Range Tes Disques : Burning Heads

On a demandé aux Jean-Pierre Mocky du punk rock de classer leurs disques, du moins bon au meilleur.

par Braddy
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juin 26 2015, 11:45am



Range Tes Disques est une rubrique dans laquelle nous demandons à un groupe ou un artiste de classer ses disques par ordre de préférence. Après Korn, Slipknot, Lagwagon, Hot Chip, Manic Street Preachers et Primus, on passe aujourd'hui aux increvables Burning Heads qui reviennent au grand complet sur 25 ans de carrière et 16 albums, de celui qu'ils trouvent le moins bon à celui qu'ils considèrent comme le meilleur.

16. BAD TIME FOR HUMAN KIND (2006)

Sans être votre meilleur album, Bad Time For Human Kind est l'un de vos disques les plus énervés.
Jyb (basse) : Il est effectivement bien énervé.

Thomas (batterie/chant) : Sur cet album-là, il y a tout de même « A Whole Life » qui est vraiment différente du reste de l'album. Certaines personnes nous ont d'ailleurs demandé de qui on la reprenait !

Elle aurait pu effectivement être sur Taranto. Cet album est aussi votre première vraie sortie sur Opposite, votre label.
Pierre (chant/guitare) : Sur notre propre label, personne n'allait nous casser les couilles pour quoi que ce soit : on pouvait sortir une pochette crade, couleur merde avec des mouches dessus.

Jyb : C'est là que le DIY prend tout son sens. On se retrouvait sans label, on n'avait pas le choix. Après toutes ces années à être entourés, on se retrouvait seuls. On ne pouvait plus compter que sur nous-mêmes.

Pierre : On est un peu les Jean-Pierre Mocky du punk rock.

Mikis (guitare) : On a sûrement pris la décision de monter notre label en réaction à tous ces gens qui nous ont traités de vendus quand on était sur Epitaph ou sur une major. Là, on a tout fait nous-mêmes. C'était un bon moyen de les envoyer chier.

Pierre : Mais même chez les petits labels, il y avait des têtes de con de businessmen. A contrario, chez Yelen notre précédent label, dans la tour Sony qui pouvait ressemblait à un gros étron, il y avait Patricia Bonnetaud, quelqu'un d'exceptionnel. Après Yelen, il a fallu qu'on se retrouve seuls pour des gens reviennent à nouveau vers nous pour nous filer un coup de main.

Jyb : Tout le tissu que l'on avait développé à travers l'Europe s'est trouvé cassé avec Sony. On était prisonniers : on n'avait plus de distribution et donc moins de concerts. Il a fallu tout reprendre à zéro.

15. SUPER MODERN WORLD (1996)

Vous le placez en queue de classement et pourtant j'aurais tendance à dire que c'est l'un des trois meilleurs.
Thomas : C'est peut-être parce qu'on commençait à prendre un peu plus d'assurance et qu'on était plus sûr de ce qu'on voulait amener. Sur ce coup-là, après deux albums, on s'est dit qu'on allait s'autoriser d'autres choses. À l'époque, on écoutait de la jungle, de la musique électronique, on allait en rave, on prenait plein de drogues, on voulait s'essayer au reggae, on travaillait avec des Français (Fred Norguet et Jacques Garnavault) après avoir fait venir deux Américains… On s'est dit qu'on voulait montrer aux gens que l'univers musical des Burning ne se cantonnait pas qu'au punk-rock. L'esprit qu'on aime dans le punk se retrouvait aussi dans d'autres styles de musique. On a tout piqué à The Ruts par exemple, qui ont toujours tout mélangé !

Pierre : Comme eux, on avait le côté sale gosse, on voulait faire ce dont on avait envie.

Super Modern World est l'un de vos albums les plus engagés. En tout cas, le premier qu'on puisse qualifier comme tel.
Thomas : Quand tu commences, tu es toujours un peu maladroit. Petit à petit, tu te cadres, tu es un peu plus habile et tu arrives à mettre des idées sur papier. Et tu es plus vieux.

Pierre : Tous nos albums sont des expérimentations, issus d'une série d'échecs que nous ne voulons pas reproduire la fois d'après. C'était effectivement la première fois où les textes s'engageaient plus. Mais les autres ne l'étaient pas moins.

14. WEIGHTLESS HITS (1997)

Jyb : Cette compile permettait aux gens qui ne suivaient pas Burning Heads depuis le début d'avoir tous nos vieux morceaux sur un seul disque, sans avoir à dépenser une fortune pour nos premières productions

J'ai toujours vu la fin des années 1990 en France comme une sorte d'âge d'or avec pas mal de groupes (Portobello Bones, les Thugs, Seven Hate, Drive Blind…), de salles de concert, de fanzines (Kérosène, Violence)...
Jyb : C'est paradoxal, parce qu'il ne se passait pas grand chose à l'époque. Le grand nombre de fanzines, gros comme petits, se récupéraient très facilement aux concerts et te montraient ce qu'il se passait. Ces mecs étaient passionnés : ils ne montaient pas sur scène, mais ils voulaient parler de ce qu'il s'y passait. Aujourd'hui, il faut que tu ailles toi-même les chercher chez toi tout seul, sur ton ordi, c'est beaucoup plus dur quand tu n'as pas de ligne conductrice. Il y a beaucoup plus de groupes, beaucoup plus de fanzines et tout se noie dans la masse.

Pierre : Et de leur côté, les Américains étaient très sceptiques sur le fait de tourner en France. Ça a mis beaucoup de temps.

13. SPREAD THE FIRE (2009)

Vous vous servez du disque comme moyen d'exister alors que le vrai but, c'est la tournée et le concert. Est-ce parfois au détriment de la qualité de composition ?
Pierre : Ce qu'on se dit, c'est qu'avant de repartir en tournée, il faut un peu de frais, du nouveau.

Jyb : Si on ne se sent pas capable d'enregistrer des morceaux, on ne le fait pas. C'est pour ça que classer nos albums est très difficile ! On veut à chaque fois donner des couleurs différentes à nos albums. Hear This est un album très street punk anglais par exemple.

Pierre : Pour ce qui est de Spread the Fire, il va peut-être un peu trop vite. Il y a des morceaux quasiment inchantables sur scène à cause du débit, « Fear Questions And Doubt » par exemple. Super bien, mais infaisable en live. Tu la joues un soir et après tu pleures.

12. TARANTO (2002)

Plus qu'Opposite, pour moi, Taranto est votre album le plus atypique.
Thomas :
C'est notre album emo [Rires] ! On y trouve tous les morceaux qui n'avaient pas passé la sélection de notre manager quand on préparait l'enregistrement d'Escape, l'album d'avant.

Jyb : C'est le plus mélodique. Je le vois comme Super Modern World dix ans plus tard, au niveau de la diversité des morceaux, de la longueur de l'album aussi. Et nous avions un nouveau guitariste, Fonfon, avec ses influences. On reste très content de cet album, mais on ne le joue plus du tout sur scène aujourd'hui. C'est peut-être notre disque le plus « album de studio ».

Pierre : C'est le plus posé, mais pas pour autant le moins compliqué.

Et la plus jolie pochette.
Thomas : Un coucher de soleil sur le port de Taranto.

Jyb : Ce n'est pas le plus évident de trouver des pochettes d'album. On n'y pense pas en premier quand on enregistre. D'autant qu'il n'y a pas toujours quelqu'un qui nous en propose. On essaie souvent le faire nous-même aussi, dans la tradition DIY.

C'est une espèce de fin de cycle : les choses ne sont plus pareil après. Vous enchaînez avec BHASS et le label Opposite.
Jyb : Si on avait continué avec Fonfon comme guitariste, on aurait sûrement gardé le son de Taranto. Burning Heads n'aurait pas pris la forme que le groupe a aujourd'hui. Ça tient surtout au changement de personnel.

11. OPPOSITE 2 (2007)

Opposite 2 se rapprocherait beaucoup de Taranto, plus que d'Opposite premier du nom, parce qu'il y a ce côté saturé et expérimental.
Thomas : Oui, il a un côté noisy.

Mikis : On a évidemment essayé de le différencier du premier Opposite, pour ne pas refaire la même chose. Et mine de rien, ce n'est pas évident de ne pas refaire la même chose avec le reggae.

Jyb : Nos influences ont pas mal changé à cette époque. On m'a dit que certains morceaux ressemblaient à du Unsane. J'avais l'impression de jouer du reggae, moi !

Mikis : C'est pour ça qu'on l'appelle Opposite. Ce serait réducteur de dire que c'est un album reggae. La couleur n'est vraiment pas la même que celle du premier, mais il porte tout de même le nom Opposite. On aurait pu faire ces deux projets-là en changeant le nom du groupe, aussi. Ça aurait été peut-être plus simple commercialement parlant de le faire dans ce sens.

Jyb : Notre dernier double album, Choose Your Trap, est dans cette veine-là. D'un côté du punk-rock, de l'autre Opposite.

10. DIVE (1994)

Votre deuxième album, sur lequel on trouve des titres comme « Reaction », que vous jouez quasiment à chaque concert !
Thomas : Avant que Fnac Music ne mette la clef sous la porte et que nous partions chez PIAS, on nous a demandé avec qui nous aurions aimé bosser. J'ai demandé Jack Endino, le type derrière les groupe que j'écoutais à l'époque (Tad, Nirvana, Coffin Break, Mudhoney), de la même manière que tu demanderais un beau camion de pompier à Noël. Le père Noël nous a apporté Jack Endino. PIAS n'a rien trouvé à redire. On l'a fait venir en France, comme Donnell Cameron avant lui pour enregistrer notre premier album. Cette fois-ci, nous avons mieux préparé les choses. Jack Endino s'est beaucoup investi sur le projet. On avait une putain de pression et des conditions studios n'étaient pas super adaptées à ce genre d'enregistrement et de musique.

Jyb : À l'époque, les studios français avaient le matos pour enregistrer notre type de musique, mais pas l'oreille. C'est pour ça qu'on faisait venir des producteurs étrangers. Même si on ne savait pas quel son on voulait avoir, on savait qu'on ne voulait pas sonner comme le rock alternatif du moment.

Vous aviez l'impression d'être à votre place dans la scène française ?
Pierre : Lors de nos premiers concerts, à la fin des années 80, nous jouions avec des groupes alterno. On passait pour des extra-terrestres. Le public ne comprenait pas le truc des guitares saturées, du chant en anglais...

Thomas : Petit à petit, une scène de gens qui apportaient quelque chose de nouveau a commencé à se démarquer de tout ça. On était contents de trouver des gens qui avaient le même état d'esprit.

Deux albums, deux producteurs américains… Quels projets vous aviez en tête à l'époque ?
Jyb :
Tourner, tourner, tourner.

Thomas : L'album, c'est une carte de visite. Un album, c'est cool, mais le but c'est de faire des concerts. Si tu t'es bien débrouillé, t'es toujours content d'écouter ton album. Mais c'est sur scène que les émotions sont les plus fortes et où il y a le plus de risques. L'album, c'est le cinéma, le live c'est le théâtre.

Dive, c'est quoi alors ?
Thomas : Du super Do it yourself. La pochette, c'est la copine de Pierre qui faisait les colliers ; le logo, c'est un mec dans un bar en Hollande qui nous l'avait fait. Dans notre logisitique interne aussi : on vivait tous dans la même maison, on y répétait, on imprimait nos T-shirts… avec une maison de disque qui nous aidait de temps en temps.

Jyb : À cette époque, nous avons fait la première partie de Down By Law dans toute l'Europe. C'était notre première grosse tournée européenne : sept semaines, une dizaine de pays différents, sans pression : les gens attendaient Down By Law, pas nous.

Thomas : Certaines fois, on leur a un peu volé la soirée ! Ils voulaient même reprendre « Swindle », qu'on rôdait sur scène à l'époque. C'est une évolution. Et, comme à chaque fois dans l'histoire des Burning, il y avait un truc, une rencontre, un projet, une nouvelle, qui arrivait avant qu'on ne se décourage.

09. BURNING HEADS (1992)

Mikis : Moi, je l'aurais mis en premier. Je ne jouais pas dans le groupe à cette époque [Mikis a rejoint le staff des Burning Heads à la fin des années 1990 et a pris la place de guitariste à partir d'Incredible Rock Machine, en 2005], j'étais comme un fou devant les concerts.

En 1992, la France est encore en pleine période alternative, qui commence seulement à péricliter. Comme vient-on à faire du punk hardcore dans une scène qui n'en fait pas du tout ?
Thomas : Nous avions des mentors plus vieux que nous à Orléans, très pointus, avec une vision internationale du rock. Ils nous donnaient réguièrement des cassettes de compilation avec des trucs de fou, récupérés via Maximum Rock'n'Roll. Nous avions le meilleur de punk américain, le meilleur du punk anglais, le meilleur du rock australien. C'était un vrai boulot de ouf. Grâce à ces gens-là, on a pu avoir une éducation musicale de qualité. On a tout de suite adhéré à cette musique mortelle. On a tous connu l'alternatif, ses concerts et ses groupes en tant que public, sans qu'on s'y retrouve spécialement. D'un seul coup, on voit cette version du punk venant des États-Unis : une évolution solide, couillue, plus rapide et vénère du punk anglais de la fin des années 1970.

Ce côté n'existait plus dans le punk français, qui utilisait des trompettes, du chant en français. Ça ne nous branchait plus. C'est pour ça et grâce à ces mentors qu'on a fait venir Donnell Cameron pour enregistrer notre premier album en 1992, un Américain qui avait bossé avec Bad Religion, avec qui on a essayé de jouer à fond la caisse. À l'époque, on n'avait pas l'impression de révolutionner la musique ni d'apporter quelque chose de nouveau, puisqu'on écoutait déjà tous ces trucs américains dans les oreilles. C'est après qu'on s'est aperçu qu'on était parmi les premiers à faire cette version française du punk américain. Au début, on était juste content de s'embarquer dans cette espère de nouveauté.

Le son est déjà sûr pour un premier album.
Thomas : On avait emprunté à la banque pour faire venir Donnell Cameron. Notre manager de l'époque regardait derrière tous les disques pour voir qui produisait. Il a été le voir aux États-Unis, au culot, dans son studio avec une cassette. On sent beaucoup les influences de l'époque : un peu de metal, Bad Brains, DRI, Bad Religion… Ce qui fait un mélange un peu chelou. Ensuite, c'est Fnac Music qui a racheté les bandes et nous a sortis. Éric Margeot et Stéphane Girard étaient à fond dans le thrash metal. Donc le punk ne leur faisait pas peur.

Les Burning Heads, c'est surtout une affaire de relations, que ce soit avec justement Éric et Stéphane chez Fnac Music, Delphine chez Epitaph, Yves chez PIAS ou Patricia Bonnetaud chez Yelen…
Pierre : Absolument. C'est comme à la banque : c'est un conseiller qui est là pour toi. S'il est là, tu fais les bons choix et tu t'en sors. Mais le jour où il y a un changement, c'est terminé. C'est ce qu'il s'est passé à chaque fois.

Il y a un tribute qui vient de sortir, sur lequel on trouve des groupes plus ou moins jeunes qui reprennent intégralement cet album. C'est dingue, non ?
Jyb :
On ne fait pas un tribute pour un groupe qui n'est pas mort !

Pierre : Ça définit exactement ce que l'on vit en ce moment et ce qu'on a toujours vécu : une reconnaissance de la scène, des orgas, des gens de ce petit univers… Mais ça s'arrête là. Les ventes de disques ne suivent pas forcément. Nous, on a été surpris que des groupes soient influencés par ce qu'on fait. Quand on apprend l'existence de groupes comme Ravi ou Escape, on est hyper contents. Le jour où il n'y aura plus les copains aux concerts, on se posera des questions.

08. HEAR THIS (2011)

Cet album sonne vraiment différemment. C'est assez déroutant.
Pierre : C'est le fameux album de la maturité ! [Rires]

Thomas : On a jamais été un groupe qui réfléchissait vraiment à ce qu'il faisait. Mais pour celui-là, on a fait l'effort. On s'est demandé à quoi ressemblaient les dernières productions : c'étaient des trucs très speed. Du coup on s'est dits qu'on pourrait revenir à nos premières amours, au punk-rock anglais, à un son un peu plus swingant et street-punk. Le cahier des charges, c'était de délaisser un peu les USA pour retrouver le groove de l'Angleterre. Je ne sais pas si on a réussi, mais ça nous a permis de redescendre certains tempos et de se poser derrière les morceaux.

C'est une réflexion de groupe qui a de l'expérience. Pourtant, quand on suit votre parcours et vos concerts partout, vous ressemblez à un tout jeune groupe qui en veut : vous jouez partout, parfois pour 20 minutes, un cachet de misère et juste le plaisir de partager la scène avec un groupe que vous aimez.
Jyb : C'est ça qui nous motive. Fun, passion, énergie. T'as envie d'y revenir. C'est comme le crack. Sinon, on arrête. On s'est toujours dit que tant qu'on a envie de monter dans le camion, on continue. On ne veux pas juste assurer un boulot.

Pierre : Le mot concert ne suffit pas, il faut quelques conditions : les potes (dans la salle, sur scène, dans l'orga), jouer dans une nouvelle salle, une nouvelle ville, un nouveau pays…

Thomas : On ne s'est jamais fixé d'impératif, en se disant que si dans cinq ans on n'était pas à tel niveau, on arrêtait. Il y a toujours eu ce petit truc, dans la vie des Burning, qui, d'un seul coup, remet tout le monde sur les rails, redonne de l'excitation à tout le monde.

Pierre : À chaque fois qu'on était au fond du trou, on a toujours eu des coups de main, des gens se transformaient en mécènes... On a une nouvelle carotte à chaque fois.

07. BE ONE WITH THE FLAMES (1998)

Signer chez Epitaph Europe, après 10 ans, c'est justement une belle carotte.
Jyb : Le fait d'être sur Eurotaph nous a un peu plus aidés à trouver des concerts à travers l'Europe, où on tournait vraiment beaucoup. C'était l'opportunité parfaite qu'on y soit à cette époque.

Thomas : Rien n'était planifié. On tournait à l'étranger, entre galères et petits succès. Signer chez Eurotaph permettait de récompenser tous les gens qui nous avaient aidé à jouer, en leur offrant une grosse logistique Epitaph pour organiser des concerts des Burning.

Pierre : À cette époque, d'autres groupes l'auraient tout autant mérité que nous. Seven Hate se l'est vu proposer, tout comme Greedy Guts, mais la maison mère a refusé.

Pourquoi vous ?
Jyb : C'est encore une fois une affaire de personne : Delphine Pourdieu. C'est elle aussi qui avait proposé les deux autres groupes. Au moment où elle avance notre nom à Epitaph, ça fait déjà un moment qu'on tourne et, grâce aux Hollandais de NRA avec qui on joue souvent, on passe régulièrement par Amsterdam, où Epitaph avait à l'époque ses bureaux européens. C'est un bel enchaînement. On ne s'est pas dit : jouons beaucoup en Hollande et Epitaph nous signera. C'est parce qu'on y a beaucoup joué qu'Epitaph nous a remarqués.

Dans une vieille interview publiée dans Kérosène en 1998, vous dites que vous arrivez « un peu après la bataille », parce que Offspring était passé par là. J'ai un peu de mal à voir ce que ça signifie, puisque vous sortez vos meilleurs albums à ce moment. C'est un constat un peu amer, non ?
Pierre : À l'époque, nous utilisions l'image d'une plage, avec une grosse vague et des types en haut qui la surfent sous les projecteurs, comme Offspring. À côté, il y a une petite crique, avec une bande de mecs et des petites vagues, qui continuent à s'amuser. On a toujours été là. On est souvent passés à côté : parce qu'on l'a pas vraiment cherché ou parce que c'était pas vraiment nous qu'on attendait…

Thomas : Certains groupes ont vraiment profité de l'explosion d'Offspring. Plus que nous. Mais on n'a jamais été jaloux.

Et à l'inverse, est-ce que ça a créé des jalousies de signer chez Epitaph ?
Pierre :
Avant même qu'on signe, une rumeur nous prêtait une embrouille avec Rancid, qu'on n'avait jamais rencontré ! Epitaph nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu'il y avait 50 rumeurs par jour sur leurs groupes. Ils nous ont raconté par exemple que des gens prétendaient que le chanteur de Bad Religion avait tué un type... On a joué dans des squats en Allemagne où le logo Epitaph sur l'affiche était rayé, arraché ou recouvert d'un « Sell out », alors qu'on y avait joué l'année d'avant !

Thomas : Il y a des ayatollahs partout. Signer quelque part crée toujours ce genre d'attitudes. Un groupe de Nancy, les Missing Links, devait signer le deal qu'on a signé chez Fnac Music, en 1992. Quand Éric Margeot de Fnac Music est tombé sur nous, il s'est dit « Wow, c'est 1000 fois mieux, on va les signer. » Donc les Missing Links nous en ont voulu. Quand on a signé chez Epitaph, on nous a plutôt félicités que traités de vendus. En tout cas, jamais en face.

Dans la même interview à Kérosène, en 1998, vous disiez déjà que vous étiez trop vieux.
Thomas : C'est parce qu'on s'est toujours fait violence. On est toujours parti à l'arrache, dans des conditions de confort pas top. Tant qu'on était fumés comme des saumons à la fin de la soirée, le contrat était rempli. Si on dormait debout, on s'en foutait. C'est quand on rentrait qu'on se demandait si on n'avait pas pris trop cher. Je viens d'avoir 50 ans et je pleure ma race tous les matins ! On a des crampes, on s'échauffe un peu plus. Mais on connaît désormais plus nos faiblesses. On évite de prendre un acide et de faire une nuit blanche avant de faire huit heures de route. Plus vieux, mais plus sages. On sort moins brisés d'une tournée. Mais on met plus de temps à s'en remettre !

Ça signifie quoi 17 ans plus tard, Be One With The Flames ?
Thomas : On a fait un enregistrement génial en faisant n'importe quoi ! Pierre, Jyb et Philippe se sont achetés des Mesa Boogie et des Ampeg. Du coup, sur cet album, il n'y a que des sons de guitare ! On a fait des reggae un peu plus sérieux, on a fait venir la section cuivre d'Aspo, le groupe de Bordeaux, pour jouer sur la reprise de Scotty, « Stop That Train », qu'on a payée en space cakes.

06. NEVER TRUST A PUNK (SPLIT AVEC ALIF SOUND SYSTEM) (2004)

Thomas : On a mis tous nos splits en premiers !

Comment s'est fait celui-là, qui est assez improbable ?
Thomas : Je suis dans le sud de la France, à une compétition de skate animée par Alif Sound System avec une sono pourrie qui distord encore plus leur son. En revenant, j'ai dit aux mecs que j'avais vu les Bérus des années 2000. Encore plus punk que nous ! Quinze jours plus tard, on joue dans le Sud et l'un des chanteurs, Abdé, nous demande si on veut chanter sur les morceaux qu'ils venaient de composer. On a commencé par tourner ensemble, avec Unlogistic sur l'Electropunk tour, et plus ça avançait, plus on voyait qu'il y avait des points communs entre leur patate électronique et notre patate organique. Patricia de Yelen était totalement ok pour sortir un truc que je lui ai vendu comme « un Asian Dub Foundation, mais en plus punk ».

Comment le public a réagi ?
Thomas : En embarquant les Unlogistic sur l'Electropunk tour, on avait cette caution DIY punk. Les Alif Soundsystem avaient une sacrée réputation dans les rave undergound, le côté punk de la musique électro. Encore une fois, il y a eu de la méfiance, mais à la fin, tout le monde l'a digéré. Et le disque a été accepté plus facilement comme ça.

Pierre : À force d'avoir le cul entre deux chaises, tu as le cul par terre. Les mecs qui écoutaient de l'électro étaient un peu réticents, tout comme les punks. Mais au final, ça a mis les gens d'accord.

Fonfon, votre guitariste depuis Taranto, est-il parti à cause de cet album ?
Pierre :
C'est peut-être le fonctionnement interne du groupe qui n'était pas en accord avec l'idée qu'il s'en faisait. Quand on est retourné dans le local pour composer la suite d'Opposite et BHASS, on voulait envoyer un peu la purée et retourner à quelque chose de plus rock. Fonfon pensait que c'était un peu dépassé maintenant qu'on était chez Sony. Il voulait continuer à faire du reggae pour toucher un peu plus de gens. On n'a pas été d'accord là-dessus.

Comment se termine votre passage chez Yelen ?
Jyb : Mal.

Thomas : Patricia s'est fait virer. D'un seul coup, ton interlocuteur priviligié n'est plus là. Heureusement, et grâce à elle, on avait signé des contrats qui nous permettaient de partir à n'importe quel moment. Notre contrat n'était pas fini, mais on ne voulait pas bosser avec quelqu'un d'autre. On s'est cassés direct avec nos droits, puisqu'on était producteur de nos albums. Si demain on veut represser Taranto ou Opposite, ça ne regarde pas Sony.

Mikis : L'expérience Epitaph, où on n'avait aucun droit sur les disques, a participé à cette méfiance. Epitaph payait tout et possède donc, encore aujourd'hui, le son et les bandes.

Thomas : Peut-être qu'un jour, on ressortira Escape ou Be One With The Flames sans qu'ils soient au courant ! Ou alors, on réenregistre tous les morceaux et on en devient propriétaires. Ou alors, on leur fait croire que ça a été réengistré ! [Rires].

05. SPLIT AVEC NRA (1995)



Vous n'avez pas gardé tous les splits mais pour celui-ci, je ne suis pas surpris, parce qu'il est assez important. Vous aviez une relation particulière avec NRA.

Thomas : La première rencontre s'est faite quand ils devaient jouer à Paris avec Apartment 3G, qui ont annulé au dernier moment. On nous a demandé de les remplacer et on s'est hyper bien entendus. Dans la même salle, il y avait Éric Margeot, de Fnac Music, qui avait monté son propre label, Pakalolo. Dans l'euphorie, on s'est dit qu'on ferait un split. Et, pour une fois, c'est ce qu'il s'est vraiment passé.

Ça nous a permis d'aller jouer en Hollande, en Belgique. On avait tous deux une bonne cote et ils nous ont ouvert les portes du Bénélux. Leur manager, bien implanté, nous a placé sur des très bons plans : compet de snowboard hollandais dans les Alpes, scène skate avec tous les groupes du moment au Dynamo Festival de Eindhoven. Grâce à NRA, on a passé des moments magnifiques, un peu enfumés.

Pierre : On s'est bien entendu avec tous les groupes sympas de partout.

Thomas : Moins avec les groupes scandinaves. On avait une espèce de chance aussi : quand un grand groupe passait quelque part (Bad Religion, NOFX, Propagandhi, Marshes…), le promoteur avait envie de mettre les Burning avec. Et ça continue : dernièrement, c'est ce qu'il s'est passé avec All.

Parce que vous êtes les seuls ou parce que vous êtes les meilleurs ?
Jyb : Parce qu'on est les seuls meilleurs [Rires] ! C'est ce qui nous a permis, bien plus tard, de rencontrer les Adolescents.

Thomas : Et quand les Adolescents font leur première tournée en France et en Europe, le tourneur se demande avec qui les faire jouer. Réponse : les vétérans français. C'est ce qui a tout déclenché avec les Adolescents. On n'a jamais fait le forcing, ça s'est passé de manière tout à fait naturelle.

Vous parliez de remplacement pour votre première date avec NRA. J'ai l'impression que c'est ça aussi les Burning, de la chance de temps en temps, non ?
Pierre : C'est ce qu'il s'est passé pour les deux lives à Canal+ (« Break me Down » en 1996 et « Break me Down » en 1999) : Stéphane Saulnier nous a appelés pour nous dire que le groupe prévu avait annulé. On a été bookés dans la journée. Orléans n'est pas loin de Paris. À Dour aussi : les Voodoo Glow Skulls annulent, on arrive pour jouer.

Ce genre de choses : faire venir Jack Endino, s'incruster à la télé, se placer sur des plateaux de légendes américaines juste parce qu'on pense à vous, serait possible pour un groupe d'aujourd'hui avec votre âge et votre expérience de l'époque ?
Pierre : Beaucoup de choses ont changé : on n'est plus obligé de faire appel à un Américain pour avoir un beau son de guitare. Dans les gens de l'époque qu'on a cotoyés, certains ont arrêté la musique et sont aujourd'hui programmateurs. Quand Kem a un trou dans sa programmation des Eurockéennes, il peut parfois penser aux Burning. Ce sont eux qui ont envie de faire ce genre de choses, de se faire plaisir. On a fait plus que de la musique. On a établi des amitiés. Éric et Yves de PIAS distribuent toujours nos disques avec Opposite.

04. OPPOSITE (2001)

C'est parce que vous n'étiez plus chez Epitaph que vous décidez d'enregistrer un album reggae ?
Pierre : À ce moment-là, on pouvait vraiment faire ce qu'on voulait, puisque c'est nous qui sortions notre carnet de chèque pour payer. L'idée d'Opposite est arrivée lors d'un concert à Orléans où on nous a proposé carte blanche dans un soundsystem.

Jyb : On écoutait déjà les maquettes d'Opposite dans le bus avec Heideroosjes et Terrorgruppe.

Thomas : Comme tous ces gars-là étaient de vrais punk-rockeurs, qu'ils avaient écouté The Ruts, The Clash et tout, ils nous ont poussés au cul pour qu'on le fasse. Selon Terrorgruppe ou les mecs de Rythm Collision aux États-Unis, Opposite est un des meilleurs albums des Burning. Aziz de NRA nous a dit que c'était le truc le plus punk qu'on ait fait. Plus personne ne nous attendait à cette époque et on n'était plus obligé de faire du punk-rock. On a décidé de se faire plaisir de de donner aux gens la vision du reggae par les Burning. Dub, jungle, électro, toutes les déclinaisons, etc. On déroule toutes les influences.

Mais c'est tout de même cet album qui a précipité le départ de votre guitariste Philippe.
Thomas : Philippe nous a dit que cet album ne le représentait pas et qu'il n'avait pas envie de le défendre sur scène. Pareil pour notre manager. D'un seul coup, plus de label, plus de guitariste, plus de manager !

Et plus de public ?
Thomas : C'est grâce à Patricia Bonnetaud de Yelen que l'on a pu sortir Opposite. Elle se foutait qu'on ait un album de reggae, elle voulait simplement nous sortir depuis des années. Après le DIY puis Epitaph, on signe sur un énorme label et on fait du reggae. Pour la moitié des gens, on était des vrais vendus et on allait faire du Sinsemilia ! [Rires]

On ne peut pas leur en vouloir de le penser : vous avez toujours chié sur les labels.
Jyb : On a signé parce que c'était Patricia. Pour elle, la major était sa banque et elle était libre de faire ce qu'elle voulait depuis le succès de Tryo. Chez elle, il y avait des groupes complètement ovni comme Oneyed Jack, La Ruda Salska ou Mass Hysteria qui inspiraient confiance.

Thomas : Elle nous a dit : « Je comprends que vous n'ayez pas confiance en Sony, moi npon plus je n'ai pas confiance en eux. » On lui a dit : « OK, sors le champagne, roule les pétards ! » Elle a fait en sorte que nos contrats soient béton : à la moindre couille, on pouvait partir. Elle nous a donné les armes pour combattre son employeur de l'intérieur. On nous attendait au tournant quand ce disque est sorti. Mais on a fait une tournée avec NRA et High Tone, le Punky Reggae Tour, en référence à la chanson de Bob Marley, et on dit à tout le monde qu'on les emmerdait : on aime bien le reggae et on n'oublie pas nos premières amours. Les gens moyennement convaincus ont trouvé ça génial. On ne trahissait rien du tout. Au contraire, on faisait découvrir des musiques à un public et inversement.

Pierre : Le guitariste de NRA avait très peur de se battre durant la tournée, parce qu'il n'aimait pas le reggae et qu'il se sentait obligé de le dire à High Tone ! À la fin de la tournée, tout le monde jouait du Dead Kennedys sur scène.

Thomas : On avait l'impression de prendre un vrai risque avec ça. Voilà ce dont on avait envie.

Jyb : C'est un aboutissement parce que ça faisait vraiment très longtemps qu'on attendait de faire un album comme Opposite.

Vous aussi vous avez l'impression que c'est la chose la plus punk que vous ayez faite ?

Pierre : En un sens oui : on a tout envoyé voler. C'est forcément une nouvelle direction. C'est ça qui est difficile.

Et en terme commercial ?
Thomas : Ça n'a pas trop mal vendu. Pas pour Sony, mais pour nous, on a fait nos 10 000 habituels.

Jyb : Ce qui est énorme compte tenu de ce que l'on vend maintenant !

03. ESCAPE (1999)

Pas étonnaant qu'il se retrouve en tête de classement : Escape vaut largement n'importe quel autre disque d'Epitaph de cette période.
Jyb : On a eu un excellent producteur sur cet album, c'est pour ça qu'on s'en est sortis.

Thomas : On s'est souvenus de ce que Jack Endino nous avait dit à l'époque de Dive : si nous voulions retenter l'expérience avec lui, c'était mieux de le faire chez lui dans son propre studio, à Seattle. Même dans son garage, il avait encore le 8-pistes avec lequel il avait enregistré le premier album de Nirvana ! On avait une putain de pression sur les épaules : on a préparé ça à mort avant d'y aller et on a tout joué méga-tendus.

Pierre : Nous avions préparé un album, mais notre manager nous a dit que ça ne vallait pas la peine d'aller de l'autre côté de l'Atlantique pour enregistrer de la merde ! Il nous restait 15 jours pour pondre d'autres morceaux. On a mis pas mal de morceaux à la trappe qu'on a ensuite réutilisés pour Taranto.

Vous aviez l'impression de toucher un but ?
Thomas : Avec les Burning, on a jamais eu d'objectif. On voulait simplement rentrer dans un local pour faire de la musique et rentrer dans un camion pour faire des concerts. Avec Epitaph, on rentrait plus souvent dans un camion pour faire plus de concerts, plus loin. Tout ce qu'on nous proposait (et on parle de musique), on le prenait.

Pierre : La seule erreur qu'on ait pu faire, c'est peut-être de vouloir coller au moule Epitpah et de sonner de la même façon que les autres groupes, simplement parce que ton label te paye.

Thomas : Reste que nous avons tout de même sorti des albums de punk à roulettes avec des chansons de reggae. On a essayé d'approcher le son Epitaph californien, mais on a beaucoup écouté The Ruts et Bob Marley, on a fumé plein de pétards, donc on a aussi fait du reggae. On en est super content de cet album. Aller enregistrer dans deux studios, faire quatre petits concerts à Los Angeles et un à Seattle, loger chez un petit label… C'était l'aventure américaine ! Le but était aussi d'aller voir les gars d'Epitaph Los Angeles pour leur signifiait que nous avions signé chez Eurotaph. Ils ne nous connaissaient pas spécialement, ils sont venus nous voir... et puis on n'a plus eu de nouvelles ! Epitaph Europe voulait se constituer une écurie européenne, pour dégotter le nouvel Offspring européen.

Mais ce n'est pas ce qu'il s'est passé.
Jyb : C'est pour ça qu'on s'est fait virer au bout de deux albums. On n'était pas Offspring. On a vendu 15 000 exemplaires d'Escape – ce qui est énorme pour nous, mais très loin de ce qu'ils attendaient. Nous, ça nous permettait de tourner partout en Europe, c'était génial. Mais ce n'était pas ce qu'ils cherchaient. Se faire virer d'Epitaph nous a évidemment fait mal au cœur. L'optique mercantile qu'ils ont eue casse totalement le mythe. On a quand même réussi à s'incruster sur une tournée Epitaph avec De Heideroosjes et Terrorgruppe. C'est un beau final quand même ! Tournée Eurotaph alors qu'on n'était plus chez Epitaph !

02. SPLIT AVEC ADOLESCENTS (2009)

Thomas : On a eu la chance de faire tous nos splits avec des groupes très très classe. Celui avec Vulgaires Machins par exemple – c'était la première fois qu'on chantait en français. Mais celui avec Adolescents, c'est vraiment la classe. Rien que la pochette : le logo Bones Brigade, c'était mon premier tatouage ; ma première planche de skate, c'était une Santa Cruz ; Zorlek, j'avais un T-shirt... On a tous été fans de skate.

C'est l'aboutissement de 15 ans de reprises de « No Way » sur scène ?
Pierre :
J'espère bien ! [Rires]

Jyb : Quelle récompense et quel pied, oui. Qu'un groupe comme Adolescents reprennent les Burning Heads, c'est fou.

Pierre : Et le truc vraiment beau, c'est que c'est Frank du fanzine Violence qui nous sort ça. Le même qui parlait de nos cassettes au tout début.

Mikis : Ce split est le résultat direct de notre rencontre avec les Adolescents qui s'est hyper bien passée. Ils sont tellement cools et sincères.

Pierre : Et on a gagné au concours de pets. C'est comme ça qu'on a dealé le split !

Sur les tournées communes, vous terminiez vos sets par « No Way » quand eux commençaient avec.
Pierre : La première fois qu'on a joué avec eux à Genève, j'ai été voir le chanteur et je lui ai dit qu'on finissait sur « No Way » . Il m'a dit : « C'est cool parce qu'on la joue en premier ! » Ils étaient hyper contents alors que ça aurait emmerdé n'importe quel autre groupe !

01. CHOOSE YOUR TRAP (2014)

Jyb : Ça me paraît logique de mettre le dernier album en premier. Le meilleur album serait un mélange de tout ce qu'on a cité auparavant.

22 ans après la sortie du premier album, vous sortez un double. On peut encore écrire 25 chansons avec la même énergie ?
Thomas : Oui, parce qu'il s'est passé vachement de temps entre nos deux derniers albums. Trois ans, ça te permet de faire plus de morceaux. On n'avait pas trop de concerts, du temps, un local et des idées. Il y a des morceaux qu'on trainait depuis super longtemps et d'autres qui sont venus pendant la session. On s'est finalement rendu compte qu'il y en avait plus que pour un seul album. Pourquoi ne pas faire un album avec 25 morceaux pour les 25 ans ? Il y avait pas mal de reggae et pas mal de morceaux punk : on n'a pas voulu sortir seulement un Opposite 3 et pas seulement un nouvel album punk : on a vu un peu plus grand avec un double. Choose Your Trap est ce qu'il en est ressorti.

Jyb : Nous voulions faire un double album depuis longtemps. Taranto a failli en être un d'ailleurs. Ce double punk et reggae est un aboutissement.

Mikis : Pour ce qui est d'avoir des choses à raconter à chaque disque, quand tu parles des problèmes de la jeunesse actuelle, tu as toujours des choses à dire ! Tout ce qu'on aborde est très actuel.

Jyb : D'ailleurs, il va falloir qu'on réécrive des morceaux !