Une histoire orale de « Première Classe », compilation rap de première main

Il y a vingt ans sortait « Première Classe », pont d'or entre le rap français des années 90 et celui, plus sinueux, qui allait suivre. Et préfigurait un rap français qui en aurait fini avec les crews et les castes.

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25 mars 2019, 8:58am

Toutes les photos sont fournies par Patou © Because

De l'avis de tous, 1998 a été une année magique pour le rap français. C'était l'époque de Si Dieu veut de la Fonky Family, des premiers projets de Busta Flex et 113, du dernier véritable album de NTM, d'œuvres-fleuves comme Opéra Puccino, Le combat continue ou Quelques gouttes suffisent. C'est aussi l'année d'un single, culte, qui montrait que les croisements entre les départements, les attitudes et les styles étaient possibles : « On fait les choses », enregistré par Mystik, Pit Baccardi, Rohff et Jacky et Ben-J des Nèg' Marrons.

À la base, ça ne devait être qu’un maxi, accompagné par une face B intéressante (« Si les lyrics » d’Hamed Daye, Hi-Fi et les 2Bal). Mais les instigateurs de ce projet (Jacky et Ben-J, Pit Baccardi, Patou et Stéphane Jiggy, aujourd’hui responsable du pôle urbain chez Because) ont vite eu envie de renouveler l’expérience. Alors ils ont convoqué Le Rat Luciano, Lino et Don Choa, ont vendu les maxis d’« Atmosphère suspecte » à Châtelet et ont fini par se lancer officiellement dans l’enregistrement d’une compilation où des dizaines de rappeurs se croiseraient, qu’importent leur ville d’origine ou leur notoriété. En 1999, Les Sessions Première classe vol.1 réunit ainsi le gratin du rap français des années 1990 (Akhenaton, Kery James, Oxmo Puccino, Passi…), ceux qui feront la décennie suivante (113, Rocé, Sniper, L’Skadrille), et impose une idée : celle d’un rap français qui en aurait fini avec les crews, les castes et qui se réunirait pour le simple plaisir de la performance. Vingt ans plus tard, ceux qui ont fait la compilation en racontent les coulisses.

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Patou : À la fin des années 1990, Jacky, Ben-J, Stéphane, Pit Baccardi et moi, on se réunissait souvent chez l’un ou chez l’autre. À l’Africaine, on imaginait le futur. Jusqu’au jour où l’un de nous a dit : « Tu imagines si le Rat Luciano et Lino faisaient un morceau ensemble ? ». Le principe de Première classe est parti de là. On s’est dit que l’émulation entre de tels artistes donnerait quelque chose de grand.

Stéphane Jiggy : Perso, je suis un ami d’enfance des Nèg’ Marrons et je connaissais Patou depuis un bout de temps. Jacky et Ben-J venaient de sortir leur premier album avec notamment « La monnaie », qui avait reçu un bel accueil et avait permis au groupe de se faire une place au sein de l’industrie. Quant à Pit Baccardi, il venait de nous rejoindre et avait déjà posé sur Liaisons dangereuses de Doc Gynéco, un album où il y avait déjà beaucoup de croisements entre les rappeurs. L’idée de Première classe, c’était de pousser ce délire encore plus loin : à une époque où le rap français était très compartimenté selon plusieurs crews, nous, on voulait encourager le mélange, faire en sorte que des rappeurs qui ne se connaissent pas se côtoient le temps d’un morceau.

Pit Baccardi : Les mecs avaient une mentalité très 9-5, ils étaient assez chauvins. Moi, je venais de chez Time Bomb et ai amené une énergie plus ouverte, très New York finalement, à l’image de ce que faisait le Wu-Tang à l’époque. À force de discuter, les mentalités ont fini par s’ouvrir et on a décidé de mélanger tous les univers.

Stéphane Jiggy : Patou et moi n’étions pas des artistes, mais le fait d’être affilié au Secteur Ä, d’avoir un beatmaker-maison comme Djimi Finger et d’être aux côtés des Nèg’ Marrons, qui jouissaient alors d’une belle notoriété, ça nous a permis de faire appel à pas mal de monde. Aussi bien chez les rappeurs que chez les producteurs : on avait quand même Pone, DJ Mars, DJ Mehdi, Djimi Finger et Tefa sur cette compilation.

Pit Baccardi : Forcément, ça demandait un certain budget, mais celui-ci n’a pas été trop compliqué à réunir. Les Nèg’Marrons étaient en plein succès, on bénéficiait de l’énergie et de l’expertise du Secteur Ä, et on avait de très bons contacts chez Hostile et Virgin, deux labels qui ont très vite été rassurés par le concept novateur de la compilation et par les noms qu’on leur annonçait au casting.

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Stéphane Jiggy : Ça ne nous a pas empêché d’avoir plusieurs moments de galère. On était très exigeant sur les combinaisons, donc je ne peux même pas te dire le nombre de nuits que l’on a passé à discuter et à s’engueuler avant de se mettre d’accord sur un tracklisting… Un tracklisting qu’il fallait parfois changer, parce que certains rappeurs ne voulaient travailler avec d’autres ou tout simplement parce qu’on ne savait parfois pas avec qui associer certains MC’s. C’était le cas, par exemple, de Doc Gynéco, qui n’est finalement pas sur la compilation.

Patou : Ça été une grosse prise de tête de choisir 51 artistes, mais les réunir a été facile finalement. On n’a eu qu’un seul refus : celui de IV My People. Busta Flex était venu poser un couplet, mais le label n’a pas donné l’autorisation.

Stéphane Jiggy : Il faut dire que le Secteur Ä et le clan NTM n’entretenaient pas d’excellentes relations. Ça remontait à l’époque de NTM et du Ministère A.M.E.R. Kool Shen et JoeyStarr incarnaient un rap très bobo, très parisien, très soirée mode, tandis que Passi et les autres venaient de Sarcelles et étaient boycottés aussi bien par les organisateurs de concerts que par les radios. C’était deux mondes, deux attitudes, deux esthétiques que tout opposé. Et malheureusement, ça s’est poursuivi avec le temps. Il y avait des histoires de bagarre, notamment entre les Nèg’ Marrons et Nuttea, qui était très proche de NTM à la fin des années 1990.

Pit Baccardi : On avait pensé à Booba également, mais il était en prison à ce moment-là. Du coup, Ali, qui était chaud à la base, s’est montré solidaire envers lui et n’a pas voulu poser sur la compilation. On avait déjà un casting magnifique, mais leur présence aurait rendu le projet extraordinaire.

Patou : Au final, il y a eu d’autres changements de dernière minute. Comme lorsque DJ Mehdi n’a pas pu assurer la prod d’« Atmosphère suspecte » ou lorsque Kery James, qui devait être sur « On fait les choses » à la base, s’est désisté. Heureusement, il nous a conseillé un de ses potes, un de ses soldats comme il disait. C’était Rohff. Comme on l’avait déjà entendu sur Guet-apens de Weedy et Le T.I.N. en 1996, on savait de quoi il était capable. On a dit à Kery de l’inviter et tout s’est mis place.

Pit Baccardi : À la base, c’est Black Mozart de Ménage À Trois qui devait faire l’instru d’ « On fait les choses ». Ce qu’il nous proposait était vraiment bon, mais ça ne correspondait pas à ce que l’on recherchait. On a donc demandé à Djimi Finger de venir nous aider. Il a débarqué, à balancer ce qu’il venait de composer et on s’est tous levé tellement c’était bon. C’est de là d’où vient le surnom « heureusement il y a Fingus », dans le sens où il arrivait toujours à nous régaler avec des instrus toutes chaudes, préparées à la dernière minute. Ensuite, Mystik, Jacky et Ben-J ont donné la dynamique du morceau, Mystik a posé le premier couplet en une prise, très spontanément, et ça nous a incité à maintenir le niveau. On a été porté par la vibe du studio.

Stéphane Jiggy : Lorsque sort le maxi d'« On fait les choses », avec « Si les lyrics » d'Hamed Daye, Hi-Fi et 2Bal en face B, on n'était pas encore dans une logique de compilation. Ce n'est qu'au moment de faire « Atmosphère suspecte » avec Lino et le Rat Luciano que l'on rentre dans cette optique. Et, pour tout dire, c’était plus un fantasme qu’autre chose à la base : selon nous, Lino était le meilleur, donc on voulait le confronter à ce qu’il se faisait de mieux à l’époque. Étant donné que la Fonky Family respectait beaucoup Ärsenik, ça nous paraissait évident d’inviter Le Rat Luciano.

Patou : « Atmosphère suspecte », c’est un duo entre Le Rat Luciano et Lino à la base. J’étais avec Pone au KFC de Chatelet et on se disait que ce serait excellent de les réunir. À l’époque, tout le monde parlait d’eux, ils étaient dans la lumière. Le problème, c’est que ce morceau a été enregistré la nuit, la FF venait d’arriver de Marseille et, pour tout dire, l’ambiance était assez festive. Ça buvait et fumait beaucoup… Si bien que l’on a pris pas mal de retard, que les gars commençaient à fatiguer et que nous, on n’avait pas forcément le budget pour faire revenir tout le monde en studio le lendemain. Don Choa s’est alors manifesté, a posé un troisième couplet, tandis que DJ Poska est venu assurer les scratchs sur le refrain. Ça a nous a sauvé.

DJ Poska : À l’époque, je faisais pas mal de choses avec Time Bomb, j’avais même assuré la tournée de Pit Baccardi. Du coup, je connaissais déjà Lord Issa, Jacky et toutes les autres personnes à l’origine du projet. Lorsqu’ils m’ont appelé pour assurer le refrain d’« Atmosphère suspecte », l’enregistrement était déjà fini. Don Choa venait de poser son couplet, allongé au sol, ce qui avait donné une certaine vibe au morceau. Le problème, c’est que l’ingé son, à cause d’un vulgaire effet, a foiré le mixage du refrain. On n’entend pas les cuts comme on aurait dû sur ce titre. Toutes ces heures passées à trouver les bonnes phrases, il les avait sacrifiées avec un simplet effet.

Pit Baccardi : Première classe, ça m’a permis de me mettre en avant et d’annoncer mon premier album, qui allait paraître quatre mois plus tard. J’étais un artiste Première classe, donc la compilation me servait de tribune. C’est pour ça que j’ai trois titres, dont un solo. Il y a « On fait les choses », un des premiers singles de rap street en France, « L’art de la guerre », qui m’a permis d’être approuvé par des gars comme Akhenaton et Lino, et « Compte avec moi », un titre que j’ai réalisé moins spontanément que les autres. J’étais seul sur ce morceau, donc j’ai pu l’écrire chez moi, m’entrainer, prendre mon temps, recommencer s’il le fallait.

Stéphane Jiggy : Pit, c’était notre challenger. Il fallait l’opposer aux plus grands. C’est pour ça qu’on l’a mis sur un morceau aux côtés d’Akhenaton et Ärsenik.

Patou : C’était loin d’être évident pour Pit. Akh et Lino étaient en feu à ce moment-là. Je me souviens même d’Akh dire à propos de Lino : « C’est incroyable, il pourrait lancer un nouveau concept de morceau à chaque phase ».

Pit Baccardi : Pour « L’art de la guerre », je chiais dans mon froc. À l’époque, j’avais un problème de confiance en moi et les gars me disaient que je n’avais pas le choix : si je voulais être numéro un, il fallait que je me confronte aux meilleurs. Le problème, c’est que ça m’a bloqué au début. Déjà, Akhenaton, qui était arrivé la veille dans la soirée, a débarqué au studio à 9h30, soit trente minutes avant le rendez-vous. Et il avait déjà un couplet. Tu imagines le professionnalisme du gars… Là, en studio, je le vois écrire un deuxième couplet alors que moi je galère à trouver une bonne phase… Bref, c’est la merde. Et quand Lino arrive, toujours bien en retard, vers 14h, il a cette confiance, ce charisme et cette nonchalance qui impressionnent. Surtout, son couplet est très lourd également. Je me dis alors : ne va pas sur le domaine des punchlines, ils sont trop bons à ce jeu-là, axe ton couplet sur la performance et l’exercice de style. De là, je trouve tout un tas d’onomatopées et je marque ma différence.

Stéphane Jiggy : Le seul problème, de « L’art de la guerre », c’était le clip. On était parti le tourner à Londres, on avait une bonne idée, inspiré du film Les guerriers de la nuit, mais le réalisateur n’a pas bien mis en scène le projet initial. En plus, c’est « Animalement vôtre » qui tournait en radio et qui semblait séduire le public... On s’était trompé sur toute la ligne et on n’avait pas le budget pour faire un nouveau clip. Heureusement, celui de « On fait les choses » fonctionnait plutôt bien. Pourtant, à la base, Rohff refusait de se mettre en costard. Il n’en avait jamais mis et voulait rester en survêtement. On a dû lui expliquer que ce serait plus classe étant donné que les autres artistes étaient en costard également.

Patou : « Animalement vôtre », c’est presque un morceau inespéré. Il y a quand même Kery James, Shurik’n, Rocca et Hamed Daye sur ce titre, soit la réunion d’Ideal J, d’IAM, de La Cliqua et du Ministère A.M.E.R, tu imagines ? Mais c’était notre ambition : on voulait un titre de lyricistes. On avait envie de s’amuser à travers cette compilation. C’est pour ça aussi qu’on a fait collaborer Oxmo et Passi sur « Black December », pour que le premier se confronte à un gars qui vendait beaucoup et pour que le second aille sur un terrain plus rap. C’est pour ça aussi qu’on a invité tout un tas de jeunes rappeurs : Casey, L’Skadrille, 113, Rocé ou Sniper, que je connaissais via mon cousin de Deuil-la-Barre avec qui Aketo trainait beaucoup.

Rocé : Ils avaient fait appel à Olivier Rosset de chez Chronowax. Ils cherchaient des rappeurs, donc ils lui ont demandé conseil. Ils ont écouté plusieurs MC’s, dont moi, et ça a matché. C’était une époque où l’on était souvent invité à participer à diverses mixtapes, donc on était plus ou moins habitué à être sollicité sur des projets atypiques. Première classe en faisait partie, même si me faire enregistrer un morceau avec les gars du 113 sur une production de DJ Mehdi était assez évident finalement, dans le sens où je trainais avec Different Teep depuis 1996 et où j’étais la première signature d’Espionnage, le label fondé par DJ Mehdi et Manu Key. Le jour de l’enregistrement de « La vérité blesse », je suis donc arrivé avec mon couplet, ai retouché quelques lignes et ai posé le tout assez rapidement. Ça été une bonne vitrine pour moi : je bossais sur mon premier album à l’époque et 113 était sous le feu des projecteurs, ça a permis à beaucoup de gens de me découvrir. C’est pour ça, d’ailleurs, que je reprends une phase de ce couplet sur l’intro de mon album Gunz N’Rocé.

Stéphane Jiggy : On pourrait penser qu’il a fallu gérer les égos, mais tout le monde venait avec joie. Par exemple, on devait être au moins quarante en studio pendant l’enregistrement d’« Atmosphère suspecte ». Tout le monde voulait voir AKH, c’était le padre à l’époque. Et ça, cette marque de respect, ça a cimenté quelque chose de positif entre tous ces mecs. Ils savaient pourquoi ils étaient présents et des connexions sont nées à ce moment-là. Ce n’est pas pour rien, finalement, si tu retrouves Rohff, Kery James, AKH et DJ Mehdi sur le premier album de Pit Baccardi quatre mois plus tard…

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Pit Baccardi : C’était l’esprit de l’époque. On n’était pas encore dans l’individualisation. La logique du projet faisait que tout le monde se respectait. Les mecs avaient compris l’enjeu d’une telle compilation, donc on avançait tous dans le même sens. Si tu écoutes « Animalement vôtre » ou « Black December », ce sont de vrais moments de rap, c’est une intellectualisation de notre musique. La compilation a cartonné, mais elle n’était pas commerciale, ni accessible. On a fait fonctionner les méninges des auditeurs avec de tels morceaux.

DJ Poska : L’ambiance en studio faisait extrêmement plaisir à voir. C’est fou comment les gars parvenaient à manager en même temps le côté business et le côté artistique. De la paperasse au studio, en passant par la promo, tout était carré, réglo, professionnel. Ça a incité les artistes à participer, ils sentaient la qualité du projet.

Patou : Non seulement, Première classe a été enregistrée dans de bonnes conditions, entre le studio La Seine et le studio Black Door dans le 9 ème arrondissement, vers Saint-Lazare. Mais elle a également été masterisée à New York, dans le même studio que Wyclef Jean, et produite avec des moyens. Par exemple, on avait fait le choix de payer les artistes, ce qui n’était pas courant à l’époque sur ce type de compilation. Ce n’était pas grand-chose, environ 1000 francs plus les royalties, mais les artistes appréciaient l’effort. D’autant qu’on a fini par envoyer à chacun d’entre eux un Disque d’Or. C’était une façon de les remercier.

Rocé : C’est toute la beauté de l’époque : on faisait confiance à la performance, et pas seulement au buzz ou à la notoriété.

Patou : On voulait faire un top produit, donc a fait appel aux meilleurs producteurs, aux meilleurs rappeurs et aux meilleurs techniciens. En gros, si tu n’étais pas appelé, c’est que tu n’étais pas à la hauteur. Surtout, on s’entourait de gars avec qui on avait de bons rapports humains et qui semblaient dédier leur vie au rap. Sniper, par exemple, n’était pas du tout connu à l’époque. Mais ils n’avaient qu’une ambition : délivrer des bêtes de morceau, parvenir à être au même niveau que les autres. Ils avaient envie d’exceller.

Pit Baccardi : Première classe, c’était un mouvement des artistes des années 1990/2000. Il y avait des gros noms, mais il y avait aussi tout un tas de mecs qui allaient faire l’actualité jusqu’à la fin des années 2000 : 113, Rohff, Sniper, etc. Bien sûr, à l’époque, on ne pouvait pas mesurer l’impact d’une telle compilation, mais on savait qu’on tenait là quelque chose d’énorme.

Stéhane Jiggy : Dès lors, faire une deuxième compilation était une évidence. On était d’abord parti sur l’idée de clashs, mais tout le monde n’était pas à l’aise avec ça. Donc on est parti sur l’idée de créer des oppositions de styles, d’envisager le rap comme un sport – une idée très chère à Lino. D’où la présence de face à face entre Disiz et Busta Flex, entre Rohff et Lino, entre Pit Baccardi et Rim’k…

Pit Baccardi : Vers 2004 ou 2005, avec Oumar Samaké, on avait commencé à travailler sur un troisième volume. Kery James, Sefyu et Lino avaient même enregistré un titre ensemble. Il était complétement fou. Malheureusement, la suite a été plus compliquée à mettre en place, et l’idée est tombée à l’eau. C’est dommage parce que Kery James s’était un temps retiré du rap, donc c’était presque un exploit de pouvoir compter sur lui.

Patou : Première classe, finalement, c’est quelque chose de très générationnel. On n’est plus du tout dans ce délire aujourd’hui. À l’époque, les rappeurs partageaient les mêmes scènes, ils faisaient partie de tout un tas de collectifs. Aujourd’hui, l’émulation est différente. Je ne suis pas sûr que les mecs aient encore envie de se mélanger…

Stéphane Jiggy : Les compilations se sont perdues pendant un temps, mais j’ai l’impression qu’on y revient un peu. Sofiane, par exemple, m’a clairement dit que 93 Empire était un clin d’œil à Première classe. À croire que l’on reste une référence, un peu comme Rapattitude et la BO de La Haine.

Maxime Delcourt est sur Noisey.

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