Photo - Corentin Fohlen

Forever Pavot, coule aze feuque

On a rencontré Emile Sornin, l'homme derrière Forever Pavot, pour parler de son nouvel album « La Pantoufle » et se poser une question cruciale : le salut de la musique en France est-il dans la déconne ?

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06 novembre 2017, 12:06pm

Photo - Corentin Fohlen

Dans le documentaire Le Bon Coin Forever sorti l'année dernière, on suivait Emile Sornin, la tête pensante derrière le projet psych-prog-&-patchouli (pour aller vite) Forever Pavot, faire le tour de France et squatter chez l'habitant pour enregistrer et tester toutes sortes d'instruments dénichés sur le fameux site de vente.

Il y a dans ce documentaire une scène assez réjouissante, dans laquelle Emile Sornin se retrouve et teste pour de vrai un clavecin, chose qu'il rêve de faire depuis des années. Au début son toucher est un peu brutal, puis il commence à apprivoiser l'instrument, comme le lui fait remarquer son hôte bienveillant. Il y a quelque chose de l'ordre du fétichisme à l'envers dans ce passage, qui va à rebours justement de l'aspect brocanteur que peut assez vite revêtir le revival psyché ces dernières années. Comme si la découverte de vieux instruments non maitrisés ne relevait pas de l'ordre de la geekerie obsessionnelle, mais d'un émerveillement un peu enfantin (et, fatalement, un peu bourrin) à découvrir des objets qu'on a rêvés sans vraiment les toucher du doigt.

C'est ce qui caractérise la musique de Forever Pavot, et plus particulièrement son deuxième album La Pantoufle, qui sort chez les fidèles Born Bad Records à la fin de la semaine (mais que vous pouvez écouter en intégralité juste en-dessous). Un disque traversé par une forme de naïveté joyeuse, où l'on a l'impression que Sornin découvre sa propre musique au moment où il la joue. Les influences des B.O des années 60 et 70 sont toujours omniprésentes, mais cette fois, la musique se trouve pourvue d'une liberté qui était peut-être absente du disque précédent, et qui permet justement à ce nouvel album d'être tout sauf pantouflard.

On a rencontré Emile Sornin dans un bar du 10e arrondissement pour parler un peu de tout ça, non loin de son studio d'enregistrement, la veille du tournage de son nouveau clip.


Noisey : Il y a un peu plus de deux ans, j'avais lu une interview où tu disais que tu avais quasiment fini le nouvel album. Du coup je me demande : tu es plutôt du genre lent, méticuleux ou dispersé ?
Emile Sornin : Je suis un peu un branleur en réalité [Rires], je suis dispersé mais difficile à la fois. Je peux être perfectionniste par endroits quand je compose, mais par exemple les chansons que je préfère, c'est celles qui arrivent d'un coup. « Le Beefteak », sur le nouvel album, ça m'a pris deux jours. Mais à l'opposé, pour « The Most Expensive Chocolate Eggs », j'ai fait 30 000 versions et ça m'a fait immensément chier. J'aime les morceaux un peu courts, efficaces, pop, pas nécessairement compliqués.

Il y a un côté Jean Jacques Perrey qui ressort pas mal dans ce morceau.
Oui, le côté musique concrète, bruitages, à fond. Ce dont tu parles c'est un arrangement que j'ai trouvé à la toute fin, je savais qu'il y avait un potentiel pour aller là-dedans. Au début, c'était un morceau pop assez commun, avec le clavecin que tu entends au début. Au début je voulais faire un concept téléphone rose, et c'est parti dans tout autre chose.

Ça tu le fais dans un autre morceau, un peu érotique, où on pense forcément à Gainsbourg.
Oui, un peu.

Il y a toujours eu cet attrait pour les B.O. Un joue, tu parlais des 400 Coups, et c'est quelque chose que je retrouve pas mal dans ta musique, aujourd'hui encore plus qu'avant.
Ah oui, bien sûr. Je l'ai vu quand j'étais ado ce film, il est absolument fétiche pour moi. LA B.O de Jean Constantin est magnifique. J'ai un autre disque de lui, que Julien Gasc m'avait fait découvrir, qui s'appelle Le Poulpe. Arrangé par Jean Claude Vannier, sur lequel il y a ce morceau dingue, « Pas Tant d'Chichi Ponpon», une sorte de reprise brésilienne un peu folle.

Tu as toujours écouté ces choses-là ? D'une manière générale, je trouve que ce disque sonne beaucoup plus français que le précédent.
Non, pas du tout. Comme tous les ados nés dans les années 80, j'ai découvert Nirvana et ça a été un énorme choc. Avec mon grand-frère, qui a quatre ans de plus que moi, on avait un cousin à nous qui faisait de la basse dans un groupe de grunge qui s'appelait Larsen, un groupe de Lyon. On était fascinés par lui, il avait des baggys, les cheveux longs et faisait du skate, tu vois le genre. Après j'ai fait pleins de styles différents, je suis passé par le reggae, le hip-hop, le jazz. Mais c'est vraiment le punk, le hardcore et le metal qui m'ont donné envie de faire de la musique - et pas forcément des trucs de très bon goût, je suis tombé à fond dans le neo metal à la fin des années 90, Korn, Deftones. Mon éducation musicale, elle vient surtout de là.

Ça va, Deftones ce ne sont franchement pas les pires...
Ouais mais là je te parle de trucs dont j'ai le moins honte ! Un peu plus tard je suis passé au post hardcore, j'ai eu une période hip-hop, et le New York hardcore me plaisait vachement, Madball et compagnie. Ma deuxième école c'est le hip-hop qui m'a permis de m'intéresser au jazz, au psyché aux trucs progressifs.

Notamment avec les samples, surtout à New York.
Oui voilà. Mais pas seulement, l'écurie Stones Throw, Madvillain, Madlib, etc. J Dilla, c'est plutôt Los Angeles. Je me considère plus New York, mais Mm.. Food de MF Doom, c'est un des albums qui a changé ma conception du sample. C'est des trucs qui m'ont demandé de chercher, à collectionner les disques.

On voit le basculement dans une musique plus orchestrale de ton côté, même si le hip-hop et le hardcore ne sont pas forcément les trucs les plus évidents quand on écoute ta musique.
Oui, mais les deux comptent autant en fait. Le post hardcore, le metal, il y a quelque chose de pas loin du progressif aussi. Des groupes comme Meshuggah que j'ai vachement écoutés, ou Converge, même Dillinger Escape Plan, ils sont dans la complexité.

Les structures à tiroirs...
Oui, voilà. Tout ça m'a amené à ce que je fais aujourd'hui. Il y a une connotation presque hip-hop dans le côté musique de film. Mais le math rock, que j'ai beaucoup écouté, ça compte encore aujourd'hui. Un truc comme « Cancre », sur le nouveau disque, pour moi c'est vraiment un truc math rock dans ma tête. C'est vraiment ces deux écoles là qui 'mont tout appris. Même au niveau de la production. Quand t'entends un sample, il y a un grain, tu te dis « Comment je peux reproduire ça ? » . Et vu que je fais énormément de choses tout seul, t'es obligé d'apprendre par toi-même au niveau de la production aussi.

Aujourd'hui la production c'est aujourd'hui déjà de la composition. À partir du moment où tu fais de la musique tout seul, tu es obligé d'être producteur.
C'est marrant ce que tu dis, parce que moi je suis incapable de composer sans produire en même temps. Je bidouille en le faisant.

C'est un peu un truc générationnel, non ? Depuis Internet, on est presque forcé de tout faire tout seul.
Oui, complètement. Et on est une génération où on veut tout tout de suite, je sais que j'ai dû mettre certains morceaux à la poubelle parce que j'arrivais pas à trouver une production digne de ce nom. Alors qu'il y aurait peut-être eu matière à en tirer quelque chose. Mais c'est vrai, tout le monde enregistre chez soi. Et inversement, les gens s'intéressent de plus en plus à enregistrer sur bande, sur cassette.

Il y a quelque chose avec cette musique-là, justement, hyper référencée, de niche. Il y a quelque chose de très fétichiste dedans.
Ouais, complètement.

Photo - Lou Beauchard

Justement, tu es arrivé sur Born Bad au même moment que Dorian Pimpernel ou Julien Gasc, au moment où tout cette vague psyché pop arrivait. Le truc, c'est qu'avec cette musique, au-delà du fétichisme, on peut très vite arriver à quelque chose de poussiéreux, un peu brocanteur. Et justement, sur ce nouvel album, il n'y a pas du tout ça. Il y a quelque chose de beaucoup plus libre et spontané. Tu y penses un peu, tu essaies de sortir de ces carcans-là ?
Non, je n'y pense pas, mais je vois ce que tu veux dire. Après tu parles de psyché, mais pour moi le synthé c'est carrément prog' par exemple [Rires]. Mais pour le côté orchestré, un peu savant, je n'essaie pas de m'en sortir, c'est juste des sonorités qui me plaisent, et je n'y réfléchis pas trop. Après c'est sûr qu'entre le premier album et le deuxième, je pense qu'il y a une différence, ne serait-ce que le chant, où je crois que la production est moins typée.

Le disque respire beaucoup plus, en fait.
Ce que je dis un peu à tout le monde, c'est que j'ai l'impression d'avoir fait mon premier vrai album. Le premier, finalement, ça a été plus long, avec le côté library italienne, mais là j'ai vraiment l'impression d'avoir trouvé ma patte.

On est plus proche de De Roubaix que de Ennio Morricone cette fois.
C'est marrant parce que De Roubaix s'est vachement inspiré de tous ces Italiens, à l'époque tous ces mecs là se pompaient entre eux à fond. Que ce soit Sarde, De Roubaix, Vannier. Il y a en un seul qui est arrivé avant, c'est Morricone, il est arrivé et tout le monde l'a pompé. J'avais peur que l'on me le reproche sur le premier album, et puis pas tant que ça. Les gens le disaient de manière pas péjorative. Mais ouais, sur celui, là, c'est beaucoup plus : « Allez ouais la France ! » [Rires].

Il y a quelques années, c'était des vrais ovnis, ces trucs-là. Aujourd'hui la musique française est beaucoup plus acceptée, on a beaucoup mois honte de revisiter ce patrimoine là. Même si les musiques de film ont toujours eu un côté plus noble que, disons, la variété.
Oui mais la musique baroque, de chambre, on n'en entend plus trop parler, Je pense à Jacco Gardner qui a sorti des trucs cool au début, mais ensuite je sais pas trop. Je serais curieux de voir ce que ça donne ensuite, je trouve qu'il a sorti son deuxième album un peu vite.

Ça s'essouffle vite, cette musique en fait.
Ouais, c'est pour ça que j'essaie des nouvelles choses. Sur ce nouveau disque, JB [Jean Baptiste Guillot, boss de Born Bad Records] me poussait dans ce sens là aussi, dans le fait d'assumer des choses que je n'assumais pas forcément avant. J'ai voulu trouver un fil rouge avec cette idée de pantoufle, d'amener ce que j'avais en moi plus profondément, un côté absurde et second degré, sans que ce soit juste un truc onirique, parce que ça me saoule un peu. Ça va avec ma personnalité, j'aime bien me marrer.

Photo - Corentin Fohlen

C'est encore un truc très français, cette tradition de la farce.
J'ai pas de mal à me réclamer du cinéma burlesque français, de Tati, de ce genre de choses. Je pense que tu as connu les Deschiens. Pour moi c'est une énorme influence aussi. Eux ont été hyper influencés par Tati, ou même les Monty Python. C'est un humour que je revendique vachement, qui n'est pas forcément frontal dans ma musique, mais qui me caractérise un peu je pense. Dans ce truc où on est, ce secteur de niche, il y a vachement ce côté où on pense que le reste c'est de la merde. Ça m'ennuie tellement cet état d'esprit. Il faut en sortir, il faut se libérer.

C'est étrange, mais j'ai l'impression d'en être arrivé à un point où j'aime tout, je ne déteste plus rien. Avant j'étais comme ça, une sorte de hater, pendant assez longtemps. Mais il y a quelque chose par rapport à Born Bad qui est libérateur. JB n'a pas honte de dire qu'il adore Juliette Armanet, et je trouve ça super. C'est génial que JB sorte Julien Gasc et Cobra dans la foulée. Ou faire arriver à faire aimer Dorian Pimpernel à des rockabs, ça c'est génial aussi. En tout cas j'essaie d'amener ça dans ma musique aussi, d'ajouter de la légèreté, de la blague. Encore une fois, un truc un peu absurde, surréaliste.

Un truc de décomplexion, en fait. J'ai l'impression qu'Aquaserge a débloqué quelque chose à ce niveau-là en France.
Ah oui, Aquaserge, c'est quelque chose de très important pour moi. Je me souviens quand je les ai découverts il y a une dizaine d'années. Je les ai vus jouer pour la première fois à la Gare aux Gorilles à Paris, à l'époque je commençais Aroun Tazieff, un groupe que j'avais avant Forever Pavot. Ils faisaient un mélange de plein de choses, de jazz, de prog', de psyché, de musique brésilienne. J'ai vu la dextérité, la transe dans laquelle ils rentraient. Mais surtout j'ai vu cette sincérité. Aujourd'hui il y a plein de fils de pute qui font semblant d'être défoncés ou torturés et je peux pas blairer ça, tu vois tout de suite qu'ils sont bidons. Mais quand j'ai vu Aquaserge, je me suis dit, je veux faire cette musique-là, je veux rencontrer ces gens-là, je veux être pote avec eux.

J'ai enregistré mon EP d'Aroun Tazieff chez eux, j'ai habité chez eux. Ça parait hippie dit comme ça, mais c'est vraiment leur joie de vivre sur scène qui m'a donné envie de faire ça. J'ai trouvé ça hyper beau.

Je me souviens, il y a une nana sur la première tournée qui m'a dit qu'on était trop en train de sourire sur scène. Je l'ai très mal pris. C'est le minimum de se marrer quand t'es sur scène. Je n'ai jamais compris qu'on puisse me reprocher ça. Putain mais marrez-vous, bordel ! [Rires]

Ça me fait toujours penser au batteur de Deerhoof qui me disait ça, qu'on ne se marre plus aujourd'hui, particulièrement dans la pop music mainstream, où il y a un truc très sérieux, on est quasiment dans un rapport de domination par rapport au public. C'est marrant que tu me parles des 60's, avec Dutronc, Gainsbourg. À cette époque là, c'était tout autre chose, on sentait un jeu avec le public justement. C'était pas de la blague, mais presque.
Ouais, même si Gainsbourg a fait des trucs hyper premier degré. Y'avait un truc un peu gogol dans les 60's, surtout avec les yéyés, et c'est un truc pour lequel je me bats. Faire semblant d'être un artiste torturé, faut arrêter, on voit très bien que tout va bien dans ta vie. Gasc, avec ses grands yeux et sa tête, il est comme ça, il fait pas semblant ! [Rires]

C'est quand même vachement important, dans ce métier : quand tu fais les tournées, les SMAC de France, t'as un peu l'impression d'aller bosser, mais quand t'es sur scène c'est primordial de sortir de ça. Il faut trouver une part d'improvisation, parce que c'est difficile de trouver de l'amusement quand tu fais 70 fois le même morceau.

Pour en revenir à ce que disait le mec de Deerhoof, cet esprit plombant de sérieux, c'est partout aujourd'hui, dans le metal, dans la pop, la variété. Ça me désole un peu en vrai, ça coupe tout de suite une forme de liberté.

Oui, mais est-ce que les mecs du metal se sont déjà un jour marrés ?
Dans le grind, oui !

Oui, avec des jeux de mots pourris dans les noms de groupe, ce genre de choses...
Moi je viens de là, mon groupe d'avant c'était Aroun Tazieff. Forever Pavot, c'est un truc accidentel, c'est un nom que j'ai mal lu quelque part et ça m'a fait marrer de le garder. J'avais un groupe avant qui s'appelait Violence Conjugale, avant les fameux du même nom.

Ça t'a permis d'éviter quelques emmerdes.
Oui, j'imagine [Rires]. Mais c'est pour ça que j'adore Jessica93, même si ce n'est pas du tout la même musique. On sent qu'il se marre, mine de rien. Tous les groupes avec des connotations anglaises, franchement... J'insiste pour Forever Pavot, faut bien le dire avec un bon gros accent français, bien dégueulasse, Foreveure Paveau [Rires]. Vraiment, c'est important, j'y tiens. En tournée j'ai vu très peu de groupes qui me faisaient de l'effet, des groupes qui s'éclatent, du coup je vais aimer instinctivement, même si leur musique ne me plait pas forcément. Il y en a tellement dans ce milieu, particulièrement dans toute la vague psyché, qui se prennent bien trop au sérieux, c'est tellement l'enfer.

Photo - Corentin Fohlen

On sent que Born Bad c'est un bonne école en la matière ?
On se professionnalise tous de plus en plus, il y a des histoires d' argent, mais JB a assez de respect pour nous, pour tenir ça de manière saine. J'en parlais à quelqu'un il n'y a pas longtemps, je ne sais pas si je pourrais aller ailleurs s'il n'était pas là. Je sais que dans d'autres labels ça se passe super mal, tu te trouves très vite bloqué. Il faut sortir de tous ces présupposés. Il y a des trucs très bien ailleurs, en mainstream, en variét'.

En France pour le mainstream, c'est un peu plus compliqué.
Ouais, il y en a peu. Il y a eu Tellier, Phoenix. Katerine, il avait tout compris. Je rêve de travailler avec lui. J'adore ce mec. Pourtant j'ai mis du temps, c'est mon grand frère qui m'a poussé dedans. J'ai découvert un peu avec tout le monde à la moins bonne époque sûrement, celle de « Je Coupe le Son ». J'ai découvert ensuite ce qu'il avait fait avant, et tous les trucs avec Francis et ses Peintres. J'ai adoré. Et même son dernier album, il est magnifique, je me suis pris une telle gifle. Il n'y a rien à dire, c'est le meilleur.

Katerine justement, c'est l'exemple parfait. T'as pas l'impression qu'il faut te foutre des plumes dans le cul à la télé pour qu'on prête attention à ta musique ? J'ai l'impression que, même si tu as du succès, tu n'es jamais pris totalement au sérieux quand tu fais de la musique. Comme si la France avait un problème avec la musique populaire.
Oui, c'est une belle image [Rires]. Mais est-ce que c'est pas en train de changer ça justement ? Vu qu'aujourd'hui la télé tout le monde s'en branle, même les radios commencent à passer autre chose. Je pense à France Inter, qui apparemment vont commencer à passer des choses comme PNL. Enfin je suis optimiste, j'imagine que c'est pas prêt de changer radicalement, mais j'ai l'impression qu'on est plutôt sur une bonne voie là, même si c'est toujours galère, il y a de moins en moins de subventions... Après, j'ai quand même la chance de vivre de ma musique. En France, on est pas mal. On est un pays fantastique avec ce statut d'intermittent, ces moyens de tourner. L'Italie, l'Angleterre, tous ces pays, c'est l'enfer.

Apparemment l'Angleterre c'est particulièrement infernal pour jouer.
Ouais, l'Angleterre c'est plug and play. Dans les petits rades, c'est cool. Mais par exemple au Liverpool Psych Fest, t'arrives, t'as 10 minutes pour t'installer, l'ingé son peut pas toucher à la platine, le son est dégueulasse et fort comme pas possible. Après, t'as un public défoncé et rigolo, les Anglais ont bon goût donc t'as toujours des DJ d'enculés qui passent du son trop bien, donc t'y trouves ton compte aussi.

C'était quoi ton pire souvenir de concert ?
Récemment, on a joué dans le sud et j'avais l'impression de jouer à un mariage - les gens n'applaudissaient pas à la fin des morceaux, tu vois le genre. Il y a aussi ce moment où on s'est retrouvés avec des pizzas avec des morceaux de knakis dedans, les pires pizzas d'Italie, et où on a dû faire caca dans des sacs en plastique, toujours en Italie, parce qu'on dormait dans un endroit sans toilettes ni rien. On a également perdu tous nos passeports à la douane, une fois. Après il y a toujours les classiques des pneus qui lâchent, mais bon ça c'est un peu des trucs de darons...


La Pantoufle sort ce vendredi 10 novembre sur Born Bad.

Marc-Aurèle est sur Noisey.