Le guide Noisey de la musique dans le cinéma français

De « Mes Meilleurs Copains » à « Diva » en passant par « Les Bidasses En Folie », « Bouge ! » et « Rock 'N Torah », un panorama complet des films musicaux d'en France.

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juin 16 2015, 12:45pm

On ne pouvait pas laisser toutes ces oeuvres croupir sur les étagères des bibliothèques, des cinémathèques ou au fond des sacs plastiques de vieux monsieurs. Au nom de quoi ? Du bon goût ? Lequel ? Du vrai cinéma ? Il existe ? Il est triste de constater que malgré tous les documents qui ont pu être publiés sur la musique et le cinéma, le rock et le cinéma, la musique en France, le rock en France, et j'en passe, les chercheurs ont toujours pris soin de ne pas se pencher sur leur patrimoine tout proche (en avez-vous honte ?), parce que oui, je le crie haut et fort : le cinéma français a produit une quantité de films musicaux (sur une échelle de navrance relativement étendue - sans employer le mot navet hein) et en voici ici la preuve. Il s'agira bien entendu ici de revenir sur les groupes ou chanteurs fictifs inventés pour le bien des films, ni comédies musicales ni documentaires. Nous les avons classés en 4 grandes lignées, de 1968 à 2014, les années pop, les années rock, les années dance et les « autres », qui , si vous réussissez à aller jusque là, devraient vous étonner.


LES ANNÉES POP

LES IDOLES (1968, Marc'O)
« L'idole est l'incarnation en un individu de l'aspiration à la réussite des autres qui n'y parviendront jamais ! » braille un impresario expert lors d'une conférence destinée à expliquer aux vedettes présentes comment se comporter avec leur public. Le film de Marc'O tourné à la fin des yéyés et à l'aube de Mai 68 se paye le culte de la star en décryptant le parcours de 3 artistes : Bulle Ogier qui joue une France Gall délurée, Pierre Clémenti dans un rôle situé entre Dutronc, Hallyday et le MC5 et Jean-Pierre Kalfon, dont on ne sait pas trop à quoi il joue (mais bordel, c'est horrible à chaque fois). Ca chante de bout en bout, même dans les dialogues, vu que c'est un musical et le résultat est une sorte de Nouvelle Vague sous-acide. À chacun son Der Fan.

LES BIDASSES EN FOLIE (1971, Claude Zidi)
On préferera au théâtre hystérique ci-dessus la performance de The Tourist's, le groupe de pop créé par les 5 Charlots, qui mettent la scène à feu et à sang lors de leur passage au concours régional de la chanson en compagnie de leurs pairs Martin Circus et Triangle. Est-ce que la vidéo ci-dessus mérite autre chose qu'un simple rappel des entrées du film (7 460 911) en 1971 ? Non, strictement rien.

CHOBIZENESSE (1975, Jean Yanne)
La trame, importante pour ne pas se perdre dans les films de Jean Yanne : Clément Mastard dirige des revues de music-hall à grand spectacle. Un contrat inespéré (critique de la société du spectacle) l'oblige à renouer avec son ancienne tête d'affiche, Célia Bergson, partie s'essayer au théâtre d'avant-garde (critique de l'art subventionné). C'est par l'intermédiaire de celle-ci qu'il fait la connaissance de Jean-Sébastien Bloch (haha), musicien incompris qui causera sa perte (critique du compromis) mais au côté duquel Mastard, homme sans scrupules lié à des puissants industriels (critique du pouvoir financier) et désormais lancé dans le spectacle érotique (critique du parvenu), s'humanisera et finira par produire un véritable chef d'œuvre, la Messe en ré. (critique de l'église ?) Après ses trois premiers boulets rouges, Chobizenesse est certainement le film le plus pénible et poussif de l'oeuvre de Jean Yanne. Mais on ne lui en veut pas et on laisse le dernier mot au toujours très juste Hubert Deschamps : « Les chorégraphes français, les metteurs en scène français, les chanteurs français, les danseurs français, et tous les Français, c'est des miteux ! »

TOUS VEDETTES (1980, Michel Lang)
Un des seuls films du bien nommé Michel Lang qui ne contient aucun mot de son champ lexical habituel - garçons, filles, plage - dans son titre. Tout comme l'introuvable New Generation tourné l'année d'avant par le mystérieux Jean-Pierre Lowf Legoff, nous nageons en pleine folie du film musical mi-pop mi-disco. Trois élèves du Conservatoire veulent briser les barrières et partir vivre leur rêve à Broadway en créant leur propre comédie musicale, intitulé, je vous le donne en mille, « Paris Paris ». Y arriveront-ils ? En sont-ils capables ? Quel rôle Robert Dalban va jouer dans cette mascarade ? Et si tout ça n'était qu'un subterfuge pour filmer coucherie sur coucherie ? D'ailleurs, a t-on vraiment envie d'aller au-delà du générique ? Vous aurez tout le loisir de réfléchir à de potentielles réponses durant les DEUX HEURES de cette production Marcel Dassault, sur une musique de Mort Schuman.

CLARA ET LES CHIC TYPES (1981, Jacques Monnet)
On est pas bien au milieu de la bande du Splendid en 81, sérieux ? On est même royal. Vous voulez montrer à votre copine américaine à quoi ressemble le climax de la France ? Montrez-lui ce film. Un nom de groupe bancal en jeu de mots (les Why Notes), des mecs un peu cochons, des filles un peu psycho', l'amour de la route à plusieurs, une haine sympa contre les gendarmes et l'establishment, le culte de la bonne franquette, la culture de l'adultère, la droite gaie, la gauche triste, des blagues un peu racistes sur les Chinois, Thierry Lhermitte doublé par Michel Jonasz, des dialogues de Jean-Loup Dabadie, une production Alain Poiré, Josiane Balasko, Daniel Auteuil et le fameux gag du J9... et toujours cette java-jazz-pop tintamarresque de l'ami Jonasz, comme on l'appelait... avant l'arrivée de Mitt'rand au pouvoir. Quelle époque !

MES MEILLEURS COPAINS (1989, Jean-Marie Poiré)
Oubliez tout de suite Le Péril Jeune si c'était pas déjà fait. Bacri, Clavier, Daroussin, Khrosand et Lanvin réunis pour un week-end dans une maison de campagne = boum. Chacun correspond à un sociotype précis des 80's ; le publicitaire gay fada de sport ; le petit-bourgeois étriqué et frustré ; le baba qui n'est jamais redescendu ; le metteur en scène raté ; et le père de famille divorcé porté sur la culotte. Tout ce beau monde a connu l'effervescence créative des 70's à travers un groupe pop (Gangrène Plastique !) et l'expérience de la vie en communauté. Pendant deux jours, ils vont exorciser leurs démons et faire ce qui les rongent depuis 20 ans. Le tout est chapeauté par Poiré et ça tabasse de bout en bout.

LES ANNÉES ROCK

LA BANDE DU REX (1980, Jean-Henri Meunier)
Changement de tableau. Tout est gris. Incursion au cœur des vies merdiques de jeunes loubards, fous de rock, de moto et de flipper. Le chef de cette bande est joué par l'insupportable Jacques Higelin qui se la joue Jean-Claude Brialy du ghetto, et on prend cher avec la bande-son. Heureusement que les punks bordelais de Strychnine viennent filer un coup de botte avec leur « Lâche-moi » ! Higelin, projectionniste au Rex, veut monter un groupe pour y jouer. Il se connecte donc aux Strychnine et les répètes pulsent. Pendant ce temps, les autres branleurs font n'importe quoi. Ça déserte de l'armée, ça claque la porte de son taf, ça s'engueule avec ses parents, ça finit même par un braquo. Tout ce joyeux bordel se concentre dans un troquet de banlieue, La Javanaise, tenu par Nathalie Delon (milf force). Il y a aussi Roland Blanche en poivrot de service et Maurice Biraud en papa flic pour les tronches connues. Rayon féminin, Tina Aumont nous montre ses seins et la plastique de Charlotte Kid est fantastique, dommage, elle n'a rien fait d'autre. Finalement, le film est la pale continuation de ce que Terrain Vague était aux années 60 et La Rage Au Poing aux années 70. Avec du rock en stock.

LA BRUNE ET MOI (1981, Philippe Puicouyoul)
Lorsqu'on cherche un film trop longtemps, la déception est souvent là à l'arrivée. Sa quête est plus excitante, finalement. J'en ai fait les frais avec ce moyen-métrage très fromageux de Philippe Puicouyoul. Pierre Clémenti, producteur friqué, aimerait se taper une punkette qu'il croise dans la rue, Anoushka, égérie de l'époque. Il tombe à ses boots et cède à son caprice de faire d'elle une star, rinçant en même temps la raïa de la fontaine des Innocents. Il la connecte avec un groupe de hippies dans son studio, mais planer, c'est pas trop son truc à Anoush. Les Privés débarquent et c'est parti. La fin arrive heureusement très vite, avec du sexe oui, mais pas pour Clémenti, qui assistera à une conclusion clin d'œil aux Diaboliques de Clouzot. Le seul attrait du film tient évidemment dans les concerts et bandes-son des premiers groupes new wave de France, le kway fluo d'Edith Nylon, la rigueur des Marquis de Sade, le groove des Dogs et quelques autres. Le DVD est disponible depuis, pour les jeunes gens les plus modernes, pour les voyous, l'intégralité est ci-dessus.

INTERLUDE 1 : SUBTERFUGE (1982, Jean-Pierre Limosin)
Egalement nommé Faux-Fuyants, ce film d'ambiance tient plus de Jacques Rozier que de Patrice Leconte (oui, il y a à la fois de la plage, du ski, mais surtout beaucoup de banlieue). Co-réalisé avec Alain Bergala (le spécialiste de Godard), à milles lieux d'un film musical, l'intrigue tape dans le polar (sans policiers). La valeur ajoutée musicale ? La fille de la victime, qui n'est autre que Rachel Rachel, mullet fringuant et moitié des Tokow Boys avec Eric Tabuchi (puis future Luna Parker), groupe que nous voyons jouer à la MJC de Brunoy (juste au-dessus) et qui a composé la bande-son ultra-stridente du film, peuplé de jeunes gens naïfs et de pervers sympas.

INVITATION AU VOYAGE (1982, Peter Del Monte)
Nina Scott, à mi chemin entre Nina Hagen et Bon Scott (comme son nom l'indique), porte la voix amère des espoirs déçus. Elle braille un hard rock sans concession qui vous fera décoller de votre siège. Non, vous n'êtes pas dans le n°43 de Best, vous êtes devant un road-movie atmosphérique où un loulou terne joué par Laurent Malet (le Christophe Lambert bis, pour tout vous dire) trace la France de haut en bas en pleurant la chanteuse morte suscitée, qui était également sa soeur et sa meuf (voyez le merdier). Tout ça sans jamais voir apparaître une seule fois le groupe dont elle faisait partie, je veux bien entendu parler des Lawlessness, formation heavy marseillaise qui faisait saigner la région PACA dans les années 80 et qui a pu enregistrer son premier album grâce aux producteurs du film. Pendant 1h30, entre flashbacks et confessions intimes, Lucien trimballe donc Nina, froide, dans un étui à violoncelle sur le toit de sa bagnole, au cours d'une sorte de voyage didactique vers la mort où il rencontrera de nombreux obsctacles comme la pluie, la neige, un gang, une paumée et Mario Adorf - les amateurs de cinéma transalpin apprécieront. Mention spéciale à la scène de boîte de nuit où Malet se déboîte sur ce son hard (qui est la principale B.O. du film quand ce n'est pas Gabriel Yared qui nous ambiance). Pastropmal.

ON CRAQUE... SANDY (1983, Michel Nerval)
Dédicace d'entrée à André Baudin, l'accessoiriste, qui est parvenu à faire porter à Michel Galabru tout au long du film : un T-shirt Suicide, un T-shirt Nina Hagen Band, un perfecto, des badges, un bracelet clouté à 7 rangées, un bandana, un Henri Guybet. La puissance quoi. Et pourtant, ce n'est pas le héros de ce film de Michel Nerval, Galabru y est seulement taulier de la MJC du quartier. L'héroïne, c'est Sandy Stevenson, jeune franco-américaine au diastème insolent, qui passe d'un job de serveuse à chanteuse de cabaret après avoir été remarquée par le régisseur d'un théâtre. C'est seulement à ce moment là, que le groupe de potes (composé de Tchee, l'intrépide) chez qui elle habite (un loft gigantesque du 12ème arrondissement) et qui tente de percer dans le rock depuis un bail, se rend enfin compte que « leur groupie » possède une voix et décide alors de la prendre comme chanteuse. De là, tout est déjà gagné et ils donnent leur premier concert à l'Olympia... Rideau. « Nous remercions Johnny Hallyday pour sa collaboration » dit le générique. Bah voyons.

SOUVENIRS SOUVENIRS (1984, Ariel Zeitoun)
1962. Rego Baccara (joué par Christophe Malavoy) rentre d'Algérie après 3 ans de service. Tout a changé. Le rock conscient du guitariste virtuose n'est plus trop à la page (extrait : « quand je dansais dans les rues noâres / jamais les flics n'ont pu m'avoâr ») et les jeunes veulent désormais une seule et unique chose : twister. Pour assurer son retour sur scène, il doit passer devant le public déchaîné du théâtre L'Européen (7 rue Biot, Paris 17) qui lui seul peut décider à l'applaudimètre si Rego est encore bath. Seul hic, un vieux contentieux existe entre lui et le patron des lieux, Firmani (joué par Claude Brasseur), qui le blackliste dans le milieu. Parallèlement, le petit frère de Rego, intenable petit voyou, pinera sa prof de musique après l'avoir séduite grimé en noir sur une parodie des Platters lors de la fête de Noël du lycée (véridique !). Les Vagabonds font une apparition sous le meilleur nom de groupe possible (Hector et les Rats Morts), tandis que blousons en tous genres se succèdent au son des yéyés et aux souvenirs d'une France un peu naïve, un peu maladroite et un peu raciste. Hey, on a le American Graffiti qu'on mérite.

INTERLUDE 2 : BLESSURE (1985, Michel Gérard)
Faux ami ! Comédie dramatique teintée d'un humour marqué au fer rose de l'année 1985, dont la date de péremption ne dépasse pas le cap d'une cohabitation. Tout est signé Florent Pagny, scénario/musique/rôle principal/etc, et il est bien là le problème. Seuls points positifs du film : une boîte nommée Cambouis, un concert illégal dans les catacombes et une scène tournée aux Espaces d'Abraxas de Noisy-le-Grand, véritable passage obligé de l'époque. Ah oui, il serait grand temps de remettre à la mode de 2015 l'expression la plus utilisée en 1985 : « Y'a pas de lézard ! »

INTERLUDE 3 : BANANA'S BOULEVARD (1985, Richard Balducci)
Faux ami ! Rappelons quand même le palmarès de Richard Balducci, réalisateur des Demoiselles à Péage (sous pseudo), de On l'appelle Catastrophe (avec Michel Leeb) ou encore de La Face cachée d'Hitler en 1977, également baptisé Nazis dans le Métro, film indénichable où Pierre Desproges campe Albert Hitler, fils du fuhrer à la recherche de son passé, vous imaginez le tableau ? Y a t-il une cause à effet avec l'unique film (et encore heureux) des Forbans, groupe qui, 25 ans plus tard, acceptera en scred de jouer pour le FN ? On laissera ce débat au Nouvel Obs. Le reste du casting ? Popeck, Gérard Hernandez, Philippe Castelli... Le pitch ? Un groupe de rock mêlé à une affaire d'espionnage se retrouve en Martinique au lieu de débarquer aux Etats-Unis. D'où : gags en pagaille et mains au panier. Flip flap ? Non, juste flop.

DÉSORDRE (1986, Olivier Assayas)
Le décor est planté dès le commencement. Trois rockers pauvres, Yvan (Wadeck Stanczak), Henri (Lucas Belvaux) et leur copine Anne (Gisel Glass alias Hanna D pour les intimes), commettent un casse dans un magasin de guitares. Manque de bol, le patron est là et fait une crise d'épilepsie sous leurs yeux. Les criminels se barrent en courant sous la pluie battante. Go. Pendant 1h30, le film ne baisse pas en intensité, sous fond de rock 80's et de post-punk (New Order, Woodentops, Les Avions, apparition d'Etienne Daho plein d'opium). Les trois inséparables, torturés par la mort du pauv' type, finissent par se démolir mutuellement, faisant tomber à l'eau leur amitié, leur amour et le groupe pour lequel ils avaient tant de projets. Télérama mais pas trop. Le parcours du groupe fictif correspond au chemin rêvé du combo rock français de l'époque : répètes à Paris-Banlieue, concert au Gibus, concert au Marquee à Londres (avorté), et enfin studio d'enregistrement à New-York (déconvenue). Un film très noir, pour ne pas dire romantique (soyons braques Mr Assayas !), et d'une qualité plutôt rare dans cette mouvance (voir ci-dessus, ci-dessous). La dernière scène laisse planer un peu d'espoir et voit New York plonger dans la nuit, à faire chialer du skin.

INTERLUDE 4 : LE BEAUF (1987, Yves Amoureux)
Quand Gérard Jugnot, Gérard Darmon et Didier Sauvegrain se rappellent au souvenir de leur groupe de hard rock sauce années 70 (Les Aborigènes) au cours d'une soirée nostalgie, eh bien ça donne une des meilleurs scène du film LE BEAUF, un polar familial rondement mené dans lequel apparaissent également Zabou, Bashung, Boris Bergman et cet impressionant solo de batterie de Gilbert Goudron, alias Jugnot, que vous pouvez revoir à loisir ici.

SAXO (1987, Ariel Zeitoun)
Après le rock, Ariel Zeitoun s'attaque au blues. Une large américaine, une banlieue déserte, un brouillard fumeux... et d'un coup, la crevaison. Sam Friedman (Gérard Lanvin) est en plein néant, le groupe de punk qu'il manageait vient de signer chez un autre, il doit plein de blé à Bernard Farcy et sa meuf est plus ou moins « ailleurs ». Le mec est à bout, furax, et ne sait même pas pourquoi il se retrouve ici. Une belle lanvinade quoi. Quand soudain, un immense noir vient lui rappeler l'heure qu'il est. A deux pas d'ici, un club de jazz miteux (et toujours des fumées de brouillard). Il s'y fait escorter (à travers la brume électrique). Et là, révélation : Puppet et Joe Bennet, guitariste-chanteuse et saxophoniste virtuoses lui sont livrés sur un plateau. A partir de maintenant, il n'a plus qu'un but : faire enregistrer un album à ces deux génies. Et sans s'en douter, il signe son aller simple pour l'Enfer. Sur des musiques noires (Archie Shepp, Etta James) et blanches (Roy Buchanan, François Bréant), Gérard en chie pendant 1h53 au cours d'une longue complainte du producteur maudit matinée de crime sordide et d'injustice, tel un polar noir. Relativement trop long, si je puis me permettre.

MONA ET MOI (1989, Patrick Grandperret)
Donc c'est l'histoire de Denis Lavant qui est passionné de rock et de Mona, une meuf. Un moment, Johnny Thunders déambule et joue sur scène. Y'a pas mal de passages ou des gars s'embrouillent et portent des vêtements qui leur vont pas. Highlight : la conversation entre l'icône punk new-yorkaise et Hubert Deschamps dans un bar d'Angoulême ! BiIan : assez chiant.

RENDEZ-VOUS AU TAS DE SABLE (1990, Didier Grousset)
« Nickel exerce en dilettante la profession de dépanneur au volant de son énorme véhicule baptisé "la dépannerie intense"… Mais sa véritable passion dans la vie, c'est la musique. Il décide de monter un groupe, The Electric Pass-Moutains avec ses amis Gérard, Ganesh, Bazouk et Grolu. De multiples difficultés surgissent lors des répétitions… Pour se tester, ils décident de s'inscrire à un combat de rock au cours duquel ils doivent affronter les redoutables Attila's… Qui l'emportera ? » Richard Gotainer VS. Jango Edwards (doublé par Bernie Bonvoisin), prends-ça le rock alterno !

LE FILS DU MEKONG (1991, François Leterrier)
Hey, bonne surprise ! Le racisme jaune n'a que trop longtemps duré en France et ce film vient remettre de l'ordre en se servant du parcours des Vikings, groupe de rock cambodgien déporté de son pays ayant trouvé refuge à Paris XIII, capitale dans la capitale. Ne vous fiez pas à l'affiche ! Franchement, bon film. Qui m'a rappelé d'ailleurs ce mail qu'on m'a transféré lors d'une matinée d'avril un peu fraîche pour la saison et qui disait : « Je vous envoie ce mail à propos du rappeur Lee Djane, qui en peu de temps a su fédérer les Français d'origine asiatique autour de lui avec son clip "Ils m'appellent Chinois" (30 000 vues en un mois !). À la lecture des commentaires liés à sa vidéo, nous constatons que ce rappeur a mis le doigt sur quelque chose de sensible et qui mériterait un regard plus élargi dans la société française. A t-il brisé un tabou ? Est-il vraiment contre la France "Black-Blanc-Beur" comme il le dénonce ? Les Français d'origine Asiatique se sentent-ils (enfin) représentés à travers Lee Djane ? » C'est une question que je vous pose à tous, vous lecteurs.

BUS PALLADIUM (2010, Christopher Thomson)
Ô, toi, rue Victor Massé, déesse du mediator ! Trop tard pour les Doors, trop tard pour le baby rock, trop tard pour le Truskel, ce film est un manuel destiné à détester le rock. Tout y est allègrement faux et raté qu'on en dirait presque que c'est voulu (c'est sensé se dérouler quand en fait ? Fin 70 ? Début 80 ? 2009 ?). Le groupe de potes au centre de l'histoire s'appelle Lust, une sorte de sous-sous-sous Téléphone (parce qu'on dira ce qu'on voudra mais « La Bombe humaine », ça crachait quoi !) et est mené par un sous-sous-sous Romain Duris (Arthur Dupont) qui gravit les échelons du succès grâce à leur manager (Géraldine Pailhas) et part en tournée d'été à bord d'un J9 alors en plein ouragan sentimenta, la faute à Elisa Sednaoui, briseuse de coeurs. Classique. Grotesque. On dirait un exposé de CM2 sur le rock, et ce jusqu'à l'apparition de Philippe Manoeuvre qui n'a besoin que d'une réplique (en anglais svp : « I'll drink to that ») pour nous conforter dans l'idée qu'on a finalement bien fait d'arrêter les frais et de se mettre à la dance...

LES ANNÉES DANCE

DANCING MACHINE (1990, Gilles Béhat)
La décennie de la dance pouvait-elle rêver mieux comme coup d'envoi que l'acting tout en maîtrise d'Alain Delon himself ? Basé sur un roman de Cerrone (vous avez bien lu) et adapté par le réalisateur de Rue Barbare (Gilles Béhat), Dancing Machine est une oeuvre à part dans le cinéma français. Une oeuvre qui préfigure à la fois Flash Dance (quoi, il est sorti avant ? Alain Delon s'en fout), la série Un Dos Tres et la carrière de Tonya Kinzinger (auréolée de douze années de succès dans Sous le Soleil), actrice qui nous offre une scène incroyable où elle tente désespérément de faire jouir Alain Delon, sur du Prokoviev, qui lui reste impassible, comme Gucci Mane. Le scénario nécessiterait un site internet entier pour être expliqué mais vous pouvez toujours relire l'entetien de Cerrone qui nous en avait touché deux mots.

CLUBBED TO DEATH (1996, Yolande Zauberman)
Lisbonne, les dos dénudées, les nuits torrides, le stupre exotique, la poussière, la débauche... et ce putain de trip-hop ! Elodie Bouchez découvre « la rave » un soir où, bourrée, elle s'endort dans le bus et finit au terminus. Elle pénètre alors le royaume de Roshdy Zem et ses tongs, ancien boxeur détruit par l'héro, de son frère, un enculé dont on ne cerne pas vraiment le rôle, et de Béatrice Dalle, danseuse garage dans ce qui ressemble à tout sauf un paradis. Artistes similaires : Claire Denis. C'est bon, on a tout ? Ouais, rajoutez quand même un morceau des Chemical Brothers, une histoire d'amour impossible et un combat fratricide final. On va les avoir nos trois T dans Télérama !

BOUGE ! (1997, Jérôme Cornuau)
Ce film avait prédit le site Thump 15 ans avant « Hey, ce serait pas chanmé si on formait un groupe stylé avec une chanteuse-danseuse, un DJ de techno, et deux rappeurs ? » Bah ouais ! Ca ne marchera jamais mais au moins ça fera bien marrer tout le monde. Quand en plus, le groupe en question s'appelle Katalitik, comprend Sami Naceri sapé en Wu-Wear, et est pistonné par Ophélie Winter, on touche au sublime. Scènes clées : le concert Dance Machine 96 à Bercy vu des coulisses et le footing au son de Gala à Stalingrad. « Un film 100% dance », tu sais pas lire ou quoiiiii !

HEROÏNES (1997, Gérard Krawczyk)
Je le confondais tout le temps avec Bouge !, mais malgré les choix vestimentaires et les mouvements du bassin complètement à côté de la plaque de Virginie Ledoyen (ce qui ne l'empêche toutefois pas d'atteindre un niveau de raterie rarement égalé dans le cinéma français) : c'est clairement le film de la génération pop-rock. La génération festival 90, celle qui a dansé sur Big Soul, kiffé sur Dolly et emballé sur Alanis. La loi de la variété francophone reprend malheureusement vite ses droits et coupe court à la rigolade (c'est avant tout l'histoire de Maïdi Roth). Deux amies d'enfance vivant à Decazeville (cité minière = scènes pittoresques) décident de monter un groupe. Johanna a confiance en elle, est belle, et est propulsée leader, l'autre Jeanne plus banale et chiante, compose, joue de la guitare et chante aussi... pendant que la frontwoman se trémousse en playback ! Le producteur à bouc taillé est à fond, les singles partent comme des petits pains, les tournées s'enchaînent, le public n'y voit que du feu... jusqu'à ce que la surconsommation de préservatifs et d'héroïne (vous captez la subtilité du titre) perturbe la santé physique de Johanna et les prestations live du groupe, Les Sirènes. Et là, all hell breaks lose comme on dit. À voir pour Saïd Tagmahoui roller-magasinier dans un hypermarché et pour l'aussi stupéfiante qu'inattendue défenestration de Virginie Ledoyen.

INTERLUDE 5 : LA BOÎTE (2000, Claude Zidi)
Vous voulez vous la couler douce dans la vie, faire du buzz et pourquoi pas monter un club avec vos potes ? Voilà le film qu'il vous faut.

SALSA (2000, Joyce Bunuel)
Souvent, un simple dos de jaquette suffit : « Remi Bonnet, pianiste, décide soudain d'abandonner ses études de musique classique pour se consacrer à la musique à laquelle il aspire : la salsa. Le virtuose tente au plus vite d'intégrer un groupe cubain, mais se rend compte qu'il est trop clair de peau pour être crédible. Décidé, il se transforme et se fait passer pour un Cubain. Mais la supercherie tourne mal lorsqu'il rencontre Nathalie, qui pense avoir trouvé le grand amour dans les bras d'un véritable havanais... » N'y voyez aucun lien avec un fait divers récent.

EDEN (2014, Mia Hansen Love)
Voilà enfin le film que vous méritez les musiques électroniques ! Un monde où tout le monde connaît les paroles de vos chansons préférées par coeur ! Un monde habitant dans une verrière du 11 ème arrondissement ! Un monde passion, mais un monde tendre, un monde de tous les possibles, un jour à NY, l'autre à Radio FG ! Un monde où Daft Punk seraient ministres de la culture ! Un monde de petites meufs chiantes, garçonnes, chiantes ! Un monde où tout est tech, techno, technologique ! Un monde où des personnages en dessin animé s'incrusteraient dans nos vies ! Un monde où Vincent Macaigne sauve les films ! Bah tiens, prends-le ton putain d'Eden !


LES « AUTRES »

DIVA (1981, Jean-Jacques Beneix)
Vous venez d'entrer dans les années 80. Merci de bien vous frotter les mains ainsi que tout le reste du corps avant de vous faire scanner par ce néon bleu. Rasez-vous et plaquez vos cheveux bien contre votre crâne. Installez-vous maintenant dans cette baignoire aux côtés de Richard Bohringer et enfilez le casque relié à cette chaîne hi-fi dernière génération. Appuyez sur Play et écouter la voix. C'est de l'opéra - Wilhelmenia Wiggins Fernandez, alias la Diva. Le classique vous fait chier ? Bon, ok. Si vous devez voir ce film, ce n'est pas tant pour le lancement d'un débat qui a encore cours sur les enregistremennts pirates de concerts, ni pour la musique de Vladimir Cosma (quoique) mais pour cette incroyable course en mob' aussi magistrale qu'interminable dans le tout Paris.

ROCK 'N TORAH (1983, Marc-André Grynbaum
Faux ami ! Pas plus de rock que de rire ici. Le titre alternatif du film (Les Préférés) est d'ailleurs plus à propos vis-à-vis de Yahvé. Christian Clavier alias Isaac Stern enregistre un disque au nom de Wagner Melodies, au grand dam de sa famille et du Tout-Puissant (bénéficiant, au passage, de la voix de Jean-Luc Bideau) qui aimerait le voir poursuivre une brillante carrière dans la confection. Lui, veut à tout prix monter un opéra rock biblique et va s'attirer les foudres du ciel. Pourquoi ? Cette question est en suspend depuis 32 ans.

LA SMALA (1984, Jean-Loup Hubert)
Alors là oui, Balasko, Lanoux, Lavanant, moi je fonce les yeux fermés. Tout comme Maurice Risch rebaptisé Gégène, fin limier du showbiz, au volant de son van « à l'américaine ». On est sur du produit humour label rouge du début à la fin. Outre exposer les difficultés d'une famille nombreuse (à charge), celles de percer dans l'industrie musicale et le proche voisinage des termes « police » et « racisme », La Smala aborde de front les problèmes de genre, et ce dès 1984 : le personnage de Dominique Lavanant se faisant tour à tour appeler Rita puis Pierrot. Vous y verrez aussi dans des rôles à contre-emploi, Martin Lamotte en curé et Thierry Lhermitte en flic. Le tupe pop chantée par Candida, gamine des rues (avec Lanoux au synthé !), me fait frémir à chaque écoute. Qui-ne-sau-te-pas-n'est-pas-Fran-çais !

INTERLUDE 6 : MARCHE À L'OMBRE (1984, Michel Blanc)
L'hymne de tous les trimards à guitare de France et de Navarre, en film. Must see. Répliques de feu. Blanc. Lanvin. Saxo. Motocross.

PAROLES ET MUSIQUE (1984, Elie Chouraqui)
Elie Chouraqui peut se vanter d'avoir vu juste : il a su percer à jour les plus horribles cauchemars d'un adolescent des années 80 soit un film où pendant la moitié du temps, Christophe Lambert et Richard Anconina, recyclés en artistes de variété-pop, chantent, en anglais, dans des micros, avec des instruments de musique. Aaaaaah ! Pendant que l'un se tape Catherine Deneuve (devinez-qui ?), l'autre tente de faire carrière et... je ne veux rien avoir à faire avec ce truc, vraiment. Un putain de film de bourgeois à base de vestes en velours Marlboro classics trops larges, d'apparts à 100 plaques et de « Corinne ! Attends-moi, s'il te plaît ! » Quant à savoir si c'est lui qui a donné sa charte graphique au collectif Valerie et son nom à la célèbre enseigne de produits culturels, je ne veux pas le savoir non plus.

PARKING (1985, Jacques Demy)
L'anecdote autour du rôle principal du film se suffit à elle-même : « Parking était un vieux projet de Jacques Demy, qui envisageait de le tourner avec David Bowie. Ce dernier n'étant pas disponible, Demy avait vainement sollicité Johnny Hallyday pour tenir le rôle principal. Après avoir pensé abandonner le projet, Demy l'a finalement repris, encouragé par un producteur, lequel a également suggéré d'engager Francis Huster pour tenir le rôle d'Orphée. Francis Huster a néanmoins tenu à interpréter lui-même les chansons, et le producteur a inclus cette clause dans le contrat de l'acteur sans en référer à Jacques Demy. Ce dernier jugeait que le résultat était "une catastrophe" ; déprimé par cette expérience, le réalisateur aurait pensé à l'époque arrêter le cinéma. » Parfait résumé de ce drame musical basé sur le mythe d'Orphée où Huster, tel un Phantom du Purgatoire, chante et se plaint à qui veut l'entendre, et va jusqu'à pousser sa femme plasticienne (et le spectateur avec) au suicide. Je mets tout de même une étoile pour les effets spéciaux et la présence de Gérard Klein.

L'UNIQUE (1986, Jérôme Diamant-Berger)
Des années avant les hologrammes de Michael Jackson et de Louis de Funès, la Sogitec avait mis sa science au service du cinéma. Et quel cinéma ! Dans ce film, où Luc Besson n'avait étrangement aucune part, une chanteuse capricieuse, Julia Migenes (célèbre soprano new-yorkaise qui a accepté de jouer le jeu) devient la bête noire d'un producteur machiavélique, Vox (joué par Charles Denner). Grâce au savant Colewsky (Sami Frey), alors en train de peaufiner une technique de clonage en images tridimensionnelles d'êtres vivants, ils créent ensemble un clone de la chanteuse. Seulement c'était sans compter sur Michel (Tchéky Karyo), « un pirate électronique qui vit de rapines dans les maisons de disques » comme l'affirme la fiche du film, qui va tout faire pour déjouer les plans de Vox et de sa bande afin de rendre son identité à la chanteuse. Une catastrophe de bout en bout, non sans rappeler Le Passage avec Alain Delon. Seul point positif : la présence de Heaven 17 sur la bande-son.

INTERLUDE 7 : AUTOUR DE MINUIT (1986, Bertrand Tavernier)
Faux ami ! Ceci n'est pas un film français malgré la présence de François Cluset, mais américain, et en plus ça parle de vraie musique, le jazz, au secours !

INTERLUDE 8 : L'ETUDIANTE (1988, Claude Pinoteau)
Si les coques d'iPhone avaient existé en 1988, les lycéennes auraient toutes acheté celles frappées des 15 majuscules KEEP CALM & LINDON. Alors que Sophie Marceau lui assène « J'adore Tom Waits ! Phil Collins, Kate Jarret, Cold Trane » au restau, il reste parfaitement stoïque, malgré ses yeux exorbités. Vincent Lindon ajoutera plus tard « Avec celle-là c'est cérébral ! » Pourquoi ce film ? Parce que Lindon y est claviériste dans un groupe de powerfunk en zoot-suit baptisé Vol De Nuit qui nous gratifie de deux apparitions live aussi fulgurantes que slappées (je ne compte pas celle déguisée en costume d'animaux au bal de fin d'année). Au milieu de tout ça, des coups de téléphones, du chagrin, des cours en amphi, du café, des trains, beaucoup de téléphone, avec fil, Elie Chouraqui, Vladimir Cosma, mais malheureusement, pas de Lino Ventura. Rip.

DANS TES RÊVES (2005, Denis Thybaud)
J'imagine que c'est voulu, enfin j'espère, mais on dirait vraiment que ce film a été tourné en 1995 (cela dit les plans sont chouettes). ll aurait même pu être tourné avec 1995, le groupe, qui comme Disiz La Peste auraient tapé dans l'oeil d'une productrice (Béatrice Dalle, encore et toujours) après un concert survolté devant tous leurs potes et grâce au soutien mutuel de leur entourage haut en couleur, qui s'appelerait L'Entourage d'ailleurs, et qui, à force de travail et d'acharnement, malgré quelques coups de moins bien (whisky, toit d'immeuble, parler mal) reviendraient à la raison et donneraient tout pour ce spectacle pluridisciplinaire rendant ses lettres de noblesses à toutes les disciplines du hip-hop, le tout coordonné par Alex Descas (qui pourrait être Oxmo Puccino), tout en faisant bien en sorte d'éviter les pièges tendus par Vincent Elbaz en jogging (qui pourrait être Seth Gueko) et les rappeurs du côté sombre (Graaduris) qui finiront par être victimes de leurs excès. Une leçon de vie écrite par Kool Shen, Laurence Touitou et Oxmo, tiens.

FATAL (2010, Michael Youn)
Aïe. Tellement déprimant. Fabrice Eboué imitant Dieudonné ? Déprimant. Isabelle Funaro à poil ? Déprimante. Les blagues de Jérôme Le Banner ? Déprimantes. L'humour de 2010 a vieilli plus vite que celui de 1984. Je mettrai la même note (mais inversée) à ce film que cette review anglophone de « dubskanker » sur le site imdb : « Knowing Mickael Youn style, FATAL is state of the art. In fact Fatal bazooka series where already funny, this movie is the missing cherry on the cake. Youn has a way to exaggerate everything in the best, most entertaining way and manages to make you laugh so much, its like seeing Britney spears trying jackass stunts and thus the fun is unstoppable. Being french, I know foreigners who didn't understand french but still laughed their ass off with the series. This film should be translated to all language so that more people can enjoy it. I recommend this movie 100. » Comment réfléchir à une conclusion après ça ?


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