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Voici l'Audiopill, la pilule qui fait entrer la rave dans votre ventre

Par Vincent Bittner

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« Avalez cette pilule et pendant les 10 heures qui suivront... BANG ! La sensation dans votre ventre... BANG ! Folie ! BANG ! Joie ! BANG ! Euphorie ! BANG ! Extase ! BANG BANG ! Douleur ! BANG ! BANG ! BANG ! BANG ! »

Voilà, en gros, ce que vous promet l'Audiopill, un soi-disant « dispositif d'art expérimental » développé par l'artiste tchèque Jan Poope—de son vrai nom Jan Strmiska. D'après le site web du produit, l'Audiopill se prend assez logiquement par voie orale et donne à chaque consommateur « la sensation d'être en plein milieu d'une rave avec un sound-system méga-puissant », tout ça sans avoir à sortir de votre salon ou même vous lever de votre fauteuil : la fête se passe dans votre corps. Une fois avalée, l'Audiopill met à peu près une heure à rejoindre la section supérieure de votre système gastro-intestinal, et produit ensuite des effets « très intenses » le long de votre bassin. Après ce segment potentiellement douloureux (le site met d'ailleurs en garde : « vous pourrez pendant un moment regretter votre choix »), un battement régulier, entre 95 et 145bpm, se mettra en place dans votre abdomen, créant une sensation « de tumulte, puis d'étonnement et d'euphorie. » En termes profanes, prendre cette pilulle lancera une rave de 10 heure dans tout votre corps. Et il n'existe aucun moyen d'en stopper les effets.

Sur la page Indiegogo du projet lancée par Poope, le dispositif est présenté comme une sorte de déclinaison du programme médical italien Sirio, destiné à guérir les lésions du système musculosquelétal en utilisant des ondes ultrasons à basse fréquence. Poope a  développé l'Audiopill pour exploiter un des effets secondaires de Sirio - « les sifflements dans la tête du patient » - afin de créer le même type de vibrations à l'intérieur même du corps. Via Indiegogo, il est actuellement possible de se procurer un prototype de l'Audiopill pour 120 euros. Le produit est disponible en deux couleurs - « espace vide » (unisexe) et « rose juteux » (pour les filles) - avec trois cadences prédéfinies : 95bpm pour des morceaux comme « No Pussy Blues », 130bpm pour les fans de Die Antwoord, et 143bpm pour ceux qui s'éclatent sur M.I.A.

Si de prime abord, tout ça a l'air extrêmement dangereux, Poope ne veut nullement rassurer les kamkiazes de la fête qui oseront tenter l'aventure en affirmant que durant le développement du dispositif, des docteurs lui ont conseillé de « ne jamais avaler un truc pareil ». 48 heures après avoir avalé la pillule, il suggère d'examiner ses selles pour être sûr que le cachet soit bien ressorti.

Nous ne savons pas si Jan Strmiska doit être pris au sérieux, s'il mérite un Prix Nobel ou un aller-simple pour l'asile. À vous de juger après avoir visionné la vidéo ci-dessous.
 

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