Tour de France : Lyon

De Haine Brigade à La Razzia en passant par ces putains de Nuits Sonores.

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août 29 2014, 11:15am

Parce qu'à l'époque où les supermarchés vendent des bananes en sachet individuel, il est important de renouer avec ses valeurs et ses racines, nous avons proposé à des contributeurs Noisey et des invités de nous présenter une playlist exclusivement constituée d'artistes de leur ville d'origine, dans le cadre d'une rubrique intelligemment baptisée « Tour de France ». Après Bayonne, La Rochelle, Reims et Brest, voici Lyon, présenté par MDV (alias Marre de Vivre), auteur du blog Fouslamerde / Hainehainehaine dans les glorieuses années 2000.

HAINE BRIGADE – « Mathilda »
À la fin des années 90, j'écoutais Haine Brigade dans le train pour aller faire les 3 jours, en espérant me faire réformer pour ne pas me taper ce putain de service militaire et devoir passer un an avec tous les filsdepute que la France comporte. J'étais donc plus que motivé et Haine Brigade était là pour m'aider en tant « qu'assoifé de liberté ». Malheureusement, ils n'ont rien pu faire pour moi et j'ai fini objecteur de conscience. Même si Haine Brigade a échoué, ce groupe garde une bonne place dans mon top punk français. De bonne paroles, une musique efficace et surtout, pour l'époque, aucune influence zavatta et le cirque habituel « vive la musique alternative de France ».

PARIAPUNK - « Déception »
Le top du punk rock. Ils ne savaient pas jouer, tu sens la spontanéité qui sort des enceintes, les paroles sont tristes et froides. Si le chanteur ou la chanteuse s'etaient suicidés je pense qu'ils auraient fait de l'ombre à Joy Division, et tous les bouffons de France arboreraient fièrement tel un blason un T-shirt Pariapunk acheté chez H&M. Je vois déja le T-shirt avec les paroles derrière : « l'humanité nous a baisé ». En fait je raconte des conneries, Joy Division était un groupe aussi subversif qu'une chanson d'Hélène Rollès, et tous ces connards qui se prennent pour des rebelles avec leur T-shirt Joy Division et leur coupe de cheveux de branchouilles devraient finir dans un duvet Queshua en train de pendouiller à une poutre pendant que des lecteurs de GQ les frappent avec leur sac à main pour homme jusqu'à ce que le sang coule.

LANTERNE ROUGE - « Unis Pour la Vie »
Malgré leur réputation un peu tendancieuse de type « bleu blanc rouge », j'aime bien cette chanson. Les paroles auraient pu finir sur un disque de Youth Of Today et j'aurais kiffé la vibe avec un marteau dans la main pour nettoyer la rue de toute la pourriture qui y traîne. En version française, c'est plus joyeux et ça donne juste envie d'aller voir tous ses amis pour être unis pour la vie.

LOST BOYS
Je reviens dans les années 2000 pour trouver le seul groupe hardcore intérressant de Lyon. Ils ont fait quasiment toutes les premieres parties des bons groupes qui ont joué sur Lyon, donc c'est impossible de ne pas les avoir vus plusieurs fois sur scène. Leur set était toujours efficace et heureusement, ils ont eu le bon goût de se séparer avant que leur influence surf music finisse par trop éclipser le noyau dur de leurs chansons.

BLUE BUTCHER CLUB - « Sail On Cortes »
Je déteste le blues. J'ai jamais compris le concept de pleurnicher dans un micro. Si tu es triste, tu vas consommer. Tout le monde le fait et ça fonctionne plutôt bien. Celui qui était triste le jour où il a acheté son iPhone n'existe pas. Donc au lieu de nous saouler parce que tu es tristounet, ne fais surtout pas un groupe de blues pour partager ta mélancolie, va plutôt au Starbucks avec un ami « unis pour la vie » et enchaîne avec une virée shopping chez H&M pour acheter un T-shirt Joy Division, on gagnera tous du temps. Bon, si vous kiffez quand même le blues, écoutez ce groupe, c'est un bon srab à moi qui chante.

LE PEUPLE DE L'HERBE - « Blunted »
Déjà, rien que le nom tu t'imagines des ados qui puent la merde avec un cerveau encore plus pourri que la merde qu'ils fument... Ensuite, la musique eh ben c'est fidèle au nom du groupe, musique pour dégénérés qui passent leurs week-ends dans la boue avec leurs congénères à prendre de la drogue et à bouger bêtement leurs têtes collées à des enceintes de type puissantes. Entendu que fumer des joints est le truc le plus honteux du monde mais quand, en plus, tu en es fier et que tu fais un groupe avec un nom « subversif » engagé contre les neurones, je pense que tu mérites juste d'être privé de sortie pendant un mois.

LA RAZZIA - « The Place To Be »
Le tube qui a fait le plus de promotion pour Lyon. Les images se passent de commentaires. Tout est parfait jusqu'à la fin en pantacourt sur le gazon du stade de l'Olympique Lyonnais.


LES NUITS SONORES
Je ne pouvais pas parler de Lyon sans citer ces putains de Nuits Sonores, qui me font chier depuis déjà trop longtemps. Chaque année c'est pareil pendant cinq jours, Lyon est envahie par des putain de bourgeois blancs polo col relevé, car shoes de merde et par les zavattas aux pieds sales qui adorent les drogues synthétiques et qui arborent fièrement tel un blason des T-shirts subversifs engagés contre le pain a l'envers sur la table de type imprimé feuille de cannabis ou bien TV cassée. Bref, je ne sais pas lesquels des deux je déteste le plus mais malheureusement, j'ai dû tous les subir.

Rendez-vous un soir de Nuits Sonores pour voir un pote de longue date venu sur lyon pour cet évènement « festif » dans le quartier de la Croix Rousse, haut lieu de résistance contre le shampoing ou tout produit de type hygiénique. Et c'était juste le cafard. Que des putain de babz tous plus avinés les uns que les autres, tous avec leur attitude de filsdepute de France qui croit changer la face du monde à l'aide de vieilles tatanes Queshua crottées, de résine de cannabis et de tous types d'alcool. Encore une soirée où mon taux de haine était au plus haut. J'ai dû partir rapidement pour éviter une grosse dépression ou un séjour en prison.

Ma seconde expérience des Nuits Sonores, c'était pour rejoindre ma meuf à une soirée de bourgeois blancs en guerre contre les vélos à roue libre et les pantalons qui touchent les chaussures. Ma meuf me dit : « rejoins-moi, je veux pas rentrer toute seule la nuit, tu arrives et on part direct ». Malheureusement, c'était un traquenard et j'ai dû attendre au moins 45 minutes dans cette merde avant qu'on parte. Expérience très dure, je crois avoir même passé le stade de la haine pure et avoir entamé la phase tristesse profonde en voyant tous ces « humains » être aussi cons et lever leur verre de champagne dès que le DJ lançait un son subversif engagé contre les pauvres dans le métro.

Maintenant, je ne me fais plus avoir, je reste cloîtré chez moi toute la durée de ces putain de Nuit Sonores mais au moins, ça m'évite une grosse dépression et j'en profite pour mater tous les épisodes de Game Of Thrones comme tous ces filsdepute férus de merdes féériques qui trouvent du plaisir à voir des lutins et des farfadets déambuler dans une forêt.

MDV n'a jamais été fan de Samiam comme tout bon Lyonnais lambda, pour cause il est grenoblois à l'origine et est également connu sous le pseudonyme hainehainehaine, jadis blogueur courageux et auteur d'un album folk engagé sorti en 2008 dont voici le titre phare : « Beauf de France ».


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