Le soir où Victor Lanoux s'est fait vider du Palace

En 1980, papa Lanoux est à la recherche de sa fille et agresse le DJ de la mythique discothèque parisienne lors d'une scène d'anthologie signée Jean-Marie Poiré.

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04 mai 2017, 11:28am


Nous sommes en 1979, Fabrice Emaer a la main mise sur la nightlife parisienne avec ses établissements : le Sept, le Palace (créé après un voyage à New York sur le modèle du Studio 54), et bientôt le Privilège. Tout le monde connaît la légende. De son côté, Jean-Marie Poiré débute sa carrière derrière la caméra, et après un premier film fémiministe, Les Petits câlins, il signe une comédie semi-policière (produite par son père et mise en musique par William Sheller) intitulée Retour en force dans laquelle un ancient truand à la ramasse sort de prison et découvre que son fils vole des mobylettes et que sa fille passe sa vie en boîte de nuit. Fidèle au titre, Lanoux se rend donc au Palace pour montrer à la belle Eva Harling qui-c'est-qui-commande dans un passage obligé du cinéma français de l'époque : le vieux con largué face aux loisirs des jeunes, option « le populo chez les branchés ». Après avoir chopé le DJ par le colbac et passé une sublime annonce au micro (« je demande Odile à la cabine du disquaiiire, de la part de son pèèère »), terreur de tout jeune sortant sans la permission de ses parents, Lanoux se fera jeter salement entre deux bagnoles rue du Faubourg Montmartre. La scène se clôturant sur un incroyable « joue-nous l'étonnement Victor » tout en moustache.

Contrairement à Michel Galabru (son mythique T-shirt Suicide et ses pas du tout mythiques essais sur 45 tours), et mis à part une performance jouissive au clavier dans La Smala, Victor « sexy bedaine » Lanoux se tiendra à l'écart des sphères musicales. C'est aussi bien comme ça. Après avoir été le magnifique Bouly d'Un Eléphant ça trompe énormément, et joué le flic dans les années 80 (quand on a la tête de l'emploi, hein), le dernier rôle marquant de Lanoux sera l'ancêtre abstentionniste des Démons de Jésus. Après ça, il enfilera le gilet de Louis la Brocante pour la télévision, mais là, on s'écarte clairement des néons du Palace. Visez sans plus attendre cette performance juste en dessous et posez un genou à terre pour saluer l'acteur qui nous a quitté hier, du haut de ses 80 piges :


Rod Glacial collectionne toutes les scènes de club du cinéma français. Il est sur Twitter.