De la « Famille » Manson à « Lucifer Rising » : le chemin de croix de Bobby Beausoleil

Condamné à la prison à perpétuité, l'ex-comparse de Charles Manson et du réalisateur Kenneth Anger nous a accordé un long entretien où il revient sur son parcours et sa vie derrière les barreaux.

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avr. 15 2015, 11:45am


Bobby Beausoleil en 1969.

Bobby Beausoleil a toujours nié avoir fait partie de « La Famille » de Charles Manson. Mais son nom y reste associé, notamment pour le meurtre de Garry Hinman pour lequel il sera condamné à mort en 1969. Après trois ans dans le couloir de la mort, le verdict sera révisé et il purge aujourd'hui une peine de prison à perpétuité dans un pénitencier de l'Oregon.

J’ai pu parler avec Bobby à deux reprises, par téléphone. Dans cette interview, on ne vous parlera pas de Manson et de ses différents meurtres. On a décidé de se concentrer sur la vie d’artiste qu’il menait avant la mort de Garry Hinman et celle qu’il mène tant bien que mal aujourd'hui, depuis sa cellule. Avant qu’on ne lui colle cette étiquette de criminel, Beausoleil était un membre actif de la scène musicale de L.A. Dans les années 60, il officiait en tant que guitariste pour des gens tels que Arthur Lee de Love. Beausoleil a aussi travaillé pour l'album de Manson, Lie: The Love and Terror Cult.

La pièce-maîtresse de sa discographie reste sans conteste la B.O. de Lucifer Rising de Kenneth Anger dans lequel Jimmy Page, Marianne Faithfull et Chris, le frère de Mick Jagger, ont également été impliqués. Après son incarcération, Bobby a continué à enregistrer et a sorti une demi-douziane de disques. Pour pouvoir jouer en prison, il a créé différents instruments, parmi lesquels la syntar, une guitare doublée d’un synthé.

Beausoleil est un criminel mais c’est aussi et surtout un artiste extrêmement prolifique. En plus de la musique, il peint des tableaux qu'il vend via son site internet. Il s’est aussi lancé dans un projet d’animation en réalisant le premier volet de Professor Proponderus, un cartoon censé aider les enfants dont les proches sont incarcérés.

Pendant cet entretien, Beausoleil nous en a dit un peu plus sur sa carrière derrière les barreaux, ses instruments faits maison et ses projets dans le dessin animé.



Noisey : Depuis que tu es derrière les barreaux, tu as sorti six albums. Même après ton incarcération tu as toujours voulu continuer la musique ?
Bobby Beausoleil : Je suis né dans la musique, donc pour moi c’était évident. La prison n’a été qu’un détail, car la musique m'a toujours animé. Pendant deux ans, j’ai été dans le couloir de la mort trois, si on compte l’année de mon procès. On n’avait droit à rien là-bas, donc pendant tout ce temps je n’ai pas fait de musique.

Ensuite, j’ai été transféré à Saint Quentin où j’ai pu obtenir une petite guitare bon marché ce qui m'a motivé à reprendre sérieusement. J’ai recommencé à jouer en prison, après mon transfert au centre pénitentiaire de Tracey en Californie, où j’ai essayé de mettre en place une activité musicale.

À la prison de Tracey, il n’y avait pas eu d'activités musicales depuis les années 50. Ils avaient une classe de musique, qui s'est transformée en orchestre quelques années plus tard. Du coup, on a pu récupérer les instruments de cette époque. On avait des clarinettes, un saxophone, quelques trompettes et tout ce qui n’était plus utilisable a été revendu pour acheter du matériel neuf. On a aussi bénéficié de quelques aides pour pouvoir acheter le matériel dont on avait besoin pour se produire sur scène (micro, sono, pédales d'effet), ainsi que quelques percussions. Là, j’ai commencé à vraiment reprendre la musique et j’ai formé le groupe Freedom Orchestra.



Comment as-tu recruté les membres du groupe ?
Il n’y avait pas tant de monde que ça dans la prison, il était donc facile de repérer ceux qui s’intéressaient à la musique. À
Tracey, il n'y avait pas d'activités musicales, mai sil y avait une bande de types qu'on avait autorisés à jouer dans la caféteria quand elle n'était pas ouverte. C'était juste des mecs avec des guitares acoustiques accompagnés par un gars qui tambourinait sur une casserolle ou un truc du genre. C’est tout ce qui existait quand j’ai mis les pieds là-bas pour la première fois.

Parles-nous un peu de la vie en prison. Ils vous laissaient jouer quand vous vouliez ?
Au début, c’est ce qui était prévu. J’ai bataillé pour lancer ce programme. En prison quand tu veux mettre ce genre de chose en place, il faut parlementer avec l’administration, mais aussi tes co-dé
tenus. Je déteste ce terme, d'ailleurs, « détenu ». Il n’y avait aucun souci avec les mecs qui voulaient jouer, le plus dur c’était de négocier pour obtenir des fonds et un endroit dans lequel nous pouvions jouer. Je ne voulais pas continuer à jouer dans la caféteria, je voulais une salle digne de ce nom. On a eu de la chance, le local d'un ancien coiffeur de la prison était libre. Et c'était l'endroit parfait parce que nous devions toujours être sous surveillance, et dans cette pièce, il y avait une fenêtre d'où les surveillants pouvaient nous voir.

Une fois qu’on a eu les instruments et la salle, on a commencé à jouer. On a établi un programme et on a monté différents groupes pour que chaque communauté puisse s’y retrouver— ça nous évitait aussi pas mal de problèmes. On s’est retrouvé avec un groupe de soul, un groupe de rock, un groupe de country et un groupe mexicain.

Tu jouais dans tous les groupes ?
Non, seulement quelques-uns. Freedom Orchestra, c’était mon groupe de rock. Je n’étais pas très bon en country donc je ne m’y suis pas trop tenté. En revanche, je jouais souvent avec le groupe soul car j'adore le blues et le R&B.

C’est intéressant de savoir que tu jouais dans le groupe soul. J’ai lu dans une transcription de ton audience qu’on t’avait demandé si tu étais raciste. Pourquoi ils t’ont demandé ça ?
[Rires] Bonne question. Je ne suis pas raciste du tout. Depuis que je suis dans la musique, j’ai toujours joué différents styles, y compris de la musique ethnique. Je ne sais pas d'où ils ont sorti ça.

En fait, je pense savoir mais ça n’est vraiment pas fondé. Quand j’ai commencé à faire des concerts professionnels, j’avais 17 ans et je jouais avec Arthur Lee et Johnny Echols dans un groupe qui s’appelait Grass Roots - qui deviendra plus tard le groupe Love. C’était un groupe métissé. Il aurait été totalement absurde que je m'investisse dans le R&B en étant raciste. Il y a une sorte d'incompatibilité entre les deux.

Il s’est passé des choses à Saint Quentin dans lesquelles je reconnais ma part de responsabilité. Je défendais un ami lors d’un conflit et l’histoire a créé la controverse. On nous a présenté comme un groupe de blancs racistes et suite à cette histoire, les gens ont pensé que je l'étais.

En plus de ça, mon nom était associé à celui de Manson, qu’on décrivait comme un genre de nouveau Hitler, oeuvrant pour une guerre des races, ce qui est totalement faux. Les gens ont eu tendance à mal interpréter les choses — même si Manson est le principal fautif. Suite à tout ça, une association s’est dressée contre moi pensant que j’étais raciste. En tout cas, dans ma musique, rien ne laisse penser ça.

Tu peux nous parler de ta collaboration avec Kenneth Anger ?
Je l’ai rencontré en 1967 alors qu’il travaillait sur Lucifer Rising. Il était vraiment passionné et motivé à l’idée de faire un film aux antipodes de son film précédent, Scorpio Rising. C’est vraiment un mec très ambitieux. Pour un film underground, le projet était vraiment épique. Il voulait que je joue Lucifer et je lui ai dit que je le ferais, à condition qu’il me laisse m’occuper de la B.O. On a commencé à travailler ensemble en 67 et ça a duré un petit bout de temps. J’ai quitté mon groupe de l’époque, Orchestra, et j’en ai formé un nouveau, que j’ai appelé Magick Powerhouse Of Oz, avec qui j’ai commencé à travailler sur la bande originale. On était assez libres dans la composition.

Avec le temps, Kenneth et moi, on a eu quelques différends. Je ne saurais pas vraiment te dire pourquoi. Le projet du film touchait à sa fin et nous n’arrivions plus à nous supporter, comme s’il y a avait eu une rupture psychologique entre lui et moi. Quelques années plus tard, alors que j’étais en prison, il a tout repris à zéro. Il avait réussi à lever des fonds et travaillait désormais sur la B.O. avec Jimmy Page. Je pense que ce que proposait Page était trop mou pour Kenneth. Il était loin des mélodies énergiques que j’avais proposées, mais, perso, je trouvais ça plutôt pas mal. Je voulais proposer une vraie thématique, avec des mélodies puissantes. Je pense que c’est aussi ce que voulait Kenneth, et en 1975, on en a reparlé et j’ai recommencé à travailler sur la musique du film en 1976.

Comment as-tu fait pour avoir une telle qualité de son en étant totalement DIY ?
Tout ça est le résultat des diverses expériences, études et recherches que j’ai faites. Je suis vraiment passionné
par cet univers. Je une bonne qualité de son, mais j’avais un budget très limité. Kenneth m’avait filé l’équivalent de 3000 dollars. J’ai presque tout dépensé pour m'acheter un micro et deux enregistreurs. Même en négociant les prix, ça m’a coûté très cher et du coup je me suis retrouvé sans rien et surtout sans instruments. Ken m’a apporté quelques trucs mais le reste c’était de la débrouille. La plupart des instruments utilisés sur la B.O., je les ai construits moi-mêmes.

Tu considères que Lucifer Rising est ta pièce-maîtresse ?
C’est ce que beaucoup de personne croient. C’était un projet très ambitieux, surtout vu les circonstances dans lesquels j’ai travaillé. C’était une bande son vraiment personnelle, très aboutie et marquante. C’était presque mon autobiographie. Je voulais raconter ma vie, une vie dans laquelle j’ai fait une énorme, énorme chute, un peu comme Lucifer. J'ai raconté mon histoire à travers celle de Lucifer, en exprimant ma vision de la défaite et de l’espoir. J'ai essayé, avec ce disque, de retrouver mon intégrité et regagner l’amour de mes proches.

Tu penses avoir réussi ?
Je pense avoir réussi, oui. J’ai retrouvé mon intégrité. Cette B.O. symbolisait ma renaissance en quelque sorte. Même si j’ai raconté mon histoire à travers la musique et pas à travers des paroles— ce qui aurait pu être très drôle.


Tu t’inspires de quoi quand tu travailles sur un projet comme ton album Dancing Hearts Of Fire?
Dancing Hearts Of Fire est un disque unique. Je l’ai écrit à une époque où je pensais beaucoup à ma femme qui venait juste de décéder. Elle avait une troupe de danse orientale pour qui j'avais composé quelques morceaux. Mais elle est décédée et je me suis retrouvé avec tous ces morceaux. Je voulais utiliser ces sons et j’avais aussi besoin de dire ce que je ressentais pendant cette période difficile. Je n’arrivais pas à trouver les mots pour exprimer ce que je ressentais et Dancing Hearts Of Fire a été ce moyen d’expression. J’ai utilisé les rythmes que j’avais composés pour ma femme et j’ai réalisé un album d’environ 30 minutes. Je ne sais pas si on peut dire que c’est la suite de Lucifer Rising, mais en tout cas ce projet reflète l’état d’esprit dans lequel j’étais à l’époque.

Je suis en train de terminer le dernier morceau d’un double album intitulé Voodoo Shivaya qui devrait sortir en fin d’année et qui sera une extension de Lucifer Rising. J’ai fait un tas d’autres morceaux dont un grand nombre ont une orientation mystique et témoignent de mon évolution musicale durant ces dernières années. On peut voir mon évolution spirituelle dans certains de mes morceaux - qui sont de vraies prouesses techniques en termes d’électronique.

Comment as-tu fait pour te procurer ce genre d’instrument ? Tu as le droit d’en faire venir de l’extérieur ?
Pour être honnête, en ce moment j’ai du super matériel acheté en magasin, mais à l’époque, la plupart des instruments que j’avais, je les avais construits moi-même, après plusieurs expériences plus ou moins concluantes.

Quand tu dis que tu construisais tes instruments, tu parles seulement des instruments acoustiques ou aussi des instruments électroniques ?
Je faisais les deux. Les circuits électroniques des synthétiseurs ou des pédales m’intéressaient énormément, donc j’ai mis le nez dedans et j’ai fait quelques expériences. J’avais un instrument qui s’appelait l’EBow. Je l’avais utilisé pour le soundtrack de Lucifer Rising et je voulais le monter
sur une guitare — ce que j’ai fait plus tard. Il y a une photo de moi sur laquelle j’ai une guitare à deux cordes sur laquelle j’avais monté l’EBow. J’ai construit cet instrument car j’adorais le bruit que faisait la guitare quand je l’utilisais avec un EBow.

J’ai démonté, remonté, modifié tous mes instruments. Il y en a même auxquels j’ai ajouté de nouvelles pièces. J’ai aussi trafiqué quelques synthés que javais mis de côté. J’adorais faire des expériences, à tel point que j’ai fini par créer mon propre instrument : la syntar.

La syntar, c’est un instrument qui associe la forme et la jouabilité d’une guitare aux capacités d’un modificateur sonore. Le but c’était de pouvoir contrôler tous les sons facilement. Pour la B.O., je voulais aussi des touches d'électronique, donc j'ai fait plusieurs recherches. Ça me passionnait vraiment.

Ce qui me surprend c’est de voir à quel point tu t’es investi dans ce projet.
C’est vrai que j’y ai consacré beaucoup de temps. Je cherchais à jouer du synthé avec ma guitare plutôt que de reproduire des bruits de guitare avec mon synthé; ça ne sonne jamais pareil, ce n'est jamais parfait.

J’ai simplement approché la chose différemment. Le problème c’est qu’un certain Harvey Starr essayait de faire la même chose que moi. Le design de son instrument était différent mais, dans l'idée, c’était même chose. Son but c’était de pouvoir utiliser une guitare comme synthétiseur et il a créé le Zeytar. Il a même monté son entreprise, Starrlabs, pour commercialiser son produit, ce que je n’ai pas pu faire, bien sûr.

Tu n’as jamais voulu commercialiser ton invention, ou en déposer le brevet ?
Ça m’a traversé l’esprit c’est vrai, car j’étais un peu frustré. Mais je ne peux m’en prendre qu’à moi. Si je n’avais pas été derrière les barreaux je l’aurai sûrement fait. Harvey ne m’a rien volé, on a simplement eu la même idée, et de nous deux, c’était le seul à pouvoir le vendre. Il a pu en faire bénéficier les gens, donc tant mieux. Je n’ai aucun regret par rapport à
ça. C’est comme ça, ça m’a appris certaines choses, j’en suis ressorti plus riche. Je ne suis pas crédité pour cette invention, mais bon, les crédits c'est souvent un truc exagéré.

Mais c’est toujours bon à prendre.
C’est vrai, mais aujourd'hui j’ai tourné la page. Aujourd'hui, je prends juste plaisir à utiliser ces instruments que j'ai pris des années à construire.

Tu penses quoi du travail sur ordinateur ?
Je n’
y ai pas accès, je ne l’utilise pas, donc je ne saurais pas te dire.

Tu enregistres sur quoi du coup ? Sur bande ?
J’ai un petit magnéto 8 pistes, un truc qui tient dans la main. Ça enregistre en 24 bits, c’est pas mal. Cet enregistreur est plus performant que les trucs que j’ai utilisés pour Lucifer Rising dans les années 70. J’ai aussi un petit synthé mini Nova qui est incroyable. J’ai de bons instruments qui me permettent de travailler comme je l’entends. Je ne suis pas mauvais en programmation et grâce aux diverses expériences que j’ai pu faire, je suis en mesure d'obtenir tous les sons que je veux, tout ce qui me sort de la tête.

Ça ne te manque pas de jouer en live ?
Il m’arrive de me produire en live de temps en temps. D'ailleurs Ghost Highway a été enregistré pendant une session live. Quand j’ai la possibilité de me produire sur scène devant un public, aussi restreint soit-il, je prends énormément de plaisir. Rien ne peut remplacer le live. Pour moi la musique se joue. Ce n’est pas quelque chose qu’on programme.

Tu as remplacé Jimmy Page pour Lucifer Rising et dans Love, tu jouais avec des mecs qui avaient joué avec Jimi Hendrix…
Je n’ai jamais eu la chance de jouer avec Jimi, mais j’ai joué avec Johnny Echols. C
e n’était pas Jimi Hendrix, mais c’était un mec cool et un très bon guitariste.

Ok, mais tu n’as pas l’impression d’être passé à côté d'une vraie carrière de musicien? Les mecs de ton époque sont devenus des légendes.
C’est tout à leur honneur. Je ne peux pas faire le bilan de ma vie et me plaindre en disant « Oh, si seulement je n’avais pas été
aussi stupide. Si je n’avais pas tué ce mec, j’aurais évité la prison et construit une belle carrière. » Ce serait grotesque et je passerais le reste de mes jours à m’apitoyer sur mon sort. J’ai fait une sorte d’interview croisée avec Jimmy Page pour le magasine Classic Rock, il y a quelques années. Il a parlé de la B.O. de Lucifer Rising avec beaucoup d’amertume. Ça m’a surpris, car je pensais qu’un jour on pourrait sortir un album réunissant nos deux versions. Ça aurait été un concept intéressant, qui aurait permis aux gens d’avoir sa vision et la mienne— sans pour autant mettre les deux en compétition. Page est une superstar, un dieu du rock et il m’envie, moi, un criminel derrière les barreaux...

C’est dingue la tournure qu'ont pris les choses.
[Rires] En effet. Je ne serai sûrement jamais aussi connu que lui, mais je m’en moque. Je ne veux pas avoir de regrets. C’est la vie. Heureusement, ma musique continuera d’exister grâce aux gens qui l’écoutent. J'ai de bons retours de la part des gens qui m’écoutent, que demander de plus ? Ici, je n’ai aucun moyen de distribuer ce que je fais. Seuls les passionnés de musique me trouveront en cherchant un peu. Ça me suffit. Regarde, tu as réussi à me trouver donc pourquoi pas les autres ?


Je voulais aussi te parler du dessin animé Professor Proponderus. A quel niveau étais-tu impliqué dans ce projet?
J’ai tout fait.

Tu as tout fait ? Le design …
J’ai créé l’environnement, les personnages, j’ai fait les voix, les animations et la musique.

Comment tu as fait ? J’ai déjà du mal à créer mon propre site…
[Rires] J’avais déjà fait un peu de vidéographie et avec le temps j’ai beaucoup appris. J’ai commencé dans un programme en 1976 à Tracey. À l’époque, je travaillais sur Lucifer Rising et les fédéraux avaient ramené du matériel vidéo dans le cadre d’un programme d’éducation pour la réhabilitation des détenus, donc je m’y suis mis.

J’adore tout ce qui touche au visuel et avec le temps je suis devenu plutôt bon dans ce domaine. Je faisais pas mal de vidéos pour une entreprise qui s’était associée au centre pénitentiaire dans le cadre de ce programme. J’ai eu l’autorisation de travailler sur cette série d’animation entre chaque cours auquel je devais assister. Je voulais que ce dessin animé soit un moyen soft pour faire passer certaines idées. Le but de ce dessin animé c'est d’aider les gamins qui s’interrogent sur leurs proches incarcérés

Comment les gens ont réagi à ce projet ?
Il n’a pas eu la promotion qu’il méritait et qu’on avait envisagée. En ce moment, je travaille sur le deuxième épisode et il devrait y en avoir plus à venir. Pour le moment, le premier épisode est dispnible sur YouTube et sur le site du département correctionnel de lOregon.

Comment tu t’organises pour avoir le temps de faire de la musique, du design, de l'animation?
Ces six dernières années ans, je travaillais pour le Tribunal Correctionnel. C’était un job assez rigoureux qui occupait une bonne partie de mes journée. Aujourd’hui, j’ai quitté ce job et on peut dire que je suis en vacances, en attendant d’être muté dans un autre secteur. Là, j'ai pas mal de trucs qui arrivent. J'ai une exposition en Tasmanie, le 5 mai prochain. On peut dire que j’essaye de rattraper toutes ces années perdues derrière les barreaux en étant productif.

Comment tu fais pour organiser des événements comme cette expo en Tasmanie ?
Je n’ai rien organisé, c’est le centre culturel et artistique de Tasmanie qui m’a écrit et m’a demandé si j
e souhaitais exposer mon travail. J'ai répondu oui et j’ai compilé plusieurs de mes oeuvres. C’est un honneur d’être convié à ce type d’événement, ça veut dire que j’ai quelques fans là-bas.

C’est difficile de ne pas pouvoir y participer physiquement ?
Évidemment. Tu sais, pas un jour ne passe sans que je ne pense aux murs qui m’entourent. J’aimerai pouvoir être dans un endroit normal, pouvoir communiquer avec les gens normalement.


Adam Kovac est sur Twitter.