Le journaliste et musicien Fred Hanak est décédé

Membre du groupe dDamage, spécialiste du hip-hop US et contributeur de Noisey de longue date, il avait notamment co-signé le livre « Combat Rap » avec le journaliste Thomas Blondeau.

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sept. 10 2018, 4:28pm

Fred Hanak, à gauche, avec son frère JB Hanak, avec lequel il formait dDamage. 

Ce week-end, on a appris la mort du musicien et journaliste Fred Hanak. Membre avec son frère JB du duo dDamage, co-auteur de deux livres sur le hip-hop, Combat Rap, avec le journaliste Thomas Blondeau, il était connu pour avoir contribué aux magazines Radikal ou Chronic'art. Contributeur également de longue date de Noisey, il avait nombre de projets d'articles en cours, dont un guide du rap de Memphis, qu'on imagine à l'image de sa personnalité : entier et débordant, d'une drôlerie, d'une précision et d'une bienveillance extrêmes.

À la fois passeur et acteur, il faisait partie de ces gens qui incarnent la musique de manière instinctive d'une main, tout en la théorisant de l'autre. Aussi à son aise chez Audimat que chez Gallimard (chez qui il avait officié comme traducteur), il distillait tout autant de mixtapes (notamment celle sur Prodigy de Mobb Deep) que de fulgurances sur le rap en général. Avec dDamage, ce mélange des genres et d'intentions l'avait fait atterrir chez les déconstructivistes anglais de Planet MU, mais aussi chez les Français de Clapping Music. Signe de cette ouverture d'esprit et du respect qu'ils inspiraient, les deux frères avaient aussi bien collaboré avec MF Doom, le Jon Spencer Blues Explosion ou encore Young Jeezy.

En relisant les textes de Fred Hanak (notamment un papier sur le rappeur allemand Luciano plein de fascination pour ses particularismes linguistiques), on se rend compte que la précision de la langue (il n'était pas terminologue de formation pour rien) n'était là que pour former un terreau idéal du débordement et du délire. Un peu à l'image de l'interview vidéo du roi Heenok réalisée avec son frère JB Hanak en 2013, dont la drôlerie et l'absurdité masquent à peine une infinie tendresse pour son sujet.