’époque. Les Casseurs ça ma aidé à passer un palier, un cap de confiance. On a fait l'album, la promo tv et radio, des lives, et je me suis rendu compte que j'en étais capable. Jusqu'ici, je regardais Orel le faire et je trouvais ça assez incroyable, puis quand tu passes de l'autre coté tu n'as plus le choix, t'es dans le grand bain et y a plus personne pour t'aider. J’ai galéré, je me suis mis à niveau, et aujourd’hui je pense que je suis en mesure de faire un album solo. J'ai assez de choses à raconter, acquis suffisamment de confiance.

Tu as un flow plutôt hargneux, contrairement à Orelsan qui apparaît souvent plus calme. C'est une manière de rapper que tu as travaillé ou c'est venu directement ?
Non, ça se travaille. Orel a une oreille musicale, il joue un peu de piano, il a fait des compos, pris des cours de chant... Il sait poser sa voix et ça l'aide à avoir des interprétations différentes là où moi j'étais un peu dans la mono-interprétation. Je n'étais pas forcément à l'aise à l'époque mais ça vient avec le temps et aujourd'hui je me rend compte que je suis capable d'adapter ma voix au texte. Certains ont cette capacité des le début, cette faculté d'interprétation - ce que l'on appelle le flow, finalement. Pour moi, ça s'affine avec le temps.

Dans le titre « Deux connards dans un abribus » tu dis « Moi je pompais les flows de L'Skadrille, j'me prenais pour un thug avec mon pistolet à billes », à quoi Orelsan te répond qu'il préférait IAM. Il y a aussi une histoire d'influences ?
Oui c'est ça, moins musical et plus banlieusard. J'adore I AM mais mes vrais influences sont ailleurs. IAM c’était des mecs qui reflétaient une réalité que je pouvais connaître, mais L'Skadrille c’était des mecs techniques, rentre-dedans, ultra secs. IAM aussi mais ils avaient surtout des textes, du vécu et des concepts.

Pour en revenir un peu à Caen, dans une interview récente tu évoques la dimension sociale de vos textes et du film Comment c'est loin qui parlent du fait que les jeunes de province peuvent rapidement se faire bouffer par le temps qui passe s'ils n'ont pas une passion ou un objectif auquel se raccrocher. C'est une thématique présente depuis vos débuts, non ?
Oui et c'est justement à force de nous faire la remarque qu'on s'est rendu compte qu'il y avait cet aspect là en filigrane. Ça n'a jamais été une volonté de notre part de faire la lumière sur cette jeunesse dont on ne parle pas dans la musique et qui existe peu au cinéma, C'est juste qu'en racontant qui nous sommes, fatalement, on raconte aussi l'environnement dans lequel on évolue, les gens avec qui ont vit, et donc cette jeunesse qui existe, et qui est mal représentée : les mecs de province qui gelèrent, qui ont parfois des perspectives d'avenir restreintes, qui s'enlisent...

C'est le succès du featuring avec Orelsan sur « Ils sont cools » qui a ressuscité les Casseurs Flowters ?
Oui, ça a été l’élément déclencheur. Les Casseurs existaient depuis longtemps mais sans aucune volonté de ma part. Orel c'est un mec qui fait les choses, tu le mets sur quelque chose et si ça l’intéresse, il le fait. Moi, j'ai passé ma vie à me poser des questions, à flipper, à me dire je ne serais pas à la hauteur, à la fois par flemme et parce que j'avais l'impression de n'avoir rien à raconter. Orel a fait son truc, il n'a pas attendu. Pour ce morceau j'étais à une période de ma vie où je reprenais mes études, j'ai rencontré une nana avec qui je suis encore aujourd’hui qui m'a tiré d'une léthargie profonde et qui m'a mis une vraie baffe. Je me suis un peu retrouvé et j'ai été en mesure de tenir le crachoir à Orel, de faire jeu égal. Du coup ça nous a donné de l’appétit et on s'est dit que ce serait marrant de le faire cet album dont on parlait depuis 10 ans.

C’était un peu nouveau pour toi, j'imagine, de t'impliquer à fond sur un premier album. Vous travailliez ensemble les textes ou chacun planchait de son côté ?
Un mélange des deux. Par exemple, un morceau comme « Les Putes et moi », même si le thème peux paraître improbable, c'est un vrai travail de concentration, de recherches aussi car ce n'est pas que du vécu donc on pioche à droite, à gauche. On met deux ou trois semaines a écrire dessus mais chacun de notre coté, et le but du jeu c'est aussi d'arriver et de se foutre la pression, de dire « Regarde, j'ai posé mon couplet, il fait trois minutes, que des punchlines, est-ce que t'es capable d'en faire autant ? ». Après, il y a des morceaux qu'on écrit à deux, quand on fait beaucoup de passe-passe notamment, des titres comme « Fais les backs » ou « Stupide ». Ce sont des textes qu'on travaille à deux mais qu'on alimente nous-mêmes et le soir ça continue de turbiner dans nos têtes. Le lendemain on revient avec deux ou trois lignes en plus mais ça reste un travail d'équipe par dessus tout.

Tu as des morceaux favoris sur l'album des Casseurs ?
J'y reviens encore mais sûrement « Les Putes et moi ». Je suis assez fier de ce morceau et je trouve qu'il y a peu de déchets. Il y a aussi « Dans la place pour être » dont j'aime beaucoup la prod.


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Vous balancez toujours autant de punchlines mais vous restez des rappeurs sans embrouilles, on ne vous entend jamais rentrer dans le jeu des clashs, vous ne critiquez aucun rappeur dans vos paroles...
C'est marrant que tu dises ça parce que le site Booska-P a fait un comparatif des rappeurs français avec les personnages de Star Wars et nous on est R2-D2 et C-3PO. La légende indique que dans cette grande galaxie qu'est le rap game nous sommes deux compères qui traînent en marge, qui ont trouvés leur hâvre de paix... T'es pas le seul à faire cette observation. On a créé notre propre catégorie, notre univers. C'est cool parce que quand il y a confrontation, par exemple quand on est invités pour des freestyles avec Taipan, Nekfeu et d'autres il y a cet esprit de compétition, on se dit qu'on doit les fumer les mecs, et je pense qu'on peux tous les fumer si on en a envie, mais on est sur notre créneau et ça ne ressemble pas à ce que font les autres.

À l'inverse, certains n'hésitent pas à balancer à votre sujet. Tu t'en fous ?
Royalement. Ce sont des barres pour nous. Ça me fait penser à un concours de bites, c'est un truc de gentils gamins. Ça fait partie de cette culture, le clash. Les mecs dont il est question il y en a que j'écoute, dont j’achète les albums, comme Booba que je kiffe depuis que je suis minot, c'est un modèle et il ma donné envie décrire. Après, la partie clash n'est pas celle qui me passionne le plus mais ça fait parti de cet univers viril, de compet', et parfois ça vrille un peu. Avec Orel, on est pas du tout dans cet état d'esprit là, on préfère en rire. Si on se fait attaquer on ne répondra pas sauf si c'est une attaque marrante, à ce moment là on kifferait même d'écrire un morceau.



Tu n'as pas parfois l'impression d'être trop vite catalogué ?
Ouais, quand j'entends parler de nous j'ai l'impression que les mecs s’imaginent qu'il n'y a que des gamins à nos concerts, que c'est un truc un peu festif, mignon... D'autant plus que nos morceaux qui passent en radio ne sont pas les plus représentatifs de notre univers. À nos concerts il y a une majorité de gens de nos âges, peu de gamins au final et même des darons qui font les curieux. On parle surtout à une génération qui a grandi dans les années 80 et 90.

Surtout que vous avez la même démarche que NTM ou IAM à l'époque : une bande de potes qui fait du rap, la même team depuis des années avec Skread, Ablaye...
Carrément, ça suit une continuité. Le point de départ c'est notre passion pour le rap et le hip hop. Skread faisait de la danse et du beatmaking, Orel freestylait, moi je rappais, j’écrivais... Tout ça avec des références communes que ce soit en rap français ou américain, qu'il s'agisse de IAM, NTM, Saïan Supa Crew, Expression Direkt... Il y a une vraie cohérence, on a évolué les uns avec les autres, on a une histoire commune, ça favorise pas mal de choses. Le terreau était fertile pour pouvoir bosser, et puis on se connaît parfaitement, on a des choses à raconter ensemble.

Le film Comment c'est loin aborde vos vies avant de percer, et bien que ça reste une fiction vous y transposez votre vécu à Caen. L'album des Casseurs Flowters suivi de ce film c'est un point final à votre période canapé-chips ?
En effet, on tourne cette page et ce qu'on s’apprête à vivre, les nouvelles expériences, vont nous faire évoluer. On est à un carrefour, un tournant de nos vies. Arrivés à 35 ans on se pose, on ambitionne autre chose que de devenir des rappeurs connus ou de raconter nos vies de mecs sur un canapé. On aborde d'autres réalités et il va falloir un petit temps de digestion, vivre nos nouvelles histoires et les raconter sur un prochain disque. On clôt cette parenthèse sur un mode de vie qu'on a traîné pendant quinze ans mais qui n'est plus celui qu'on vit depuis deux ans.

Il y a deux ans tu parlais déjà d'un album solo qui en était à 2 %, il en est à quel pourcentage aujourd'hui ?
Ça progresse, il doit être à 4,5 [Rires]. Non mais là j'ai des maquettes et il faut surtout que je rentre à nouveau en studio. Je suis sensé attaquer ça avec Skread et il y a aussi le cinéma, dont un projet à venir qui me demande beaucoup de travail. J'ai un premier rôle en préparation et je vais partager mon temps entre ces deux activités, le rap et le ciné.

Pas trop d'appréhension pour ce premier disque tout seul ?
Pour l'instant non, il faut faire les choses et on verra à mi-chemin. Je pourrai faire un premier point quand j’aurais six ou sept maquettes. À partir de là, je verrai si j'ai un profil d’album qui se dessine ou si c'est vraiment de la merde, mais je ne me pose plus les questions que je me posais avant : est-ce que je suis légitime pour raconter ma vie ? Est-ce que ça intéresse les gens ? C’était de fausses questions. Je fais du rap, ça doit être compulsif et tu dois sortir ce que tu as sur les tripes, comme quand tu joues la comédie. Tu dois y aller franchement, il y a du bon qui sort et beaucoup de merde aussi, mais il y a toujours des moments intéressants et c'est là-dessus qu'il faut travailler.

D'ailleurs, quelles sont tes références ciné ?
Il y en a trop pour tous les énumérer... Plein de comédiens déjà : Jack Nicholson, Gary Oldman... Comme réalisateurs j'aime beaucoup Paolo Sorrentino, que ce soit This Must Be the Place, La Grande Bellezza ou récemment Youth, ce sont des films qui m'ont traumatisé, tout comme les films de Tarantino, de Michael Mann... En France, il y a Kassovitz, Marchal...

Et niveau musique actuellement ?
Je suis tombé sur un groupe qui capelle 19 Réseaux, le groupe de MHD qui fait de l'Afro Trap, mais c'est surtout Tino, un mec qui rappe avec lui et qui est trop fort. Je suis allé voir sur YouTube et il a tellement peu de vues alors que c'est un mec qui a une plume incroyable, qui fait des petits clips shootés maison avec des concepts de ouf. C'est caillera à fond mais comme à l’époque de L'Skadrille, j'aurais 19 ans aujourd’hui, j’écouterais Tino et je me dirais « c'est quoi ce ouf », ce serait devenu un modèle instantanément, j'aurais eu envie d'écrire comme lui... Il faut l'écouter, il est incroyable ce gamin.

Pour finir, c'est quoi le délire avec le film Winter Le Dauphin ? On le retrouve dans tes textes ainsi que dans votre film.
J'ai écrit une rime pour le morceau « Stupide » après être tombé sur l'affiche du film. Je voyais un dauphin avec une queue en métal, je trouvais ça absurde, et le fait que ça raconte une histoire d'amour avec un gosse... Un mélange d’éléments improbables : un dauphin, un gamin, une queue en métal... Du coup j'ai fait une métaphore de cul dessus. Orel me disait que personne n'allait la capter et en concert on a vu des gens arriver avec des affiches de Winter Le Dauphin et pas mal d'autres conneries...


Nicolas Milin est sur Twitter.